STATION. - ORLÉANS
8 kil. de Cercottes. — 121 kil. de Paris. — 57 kil. de Blois. — 113 kil. de Tours. 218 kil. d'Angers. — 306 kil. de Nantes. — 457 kil. de Bordeaux.
Renseignements généraux.
Omnibos pour la ville : un voyageur sans bagages, 30 c. ; avec un colis, 60 c. ; avec deux colis, 90 c. — Omnibus pour Olivet, Saint-Denisen-Val, lngré, Ormes, Chécy, etc.
Fiacres. 1 fr. 50 c. la course et 2 fr. l'heure.
Voitures de correspondance pour : Beaune-la-Rolande , 54 kil., 3 fr. 50 c. ; — Briare, par Sully et Gien, 75 kil., 8 fr. 50 c. et 7 fr. Corne, 106 kil., 11 fr. et 9 fr. 50 c. ; — Montargis, par Châteauneuf et Lorris, 64 kil., 7 fr. et 6 fr.; — Sancerre, 116 kil., 12 fr. et 10 fr.
Hôtels : d'Orléans, 118, rue Bannier; — du Loiret et des Trois Empereurs, rue Bannier, 18 et 20 ; — de la Boule-oVOr, rue d'Iliers.
Libraires. Alphonse Gatineau, rues Royale et Jeanne-d'Arc. On trouvera chez M. Gatineau un grand nombre d'ouvrages historiques, d'annuaires, de plans, de gravures, d'albums, de lithographies et de portraits destinés à faire connaître les paysages, les monuments, les antiquités et les grands hommes d'Orléans, du Loiret et des bords de la Loire. M. Gatineau a publié surtout de charmants albums de lithographies par MM. Benoist, Delton, Deroy, Champin, Chapuy, Mansson, Martens, Muller, Pensée, Salmon, Vogel, etc. — Herluison, rue Jeanned'Arc, éditeur de nombreux ouvrages concernant l'Orléanais et son histoire, et les hommes illustres que cette province a produits. — Vandecraine, rue Sainte-Anne.
En sortant de la gare d'Orléans, on se trouve sur une vaste esplanade plantée d'arbres qui, en 1848, a remplacé le Grand Mail, boulevard „
ombragé d'ormes séculaires que les Orléanais ont peut-être raison de regretter. Si l'on tourne à droite sur cette esplanade , on atteint en quelques pas celle de ses extrémités où vient aboutir, à droite, le faubourg Bannier, et où commence, à gauche, la ville d'Orléans proprement dite. La rue Bannier, à Centrée de laquelle s'élève, à gauche, V église insignifiante de Saint-Paterne, et qui contient les deux meilleurs hôtels de la ville, Vhôtel $ Orléans et l'hôtel du Loiret, conduit à la place du Martroy, sur laquelle une statue équestre a été érigée à Jeanne d'Arc. Au delà de cette place, elle prend le nom de rue Royale qu'elle conserve jusqu'au pont de la Loire. La me Bannier, la place du Martroy et la rue Royale, partagent Orléans en deux parties à peu près égales. La partie gauche (en allant à la Loire), ou Est, est la plus intéressante. Elle renferme, en effet, la cathédrale, située à l'extrémité de la rue Jeanne* d'Arc qui s'ouvre dans la rue Royale, l'hôtel de ville, le musée, Saint-Aignan , Sainte-Euverte, la préfecture, le lycée, la maison de Diane de Poitiers, etc. Dans la partie droite, ou Ouest, se trouvent l'hôpital , la maison de Jeanne d'Arc, la maison de François I er , celle d'Agnès Sorel, etc.
Ces indications générales suffisent aux étrangers pour commencer leur première exploration d'Orléans.
Situation et aspect général.
Orléans est bâtie sur la rive droite de la Loire, où elle occupe un terrain légèrement incliné. Un pont de pierre la réunit au faubourg Saint-Marceau, situé sur la rive gauche du fleuve. Ce pont, commencé en 1751 par les ingénieurs Hupeau et Peyronnet, fut achevé en 1761. Il se compose de neuf arches inégales, dont la plus large a 33 mètres d'ouverture, et la plus petite 30 mètres 50 centimètres; sa longueur totale est de 333 mètres, et sa largeur de 15 mètres 50 centimètres; il est bordé de deux trottoirs, et terminé sur la rive gauche par une grille en fer , entre deux pavillons. A droite et à gauche du pont s'étendent, du côté de la ville, deux beaux quais qui aboutissent à des promenades plantées d'arbres.
Ville plus commerçante qu'industrielle, Orléans manque d'animation les jours qui ne sont pas consacrés à un marché ou à une foire. Elle peut plaire également aux classiques et aux romantiques, pour nous servir d'expressions un peu surannées. En effel, elle a des rues droites, tirées au cordeau, larges» bordées de maisons modernes sans style, garnies de trottoirs et bien pavées, et des ruelles étroites, sombres, tortueuses, dans lesquelles on
a de la peine à marcher sans se blesser les pieds, mais où l'on trouve encore des maisons qui attirent et fixent l'attention par leur architecture et par leur caractère. La population y est, dit-on, nettement partagée en trois classes qui se mêlent rarement : la noblesse, la bourgeoisie et le peuple. Les étrangers, si Ton doit en croire certains écrivains, auraient de la peine à se faire admettre dans les familles orîéanaises, mais, à moins qu'ils ne viennent y tenter des études de mœurs , ils n'ont point à s'inquiéter de ces sauvageries inhospitalières. D'ailleurs, une ou deux journées doivent leur suffire pour visiter ce qu'on peut appeler les curiosités de la ville, c'est-à-dire ses monuments, ses Collections et ses environs.
Histoire.
Avant la conquête romaine, Orléans était une ville des Carnutes. On l'appelait Cenabum ou Genabum. L'an 52 avant Jésus- Christ, César s'en empara et la détruisit, pour la punir de s'être révoltée contre Rome. Elle se releva peu à peu de ses ruines, mais les Barbares la saccagèrent lors de leur première invasion. Fut-elle rebâtie en 161 par Marc Aurèle ou en 274 par Aurélien? On l'ignore; car l'un et l'autre de ces empereurs peut lui avoir donné son nom (Aurelianum, Auréliens, Orliens % Orléans). Quoi qu'il en soit, elle avait déjà une certaine importance, et elle s'était converlié au christianisme dès le iv e siècle.
En 451, Orléans avait pour évêque saint Aignan, lorsqu'elle opposa au roi des Huns, Attila, une résistance si vigoureuse, qu'elle donna le temps au général romain Aetius de venir la délivrer. Vingt années plus tard, elle repoussa, assurent quelques historiens, les attaques d'Odoacre, duc des Saxons; mais en 498 elle tomba sous la domination de Clovis I er , qui la réunit au royaume des Francs, et qui, au mois de juillet 511, y présida le premier concile tenu en France. Dans ce concile, auquel assistèrent trente-sept évêques, la royauté et l'Église se firent des concessions mutuelles. L'Église obtint" un droit d'asile illimité pour ses sanctuaires et pour la maison de ses évêques; elle généralisa la solennité des rogations et des processions, fondée 40 ans auparavant par saint Mamert. De son côté, la royauté posa pour la
première fois le principe du droit de régale, qui donnait aux rois de France la jouissance du revenu des évôchés pendant les vacances des sièges et leur conférait le pouvoir de nommer à tous les bénéfices qui en dépendaient.
Le royaume d'Orléans, fondé à la mort de Clovis par l'un de ses fils, Clodomir, fut réuni en 613, parClotaire II, à celui de Paris. Il avait duré 105 ans. Pendant cette période, dont les vicissitudes, trop compliquées d'ailleurs, n'offrent qu'un médiocre intérêt, il avait souvent changé de maître et il avait été gouverné par des comtes héréditaires, qui prenaient aussi le titre de ducs, et qui remettaient l'administration entre les mains de vicomtes révocables à leur volonté.
A dater de sa réunion définitive à la couronne de France, Orléans joue un rôle important. De nombreux conciles s'y réunissent; Louis le Débonnaire y convoque les États en 832, dans l'espoir de mettre fin à la rébellion de ses fils ; Charles le Chauve s'y fait sacrer en 841, dans l'église Sainte-Croix. Malheureusement, en 855 et en 865, les Normands la prennent et la dévastent.
Huçues Capet, lorsqu'il parvint au trône et lorsqu'il fonda la troisième dynastie, était comte et marquis d'Orléans; c'est dans cette ville que, pour affermir son usurpation, il fit couronner son fils Robert et enfermer Charles de Lorraine, héritier du roi légitime, dans la tour appelée tour Blanche (rue de la Tour-Neuve). Robert le Pieux, qui y était né et qui l'aimait, l'habita 'souvent. Philippe I er y tint son parlement en 1077. Louis le Gros s'y fit sacrer en 1109, par l'archevêque de Sens. En 1130, Louis le Gros régnant encore, le pape Innocent II s'y rencontra avec le roi d'Angleterre, Henri 1 er . En 1153, Louis le Jeune y épousa Constance, fille d'Alphonse VIII, roi de Castille. Ingeburge, l'épouse répudiée de Philippe Auguste, à laquelle elle avait été donnée comme douaire, y mourut en 1226. En 1309, Philippe le Bel accorda le titre et le rang d'université à ses écoles, qui jouissaient d'une réputation méritée. Enfin, en 1344, Philippe de Valois, la séparant de la couronne, l'érigea en duché avec sa seigneurie, augmentée de dix châtellenies voisines, et il en apanagea son second fils Philippe, en échange du Dauphiné, donné au fils aîné du roi avec le titre de dauphin.