‹ De Paris a AgenChapitre 145 sur 154 · PENNE. — PORT-DE-PENNE, — VILLENEUVE · texte numérisé non relu

PENNE. — PORT-DE-PENNE, — VILLENEUVE

les livra aux Espagnols auxiliaires qui les massacrèrent, sauf deux serviteurs de la maréchale de Saint- André, et « un qui descendt par la muraille avec une corde par le chasteau et alla passer la rivière à la nage; son heure n'était pas venue, car il luy fut tiré un monde d'arquebusades, sans qu'aucune- portast. » Tout le reste, plus de 30Ô hommes et 40 femmes furent mis à mort, malgré Monluc, s'il faut l'en croire.

Le puits « bien profond » qu'on montre encore fut comblé de cadavres qui, quelques mois après, mirent la peste dans la ville. C'est de là que datent les ruines et du château et du pays. — L'évêque d'Agen, Guillaume III, était né à Penne et se plaisait à y séjourner. Sa tombe (1267) s'y voyait dans l'église des Cordeliers que pillèrent les protestants.

Une route de voiture conduit de la station (2 kil.) au village , en tournant la butte que gravit à pic une ravine à peine accessible au piéton le plus déterminé. Vers l'orient, subsistent une partie des murailles et la porte de ville, qui mène à Véglise nue intérieurement et dévastée, sauf un portail du xv e siècle. Les rues étroites, enchevêtrées en zigzags et qui se défendent par leur pente même, rappellent dans leur disposition l'aspect encore menaçant d'une place de guerre. Au faite extrême, dans une dernière enceinte ruinée, s'élève, aperçue de tout l'horizon, une chapelle insignifiante de Notre-Dame.

Penne est resté longtemps l'entrepôt général des grains des hautes plaines de Massoulès, de Saint-Bauzeil, de Monta'gut, de Saint-Amant, que l'ouverture de la route de Gahors a détournés plus volontiers vers Villeneuve et Tonneins; mais le chemin de fer assure une activité nouvelle aux minoteries, aux forges, aux tanneries, établies sur les divers cours d'eau qui arrosent cette vaste commune.

Du bas de la côte, qui porte Penne, et sur la voie, au passage, on aperçoit vers le sud, à la cime d'un pic aigu qui hérisse la vallée voisine du Boudouissou, les ruines du château fort de la Cuve, nommé plus tard Castel-Gaillard ', dont la dame, accusée de sortilège par-devant Montfort, en 1212, fut sur son ordre précipitée vivante dans le puits du fort de Penne.

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