ÉTAMPES. — ENVIRONS
De construction toute moderne, il n'a en lui-même rien de remarquable; mais le parc, traversé par la Juine qui y forme une pièce d'eau, est aussi bien dessiné que bien entretenu ; il renferme, outre de magnifiques pelouses, de très-beaux arbres et une colonne élevée en Pan ix de la République française, par Charles Viart,àla Concorde civile. Sur cette colonne on lit: « La jeunesse, , apprenant les fautes de ses pères, saura que nous avons tourné les armes contre nous-mêmes. » Si l'on ne veut pas revenir à Etampes parle même chemin, on sort du parc à son extrémité su-
Les Portereaux.
périeure, près du moulin, et, traversant la Juine, on va visiter, à Morigny, situé sur la rive droite de la rivière , le beau parc de Mme la baronne de Venancourt et la tour gothique de l'église de l'ancienne abbaye, dont la partie postérieure est seule conservée. De Morigny on gagne Étampes en vingt ou vingt-cinq minutes, en suivant les rives de la Juine et en longeant le château de Vaudouleurs.
Quand on s'éloigne de la gare d'Étampes, on passe entre les deux promenades qui dominent la voie à des hauteurs inégales, et que des ponts de bois font communiquer entre elles ; on traverse
ensuite une profonde tranchée, au sortir de laquelle on aperçoit, à gauche, le faubourg et l'église Saint-Martin, puis on franchit sur deux beaux viaducs les deux ruisseaux la Louette et la Chalouette, qui, descendus de deux vallons opposés, arrivent à Étampes parallèlement dans la même vallée. Alors, suivant la vallée de l'Héméry, on monte sur le plateau de la Beauce par une rampe de 8 millimètres par mètre, et de 6300 mètres de longueur. C'est au sommet de cette rampe que le chemin de fer de Paris à Orléans atteint son maximum de hauteur, qui est de 145™, 81 audessus de la mer, et de 101 m ,16 aiL-dessus de Paris ; il s'est par conséquent élevé r de 54 m ,81 de la station d'Étampes à ce point culminant d'où il descend de 28 m ,21 jusqu'à Orléans. La différence du niveau entre les deux points extrêmes, c'est-à-dire»" entre Paris et Orléans, est donc de 81 m , 95.
Avant môme de parvenir sur le plateau, on a remarqué un changement complet dans le paysage ; plus de villages, de hameaux, de châteaux, de villas, de forêts, de parcs ni de jardins, mais de vastes plaines de blé ou de chanvre, selon la saison, sur lesquelles l'œil, fatigué de leur aspect monotone, cherche en vain des habitations ou des arbres. Ces plaines, personne ne l'ignore, produisent une énorme quantité d'excellentes céréales; mais, à les voir si désertes, on est toujours tenté de se demander où se cache la population qui vit de leur culture et de leur exploitation : c'est la Beauce. *
La Beauce était appelée autrefois Belsia, Beîsa, Beila. Belsia, dit un poëte du vr 3 siècle, Fortunat Venance, évêque de Poitiers,
Belsia, triste solum, cui desunt bis tria solum : Fontes, prata, nemus, lapides, arbusta, racemus....
«Beauce, triste pays, auquel il ne manque que six choses: des sources, des prés, des bois, des pierres, des arbres à fruits et des vignes.... »
Sous la domination romaine, cette contrée était occupée par les Carnutes ; elle comprend à présent une partie des départements de Seine-et-Oise, du Loiret, de Loir-et-Cher et d'Eure et-Loir. On la divise en haute Beauce, basse Beauce et Beauce pouilleuse. C'est la haute Beauce que traverse le chemin de fer.