‹ De Paris a AgenChapitre 133 sur 154 · CADOUIN. — ÉGLISE ET CLOÎTRES · texte numérisé non relu

CADOUIN. — ÉGLISE ET CLOÎTRES

avec ornementation de pointes diamantées , surmontait une double arcature plus basse que la porte centrale , dont la partie droite a été obstruée par l'accolement postérieur du monastère de l'église. L'imposte d'une des fenêtres de droite est une tombe d'abbé ou de prieur qu'on reconnaît à la crosse. Au-dessus de ce premier arbre, une gracieuse corniche en damier porte une ligne de neuf arcatures égales, les deux seulement de chaque extrémité plus basses et plus étroites, celle du centre , dans l'alignement de la porte, percée d'un oculus à pointes de diamants. La ligne faîtière qui les couronne, se termine à pans coupés , ornée seulement d'une corniche d'étoiles de mer et de fers intercalés.

La nef, longue de 30 mètres 37 centimètres, large de 10 mètres 25 centimètres, est bordée de deux bas côtés d'une largeur extraordinaire pour l'époque de la construction (4 mètres 60 centimètres). La voûte principale, en berceau légèrement ogival, se double de quatre arceaux de môme forme, retombant sur le chapiteau nu de grosses colonnes engagées dans des piliers, tandis que la voûte môme porte sur une corniche saillante en dents de scie ou en damier qui règne de chaque côté des murs. Un des caractères distinctifs aussi de la construction est le mode d'appareillement des claveaux, décorés d'une légère saillie formant une sorte d'arcature cintrée. Le pilier séparatif des deuxième et troisième travées de la nef à droite porte gravé l'écusson d'un abbé, palé de quatre pièces, avec la crosse et la mitre; le pilier correspondant à gauche, un écusson à trois bandes, crossé et mitré de môme ; dans la croisée , à côté , un autre écusson effacé; au-dessus, à gauche, une croix de consécration. Les chapiteaux absolument nus s'ornementent à partir de la dernière travée, en se rapprochant du chœur, à droite, d'une marguerite et de rinceaux à palmettes épanouies, à gauche, d'une croix, de pommes de pin et de feuilles d'eau.

Le transsept est surmonté d'une coupole en calotte sphérique très-peu profonde, dont quatre pendentifs portent sur des arcs légèrement ogivaux, celui vers la nef s'abaissant sous une maçonnerie verticale, que perce un large oculus. La décoration des chapiteaux n'est que de feuilles d'eau s'enroulant en volutes sous une tablette damassée. Des absidioles de forme sphérique sV

rondissant dans l'angle des croisillons, éclairés chacun d'une baie cintrée. Les deux arcs doubleaux, qui séparent le chœur (9 mètres 50 de long) du transsept et de Pabside, portent des enroulements peints de feuillage bleu, blanc et jaune, d'un dessin très-remarquable. Les arcatures et les chapiteaux des quatre baies cintrées qui rayonnent dans l'abside circulaire, parent avec intention le sanctuaire de tous les caprices de la fantaisie ornementale, où s'épanouissent rinceaux, bourgeons, diamants, grecques, échiquiers, palmettes, imbrications, volutes de feuilles d'eau, bordures de roses, os de mort en sautoir, puis des grotesques, un phallus, une tête grimaçante entre deux jambes. Au-dessus, dans la voûte, sur un fond bleu semé de fleurs de lis d'or, de magnifiques fresques du xv e siècle encore bien conservées représentent la Résurrection, Le Christ, nimbé d'or, vêtu d'un manteau rouge bordé d'or, et tenant en main la croix, sort du tombeau. Sur les parois du sépulcre, peint en gris, retombe le divin suaire. Au chevet, un soldat armé d'une hache, s'abat terrassé sur le dos; — son compagnon, en toge rouge, brandit une sorte de couperet ou de yatagan emmanché. A l'autre bout, deux autres gardes, dont un étendu, l'autre immobile et comme frappé de stupeur; dans le fond Jérusalem avec ses tours, comme pouvait la rêver un peintre périgourdin du xv« siècle.

Les fameux cloîtres de Gadouin forment un parallélogramme régulier dont le côté septentrional s'appuie au mur droit de l'église. Les deux galeries nord et sud, divisées en 8 travées, ont 21 mètres 10 de longueur; les deux autres, est et ouest, 7 travées seulement, y compris les deux qui chevauchent sur les galeries perpendiculaires, 25 mètres 80 centimètres, sur une largeur partout égale de 3 mètres 14 centimètres. Chaque travée est éclairée par une large baie, donnant sur la cour intérieure, et découpée en trois par deux colonnettes chargées de compartiments d'ogive flamboyante aux dessins variés. La voûte présente une marelle complète, où des arêtes prismatiques remplacent les arcs doubleaux, et dont les cinq points d'intersection se prolongeaient en clefs de voûte pendantes, le plus grand nombre malheureusement brisées. Nous allons essayer moins de décrire ou d'interpréter les mille variétés de cette belle œuvre que de fournir au

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souvenir ou à l'étude, au retour d'une visite longue ou rapide, des renseignements et des notes que le voyageur ne trouverait pas ailleurs.

Galerik de l'est. — On pénètre par la galerie de l'est. Dans la première travée, commune avec la galerie du sud, s'ouvrent deux portes ; celle du mur est, qui sert d'entrée, se dessine en ogive surbaissée dont le cordon se termine par un crochet à feuille de chou accosté de deux anges agenouillés, qui tiennent une

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banderole. Sur la ligne extérieure s'étalent quatre feuilles de chou sculptées du plus beau travail ; sur le mur, en relief, des coquilles de pèlerin. Les pieds-droits s'encadrent de pinacles, dont les statues détruites étaient couronnées de dais d'architecture. La porte pratiquée dans le mur sud forme une anse de panier entourée d'une riche guirlande, tressée de branches de chêne et de corps nus d'anges ou d'enfants. Elle se transforme, en se prolongeant le long des pieds-droits, en une demi-colonne

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engagée dont la base s'épanouit en gracieux clochetons. Au sommet de l'un, regarde accroupi un moine, de l'autre, un ours dévore une branche. Au centre du tympan de la porte éclate l'écu de France, soutenu de deux anges à genoux, et entouré du collier de Tordre de saint Michel. Des deux côtés, aux angles, deux mains de justice en sautoir. Sous l'écusson viennent s'enlacer en deux tiges les rameaux de la guirlande, pour s'épanouir en un arbre de vie au sommet duquel plane le Christ sur une croix chargée de feuilles et de fleurs. Les colonnes des pieds-droits sont de môme surmontées d'écussons effacés, dont l'un, à gauche, entouré du collier de l'ordre, porte le pélican, l'autre le phénix au milieu des flammes. Toute la partie plate du mur est semée de fleurs de lis et d'hermines, armes de Louis XII et d'Anne de Bretagne. — A l'angle des murs est et sud, une colonne recevant la retombée des voûtes supporte un dais et un socle formé d'un moine grimaçant, un doigt dans la bouche, l'autre dans l'oreille. La seule clef conservée représente un ange déroulant un phylactère. — Deuxième travée. Une niche, à droite, évidée dans le mur plat, a recueilli différents débris modernes de statues. La colonne séparative de la troisième travée, à gauche, semble porter une Piéta. La tête du Christ est brisée. La scène se passe sous un ciel de lit. Le costume des saintes femmes est singulier et à la dernière mode du xvr siècle. — Au-dessus un damné, dévoré par deux diables, au milieu des flammes, d'où s'élèvent deux âmes bienheureuses unies dans un baiser de paix. La colonne de droite montre Lazare étendu mort sur l'herbe ; au-dessous de lui, gisent sa besace et son barillet de mendiant; à sa ceinture pend sa cliquette, le tout entouré de détails charmants; charmantes surtout sont les tètes d'anges souriants qui viennent enlever au ciel le pauvre abandonné. Le père Abraham reçoit dans sa toge l'âme nue. Sur la tête d'Abraham, deux anges jouent de la harpe et de la viole. — Troisième travée. Les cinq clefs de voûte y pendent en place et représentent des anges en costume de diacres soufflant dans différents instruments à vent. Au centre le Christ nimbé bénissant, au milieu d'anges dont un lui présente une âme. A la colonne de droite, d'une tour de ville crénelée se précipite une femme , sainte Barbe sans doute. La foudre éclate et tombe sur l'autel des faux dieux. Il ne reste de

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la colonne de gauche que le pied où se voit encore une marque d'appareilleur. — Quatrième travée. Aux deux clefs de voûte, le sacrifice d'Abraham, et la nef sainte portant la sainte Vierge. A gauche Job couché sur son fumier, où grouillent les vers, où se vautrent les pourceaux. Satan, en forme de bête velue, semble étendu sur Job. Une inscription dit : Sathan Job nonpertulit. Job. A droite, à la fenêtre d'une tour, deux gardes veillent, un autre dort. A l'étage supérieur percé d'une meurtrière, un ours s'étale dans une posture obscène, deux renards croquent un oiseau. Audessus, éclate une scène splendide dont une banderole, écrite en gothique carrée, indique le sujet très-facilement reconnaissable : le mavaiz riche. — Devant une table chargée d'un pain, d'un plat succulent, d'une coupe immense, se carre le mauvais riche dans toute sa gloire, portant, au cou, le collier de Tordre, en tête le chapeau orné de diamants, collet de fourrure, ceinturon de Chevalier; à sa gauche, triomphe une jeune femme d'air vif et déluré mais hardi et colère; à un guichet, le maître d'hôtel; sur la droite, d'un air piteux, tendant sa cliquette, lazare„à la face repoussante, les lèvres enflées de ladrerie, le bonnet de laine enfoncé jusqu'aux oreilles. Ce magnifique relief est l'œuvre capitale du cloître et d'une vérité, d'une animation admirables. — Cinquième travée. A la colonne de droite, un moine grimaçant; — à gauche, deux moines à demi brisés; trois supports en encorbellement représentent Sam&on déchirant le iî'on, Samson tondu par Dalila; Samson chevauché par Dalila. — Sixième travée. A quatre nouveaux culs-de-lampe figurent trois têtes de vieillards, et un écusson, bandé de 6 pièces, avec la crosse et latnitre. Dans le mur à droite, un monstre à tête humaine se tord et étreint sa queue. Au pilier d'angle sur la galerie du nord, le Christ endormi dans la barque, pendant la tempête.

Galerie du nord. — Première travée, commune à la galerie de l'est. Deux portes y débouchent comme dans l'angle correspondant de l'est et du sud. Celle du mur de l'est, plus ancienne que le reste du cloître, rappelle par son ornementation le style roman de l'églisé. Celle du mur du nord s'ouvre en anse de panier avec un tympan triangulaire, décoré d'un cordon de feuillage dont le sommet s'allonge en enroulement de fleurs et de bour-

DE PÉMGUEUX A AGEN.

geons, formant cimier à l'écu de France, soutenu par deux anges à genoux et entouré de Tordre de Saint-Michel ; de chaque côté sont inscrits des écussons dont un semble parti de Bretagne et de France. Aux trois clefs de voûte conservées, pendent le lion de saint Marc, l'aigle de saint Jean, l'ange de saint Matthieu. — Deuxième travée. Aux colonnes de droite et de gauche, des moines en prière; à une clef de voûte, une âme enlevée par trois anges. — Troisième et quatrième travées. Des groupes de scènes variées mais incertaines entourent le siège curial, espèce de fauteuil à rebord appuyé au mur de droite, avec sellette demi-circulaire en avancement. Sur le dossier, Pécusson du prieur, portant la crosse, sans la mitre, laisse distinguer le chêne des du Roure (?). Une accolade ornementée de feuilles de chou réunit les deux montants du siège. A sa gauche, un ange, en costume de prêtre, expulse Adam et Ève du Paradis. Tout à côté est-ce la Tentation? Ève, ceinte de grappes de raisin, coquette avec un jeune homme de costume élégant et de mise gracieuse. Ce serait un bien joli diable. Au-dessus, une autre scène de données inconnues, une sainte veuve, les mains jointes, — la tête est d'une expression remarquable, — est injuriée et chassée de sa maison. A côté parade un garçon en habit de fou. Plus près du siège, une femme agenouillée, les cheveux épars; un écusson, crossé, bandé, de pièces; 5 moines à genoux, dont deux sortent du pilier; audessus, dans le pilier même, un moine tire par le cou le diable enchaîné; au-dessous, un autre moine enfourne le pain. A la droite du siège, un portement de croix. Un groupe de soldats joue aux dés la tunique du supplicié. Sur les colonnes de droite et de gauche, deux paysans cornent de la musette ; des lapins et des chiens savant s dansent, un jeune homme et un vieillard se disputent un oiseau. — Cinquième travée. A gauche un moine prie à genoux, un autre apporte une colombe ; à droite deux moinillons ouvrent un livre.— - L^sixième travée est insignifiante. — Les septième et huitième travées postérieurement refaites, n'offrent dans la septième qu'un écusson à la voûte, crossé, mitré, chargé de deux pals, dans la huitième, une porte en style de la Renaissance avec attique, pilastre et fronton.

La Galerie de l'ouest a été tout récemment démolie complé-

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tement à Tinté rieur et se soutient par des murs de refend et des poutres enchevêtrées. La première travée pourtant garde encore un pilier avec un moine envoyant un baiser, la deuxième une piscine, et la sixième, à sa voûte intacte, des écussons soutenus par deux chimères.

Galerie du sud. — La première travée, en retournant à gauche vers Test, contient une porte rectangulaire du xvr» siècle, avec pilastres. Au centre de la voûte, une clef plate remplie par un soleil. Toutes les colonnes le long du mur plein, sauf la dernière, sont détruites. A la seconde travée s'arrêtent les constructions de la seconde époque et recommencent celles de la première, comme l 'indique tout aussitôt l'écusson bandé, de six pièces, soutenu par le lion et le griffon, que nous avons déjà rencontré dans la galerie du nord ; un autre encore, chargé de deux pals, crossé et mitré. Aux colonnes de gauche, entre les fenêtres, trois têtes, celle du milieu empruntant un œil à chacune de ses deux voisines plus loin, deux autres têtes dont une de femme aux cheveux nattés; entre deux, une élégante main, sortant d'une manche de moine ; — plus loin encore, deux têtes grimaçantes avec un reste d'inscription. En signalant encore aux clefs de voûte, un prêtre en prière, l'agneau pascal, un homme avec un philactère, nous aurons épuisé, croyons-nous, le, relevé de cette imagerie aux intentions malicieuses, quelquefois singulières, qui s'en va chaque jour s'appauvrissant par quelque ruine.

On risque de s'oublier là, si l'on n'a commencé la journée par une promenade jusqu'à (5 kil.) Molières (887 hab.). Du haut de la côte que gravit le chemin, on aperçoit très-bien, sur la g., la silhouette noire du château de Biron (25 kil.) et vis-à-vis de soi, par les temps clairs, le clocher de Ribérac (31 kil.). Le village de Molières formait autrefois une petite ville avec château et murailles fortes, qui tinrent tête aux guerres anglaises et que jeta bas Monluc. Ce qui reste du château, construit à pic, sur un mamelon de la vallée, n'offre plus qu'une porte gothique entre deux piliers, reliés de droite et de gauche à des pans de murs couverts de lierre. On y reconnaît les rainures de la herse. L'ensemble présente un plan carré couvert à chaque angle par une tour, avec un épais donjon carré au milieu, plus qu'à demi

écroulé. L'angle de gauche donnait abri aux bâtiments d'habitation; il en subsiste seulement une porte du xv« siècle. — A côté et en dehors de la ville, s'élevait Yéglise, vaste nef sans transsept, dont la moitié seule, presque régulièrement carrée, sert au culte; l'autre partie, complètement ruinée, et qui est en reconstruction, se rattachait par la gauche à un clocher carré, de deux étages à double fenêtre ronde, qui à sa base porte encore deux formerets de la travée détruite. Un arc d'ogive de deux mètres donne accès dans la première salle, à voûte très élevée, de ce clocher. — La rue voisine est couverte par une belle porte de ville, à triple face ogivale, reste d'une antique enceinte. Devant l'église, une maison conserve encore un groupe de petites fenêtres romanes, et à l'église même attiennent de beaux arceaux d'ogive aujourd'hui bouchés, autrefois sans doute en forme de cloître.

La voie ferrée , au sortir du Buisson , croise la route départementale de Marmande à Sarlat, puis l'avenue du château de Latour, passe dans une tranchée au-dessous du château de la Bourgonnie, sur la commune de Paleyrat (537 hab.), dont on laisse à gauche l'église, et coupe de nouveau par deux fois la route de Sarlat entre la, traversée de deux ruisseaux sans nom. Tout du loug la vue plonge sur l'admirable vallée de la Dordogne que Ton suit tsans s'en écarter à une grande distance. Une, rampe de 1800 mètres sur 8 millimètres de pente amène à Siorac.

70 • STATION. - SIORAC.

7- kil. du Buisson. — 64 ki). de Périgueux. — 88 kil. d'Agen.

Le bourg de Siorac (1275 hab.) se trouve à gauche, sur le bord de la voie .d'où l'on distingue très-bien Vèglise parée de son clocher neuf, et, à côté, le cimetière. Au-dessous des toits, bas et sombres, se dresse une énorme bâtisse en manière de grosse caserne ou de couvent qui n'est rien moins que l'ancien château. La façade s'ouvre vers la Dordogne à trois rangs de fenêtres, encadrée de droite et de gauche par deux corps de bâtiments parallèles formant un avancement symétrique ; le tout est recouvert de toitures gigantesques et porté par une haute terrasse d'où la

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vue plonge sur la vallée. Ce château a appartenu longtemps à la famille de Vivant, qui possédait dans ses archives au château de Boissat, un riche recueil de lettres originales d'Henri IV. En ce moment il est divisé en trois locations. Il avait été un moment question de le céder aux Jésuites pour rétablissement d'un collège, dont le projet semble abandonné. Les maisons de Siorac s'entassent le long de la Dordogne, au confluent d'un assez fort ruisseau , la Noze , réunion d'une infinité de petits cours d'eau. Un beau pont, au milieu duquel a été érigée une banale statue de la Vierge, y livre passage à* la route de Sarlat et relie à Siorac le village du Coux (1749 hab.) dont l'église, détruite, dit-on, par les Normands, a été reconstruite au xn ft siècle. Des débris romains, la découverte d'une mosaïque attestent sur ce point l'existence tout au moins d'une ancienne villa disparue. A l'est du Coux (4 kil.) Berbiguières (478 hab.) garde les ruines de son ancien château et d'un monastère détruit au xvi< siècle* Près de la Dordogne, sur la côte qui fait face à la route et que l'on a devant soi en venant du Buisson, on voit aussi les restes d'une bastille anglaise nommée Castelréal, auprès de laquelle ont été trouvés un vase de terre plein de médailles, et, dans un puits, des débris d'armures.

Tout près de Siorac (4 kil.), a droite de la voie, dans une jolie vallée, Urval (461 hab.) possède une église du xi e siècle, à chapiteaux historiés, avec abside décorée à l'extérieur de figures fantastiques et une porte ornée de deux colonnes de marbre noir. A côté gisent les ruines d'un couvent.

On longe, en quittant Siorac, le pied d'un coteau que la voie ferrée entame, tout au ras de la route départementale de Belvès, qui court à gauche à travers les prés et les champs , entre le chemin de fer et le ruisseau de la Noze, que Ton remonte jusqu'à Belvès. Les peupliers en dessinent tout du long la courbe sinueuse. A 1500 mètres de la station, la voie commence sa seconde escalade qui ne se termine qu'au Got (15 kil.) sur une pente presque continue de 10 millimètres, à travers une série de courtes tranchées d'où la vue plonge par échappées sur le vallon. On aperçoit à gauche le village de Fontgauffier, célèbre autrefois par son abbaye bénédictine qui datait du xi* siècle (1095) ; tout à côté sa

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belle usine comprenant une fabrique d'huile de noix, une minoterie, un moulin à papier et le village de Sagelat (572 hab.) Une longue et profonde tranchée, taillée dans le roc, débouche sur le viaduc dit de Fontgauf/ier (9 arches de 10 mètres d'ouverture) au-dessus d'une grosse ferme et en vue d'un horizon tout renouvelé. A 500 mètres, au faite d'une crôte, d'où s'éboule une sorte de sentier raviné, à peine abordable, s'étagent noires et entassées les maisons de Belvès, au-dessous desquelles on passe avant de s'arrêter.

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