AGEN. — MONUMENTS RELIGIEUX
plus distingués, achève la décoration générale de l'église, qu'il a entreprise depuis bientôt dix ans. On peut admirer dès maintenant les belles peintures murales du chœur où l'artiste a représenté (1861) le Martyre et V Apothéose des saints de VAgenais, et, dans la chapelle à droite du transsept, la Vie de sainte Anne. Dans la nef, une toile moderne, le Martyre de saint Etienne, porte la signature de Glaudius Lavergne.
La chapelle du cloître de l'ancien chapitre, dite des Innocents, et aujourd'hui annexée aux bâtiments de l'école ecclésiastique de Saint-Caprais, offre une charmante petite façade romane ornée de sculptures polychromes. Elle contient surtout de curieux chapiteaux, dont Pun représente un groupe de guerriers , lance en main, poussant devant eux des femmes; un autre, à gauche, une Gauloise enchaînée par des soldats sans armes; à côté d'elle, une autre femme ; de l'autre côté du portail, des soldats dans l'attitude de la tristesse ; tout autour, des cordons d'olives, de fleurons et de gracieux enroulements de feuillages. La critique si artistique et la science si sûre de M. Adolphe Magen, qui a étudié particulièrement cette œuvre remarquable, s'est pourtant trompée cette fois, croyons-nous, à y vouloir reconnaître, d'après le récit de Grégoire de Tours, l'histoire d'un duc Regnauvald, et non quelque scène des légendes, source ordinaire d'inspiration. Le quatrième chapiteau figure la Salutation angélique. Les piedsdroits forment une image du temple de Jérusalem ou plutôt de la Jérusalem céleste. Les chapiteaux des deux fenêtres représentent la Naissance du Christ, Y Adoration des Mages, la Présentation au temple, la Fuite en Egypte, le tout revêtu autrefois de peintures où dominent encore le pourpre et Tazur (xii e -xiii« siècles). Deux sarcophages antiques et remontant aux premiers âges du christianisme portent, l'un, le monogramme sacré dans un cep de vigne; l'autre, qui provient de Saint-Caprais, deux épisodes symboliques de l'histoire de Jonas.
Saint-Caprais n'a été érigé en cathédrale qu'au commencement de ce siècle. Le titre appartenait auparavant à Y église Saint- Étienne, commencée au xiv e siècle, continuée au xvi 6 (1530- 1550), et qui, avant mêmed'ôtre terminée, a été plus qu'à demi détruite en 1797. La façade, restée imposante, et les derniers pi-
liers de la nef et du chœur ont été jetés bas en 1835 pour faire place à la halle au blé. Les matériaux servirent à la construction du théâtre, édifice insignifiant, voisin [de la mairie. Dans une banquette, au côté droit du chœur, on trouva, en démolissant la maçonnerie, le tombeau d'un enfant crossé et mitré et habillé en évêque. Au-dessus de la grande place se voit encore un fragment du clocher, tour carrée, dont la flèche en charpente avait autrefois dix-huit toises de hauteur.
Véglise des Jacobins, consacrée à Notre-Dame d'Agen, fut construite au xni e siècle par l'architecte Arnaud fiélenger. Gomme toutes les églises de l'ordre, elle est divisée en deux nefs qu'indique un rang de colonnes médianes; des murs plats forment le chevet ainsi que la partie correspondant à la façade jadis close. Vers la fin du xvm e siècle, deux larges et brutales percées ont été pratiquées dans l'abside qui est devenue la façade principale. Vers la même époque, le portail de chaque côté a été remplacé par une chapelle vulgaire. Celle de gauche contient, derrière l'autel, un Portement de croix, du xvn e siècle, signé : J. Moran. Chacune des nefs intérieures est partagée en quatre travées, que supportent quatre énormes colonnes à peine ornées d'un simple annelet. Des vitraux modernes décorent les fenêtres de la façade et du chevet; et, le long des courbes des pendentifs, apparaissent quelques restes de peintures anciennes en forme de grecques ou de rosaces, qu'ont respectées les restaurations intelligentes poursuivies en ces dernières années sous la direction de MM. Just Lisch, de Paris, et Ad. Verdier, d'Agen.
La chapelle Notre-Dame du Bourg, plus connue sous le nom de la petite chapelle ou chapelle intérieure du Petit-Séminaire, bien qu'elle soit complètement séparée de cet établissement, est aussi du xiii 0 siècle. Jadis située à l'extrémité de la ville, elle se trouve actuellement au centre d'un quartier populeux. Sa voûte élégante repose sur des nervures délicates qui s'appuient elles-mêmes sur des chapiteaux feuillagés et retombent ensuite le long des murailles en faisceaux de colonnettes. — V église Saint-Hilaire, ancienne église Saint-Georges, a été reconstruite vers le xv e siècle, par les Cordeliers, qui l'occupaient depuis quelques années. C'est une seule nef terminée par une abside pentagonale et ogivale,