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Un vol. in-18, chez Gatineau

les pignons et les fenêtres, rappellent les constructions flamandes de l'époque à laquelle elle fut élevée. Les balcons qui surmontent les deux portes latérales sont supportés par des cariatides que la tradition orléanaise attribue à Jean Goujon, et qui ont souvent été peintes et vernies. Les statuettes placées dans les niches représentent : au milieu du tympan du fond, l'architecte Ducerceau, mort en 1532; la première, dans l'aile nord, le savant Pelau (1583-1652); la seconde, Jousse, l'élève de Pothier I (1704-1781); la première de l'aile sud, Botujars (1554-1612);

Hôtel de ville d'Orléans.

la seconde, le médecin Petit, mort en 1793. Dans l'aile gauche de l'hôtel, on a placé la statue de saint Ai yuan, et dans l'aile droite, celle de Pothier (1699-1772). Au-dessous du perron et entre ses deux rampes, se voit une statue de Jeanne d'Arc, reproduction du chef-d'œuvre en marbre de la princesse Marie d'Orléans, déposé au musée de Versailles.

L'intérieur de l'hôtel de la Mairie est plus curieux que l'extérieur. Pour le visiter, il suffit de s'adresser au concierge, qui en fait les honneurs avec beaucoup de complaisance, moyennant

un pourboire. Le rez-de-chaussée étant consacré tout entier aux bureaux, c'est au premier étage que les étrangers sont conduits. On le leur montre généralement dans l'ordre suivant : 1° Antichambre; 2° Petit cabinet, dans lequel se voient un portrait de Jeanne d'Arc qui date de 1581, mais qui a été restauré, et une vue d'Orléans; 3° un escalier latéral peint à fresques; 4° la chambre du Commerce; 5° la salle des mariages, dont la belle cheminée, surmontée d'une fresque qui personnifie la ville, est l'imitation de celle qui se trouve dans la maison d'Agnès Sorel, et dont le beau plafond représente les produits du Loiret ; c'est dans cette salle que siège le conseil municipal ; 6° deux salles donnant sur le jardin et qui servaient autrefois d'appartement particulier aux maires d'Orléans; 7° la salle où Marie Stuart reçut le dernier soupir de son époux, François II ; 8° enfin le grand salon de réception, qui donne, d'un côté, sur la cour, de l'autre, sur le jardin. Dans ce grand salon, richement décoré dans le style du temps, comme toutes les autres pièces qui viennent d'être mentionnées, on remarque : — une statuette en bronze de Jeanne oVArc t par la princesse Marie. La reine Amélie avait déjà donné à la société archéologique de l'Orléanais, le 13 avril 1853, un modèle en plâtre de cette statuette trop peu connue. Le bronze a été envoyé à la ville d'Orléans, quelques jours avant la fête du 8 mai 1855. Du vivant de la princesse Marie, cette statuette n'était pas sortie de son atelier, où quelques privilégiés avaient seuls été admis à lavoir. Après sa mort, elle n'a été exposée nulle part-; elle n'a pas été exécutée en marbre ; il n'en existe qu'un trèspetit nombre d'épreuves en plâtre et en bronze. Jeanne d'Arc, montée sur un cheval caparaçonné, porte le costume des chevaliers au xv e siècle. De la main droite, elle tient son épée abaissée ; son regard s'arrête sur un Anglais blessé mortellement et renversé sous les pieds de son cheval. A cet aspect, Jeanne éprouve une émotion qui se trahit sur son visage et dans son attitude ; elle s'effraye, elle s'attriste, et cependant, à la voir, on sent qu'elle ne renoncera pas à sa mission, qu'elle est prête à l'accomplir ; — les quatre portes surmontées d'une porniche en bois, à plusieurs étages, qui s'appuie sur des colonnettes à chapiteaux et ornements dorés, et garnies de belles portières;

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