EXCURSION A UBOS, A FUMEL ET A BONAGUIL
La route de Monsempron à Cahors par Furael (3 kil.) traverse à 500 mètres de la station le village de Libos (230 hab.), autrefois Darribos. Tout à l'entrée de ce village, à gauche, une étroite et blanche maison, dont une simple rosace signale la façade, est le temple protestant. Libos s'étage en croix le long des routes et le long du Lot aux eaux jaunes, que retient le barrage de Saint-Vit, célèbre pour la pêche des lamproies. La route d'Agen y franchit la rivière sur un pont suspendu, tandis que celle de Cahors traverse sur un pont de pierre la Lemance, qui vient se jeter dans le Lot par des espèces de cascades échelonnées sur la croupe arrondie du rocher. La principale rue de Libos s'allonge bordée de maisons en bois dont les toits encorbellés surplombent le chemin. Vèglise n'est qu'une espèce de grange, à toit plat, à façade basse et nue, accostée d'un orme antique.— A peine sorti du petit bourg, on laisse sur la droite de la route le château de Cézerac, dont on entrevoit la tourelle ronde à travers les arbres d'un beau parc, et, à 300 mètres plus loin, une forge importante, dont les travaux un moment suspendus se sont ranimés. Un relai de bœufs de renfort (75 centimes par tète) est établi au bas de la rude pente qui monte à Fumel.
Fumel est une ville ancienne (3000 hab.), chef-lieu du canton dont dépend Monsempron, et qui a joué un certain rôle, à l'époque des guerres de religion, âpres et farouches dans cette partie de l'Agenais. Dès 126k, elle obtenait de son seigneur une charte qui lui accordait dix consuls élus et un bailli à la nomination des consuls, avec de très- remarquables clauses protectrices de la liberté civile. En U39,uncoup de main livra la ville à un partisan espagnol. En 1561, une bande d'habitants, exaspérés par la nouvelle du massacre des protestants de Cahors, peut-être aussi par des insultes directes, rencontre le seigneur et l'égorgé ; t et encore à demi mort, ils le mirent contre un carreau sur le lict et tiroient à la butte contre son cœur, pillant et saccageant tout ; et après, — dit Monluc, — ces bonnes gens crioient : Vive l'Évangile ! »