AGEN. — MONUMENTS RELIGIEUX
partagée en trois travées, dans chacune desquelles s'ouvre de chaque côté, par un arc ogival très-aigu à triples voussures et arêtes vives, une chapelle, éclairée d'étroites fenêtres à compartiments d'ogive flamboyante. Les arêtes prismatiques à nervures aiguës, qui tiennent lieu d'arcs doubleaux, retombent, ainsi que celles de la voûte , sur de simples culs-de-lampe sans ornement. L'élégance et la légèreté de la charpente sont justement renommées. Une restauration très- intelligente de l'édifice, comprenant la reconstruction du portail et du clocher, s'achève sous la direction de M. Verdier.
L'ancienne paroisse Saint-Hilaire était primitivement desservie dans la chapelle voisine dite aujourd'hui des Pénitents- Blancs, et qui n'est plus en ce moment qu'une salle nue et carrée qu'on est en train de transformer en habitation particulière. L'abside principale seule et l'absidiole ont pour base des assises de pierres taillées avec contre-forts plats et minces que relie une série d'arceaux cintrés, portant une maçonnerie en petit appareil, dont la régularité rappelle le travail de l'appareil romain. Au-dessus s'élève une disgracieuse tour octogonale en briques. Le reste de l'œuvre est défiguré. Les tuiles du toit forment une sorte de mosaïque qui figure une croix.
Tout à côté, ï église Sainte-Foy, qui fait presque face au débarcadère, n'offre d'intéressant qu'un curieux tableau du xvnr* siècle : le Christ est sur la croix, la Vierge au pied, à droite ; à gauche, saint Caprais, décoré de la mitre et de la crosse, présente sainte Foy, apportant la palme triomphale et dans sa robe relevée une touffe de roses. Elle s'appuie sur le tréteau de fer, instrument de son supplice. Une maison de la rue de Garonne passe dans la tradition pour avoir occupé l'emplacement de celle de la sainte, si bien qu'au xvi e siècle encore les condamnés conduits au gibet, s'ils en pouvaient toucher le seuil, obtenaient leur grâce entière.
Entre cette église et Saint-Caprais s'ouvre une étroite crypte dite le Martrou ou caveau des Martyrs, qu'on fait remonter au iv e ou v* siècle. L'entrée n'en est publique que le vendredi saint de chaque année. L'intérieur est malheureusement gâté par des peintures modernes. — Vévéché n'est qu'un hôtel moderne insignifiant. Le temple protestant, qui l'avoisinait, a été converti en
maison d'habitation ; un nouveau temple a été construit sur l'avenue de la Plate-forme.
V hospice Saint-Jacques, desservi par les sœurs de Saint-Vincent de Paul, renferme le tombeau de Mascaron, évôque d'Agen, inhumé, en 1703, dans le chœur de Saint-Étîenne. Quand on démolit l'ancienne cathédrale, on transféra ce tombeau dans l'hôpital Saint- Jacques, dont le prélat avait posé la première pierre, en 1686. Deux ans auparavant, le 5 juin 1684, Mascaron avait consacré la fondation du Grand-Séminaire. Le bâtiment principal pourtant date seul de cette époque. Les deux ailes» sont de construction moderne. Des peintures, remarquables par l'exquise pureté du dessin et la sobriété harmonieuse des couleurs, couvrent, du parquet à la voûte, le chœur tout entier de la chapelle de Vhospice Saint- Jacques. Elles sont dues, comme celles de Saint-Caprais, au talent distingué de M. Bézard. Le vide intérieur des cinq arcades ogivales renferme des épisodes de l'histoire de la Vierge : la Présentation au temple, V Annonciation, Y Immaculée Conception, Y Adoration des Mages, la Vierge présentant V enfant Jésus. Dans l'espace compris entre la ligne extérieure des clochetons et la guirlande de chêne, qui court sous l'acrotère, figurent, en médaillons byzantins, les huit portraits des Pères de l'Église, et ceux de saint Jacques le Majeur et de saint Vincent de Paul, patrons de la chapelle; enfin, dans les voussures de la voûte, coupée en cinq compartiments par des nervures saillantes, saint Pierre, entouré des attributs symboliques des quatre Évangélistes. Du même peintre sont le tableau placé à l'entrée de la nef, le Christ consolateur, toile malheureusement inférieure d'exécution aux belles œuvres quelle avoisine, et les cartons des vitraux qui décorent les deux chapelles du Bon-Pasteur {sainte Cécile , saint Louis, le Bon Pasteur) et de la Vierge (saint François de Sales, sainte Jeanne, la Vierge) et la fenêtre au-dessous de la tribune (Moïse et Aaron). L'autel, en marbre blanc, a été reconstruit avec les débris épars de l'ancien autel des Bénédictins d'Eysse, près de Villeneuve-sur-Lot. Enfin de riches vases d'autel, une splendide chaire en marbre blanc, un bénit ter, une cuve baptismale, surchargée de sculptures complètent une œuvre de magnificence, sinon de goût. M. Magen, qui décrit, avec une admi-