‹ De Paris a AgenChapitre 150 sur 154 · AGEN. — CATHÉDRALE SAINT-CAPRAIS · texte numérisé non relu

AGEN. — CATHÉDRALE SAINT-CAPRAIS

dernière peste publique. Les gibets des gens du roi eurent ensuite beau jeu.

Enfin le prince de Condé, maître de Bordeaux, voulut conquérir Agen à la Fronde et y pénétra à cheval, en armes, avec 600 gentilshommes. Il n'en fut pas moins expulsé de vive force par les bourgeois et dut abandonner toute tentative nouvelle à l'approche du duc d'Harcourt.

Aucun fait important, pendant le dernier siècle de la monarchie, n'appelle sur Agen l'attention de l'histoire.

Parmi les hommes célèbres qu'a vus naître Agen, il faut citer les deux naturalistes Lacépède (1756-1626) et Bory de Saint-Vincent (1780-1846), et Jasmin surtout, le barbier-poôte, dont les Papillotes sont aussi populaires dans tout le Midi que dans le monde entier les chansons de Béranger. Ses autres poèmes, qui savent chanter toujours quelque histoire émue ou quelque douce amourette, respirent le même charme de délicatesse exquise et de véritable originalité. La gloire lui était peu à peu venue, même d'outre -Loire, où l'on apprécie sa gaieté simple et native et la verve abondante de son gracieux talent, en regrettant que tant de dons heureux se soient perdus à parler patois. Jasmin est mort le 5 octobre 1864. Quoique une modeste aisance eût fêté sa gentille muse, il n'avait pas délaissé sa petite maison du cours Saint-Antoine, et son nom sur l'enseigne y appelle encore la visite des étrangers qu'il avait tant de plaisir à y recevoir. La ville a été autorisée à élever sur la place voisine une statue au poète populaire, qui n'exploita jamais la faveur publique que pour des œuvres de bienfaisance.

Monuments. — Curiosités.

La cathédrale d'Agen, consacrée à saint Gaprais, fut fondée au xi« siècle sur les ruiaes d'un ancien monument qu'avait fondé, dixon, saint Dulcide et dont l'existence est suffisamment attestée par la découverte, autour de l'abside, de tombeaux de marbre remontant aux premiers temps du christianisme. Continuée à diverses reprises pendant quatre siècles, elle fut consacrée pour la dernière fois en 1624 par Jean Daffis, évôque de Lombès. Les restaurations qu'elle a subies en ces dernières années n'ont pas

satisfait les archéologues, et M. de Caumont, bon juge, reproche à l'architecte « d'avoir voulu mettre en harmonie avec la nef la partie la plus moderne et la moins intéressante de l'église, la façade du transsept sud, refaite en entier, et une tour carrée ajoutée du même côté. * L'abside est, avec un côté du transsept, la partie ancienne de l'œuvre (xr 9 siècle). Elle forme, avec ses deux absidioles, un groupe de trois chapelles ornementées à la romane, dont la principale surtout, à l'extrémité du chevet, est décorée avec un soin particulier. Des escaliers cintrés circulent extérieurement tout autour, au-dessous d'une corniche dont les modillons figurent des tôtes bizarres d'hommes ou d'animaux. Les colonnettes, qui surmontent les chapiteaux plats appliqués contre les murs, s'épanouissent en palmettes d'un style très-ancien. L'intérieur offre des chapiteaux très- variés et du travail le plus délicat. « Quatre d'entre eux, dit M. l'abbé Barrère , semblent détachés d'un monument de Gorinthe. Ce sont probablement quelques débris échappés au marteau destructeur et qui décoraient autrefois la première basilique, t Le transsept, dans sa partie inférieure, aussi bien que les deux chapelles qui s'ouvrent dans les croisillons parallèlement au chœur, appartient au xn« siècle. Quatre piliers d'une grandeur colossale, mais décorés avec magnificence, forment le centre de la croix, » couronnés d'admirables chapiteaux où se retrouve le martyre de saint Caprais et la légende de Tobie. Sur deux des faces du croisillon, règne un élégant triforium à larges arceaux d'ogives, reposant sur des faisceaux de colonnettes à chapiteaux sculptés et surmonté d'un triplet symbolique ; au-dessous, dans l'angle, sur une élégante console, se voit une statue de Joseph, longtemps affublée du nom de Gharlemagne ; le tout formant, au jugement de M. Viollet-le-Duc, une des plus splendides décorations qui se puissent imaginer. Ce travail est du xin 6 siècle, ainsi que la voûte môme du transsept. Le xiv* commença la nef, qui est restée comme tronquée avec ses deux uniques travées, achevées seulement au xvi* siècle. Une des clefs de voûte représente sainte Foy et les instruments de son martyre ; l'autre, saint Caprais, et porte la date certaine de l'œuvre : 1508.

En ce moment même M. L.-B. Bézard, un de nos peintres les

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