DEUXIEME SECTION
D'ORLÉANS A LIMOGES
La voie ferrée quitte Orléans, comme elle y est entrée , par le nord, pour se recourber brusquement vers l'est et traverser le faubourg de Bourgogne dans une longue tranchée, bordée de maisonnettes et de jardins, qui passe sous cinq ponts et s'aplanit par deux fois en laissant entrevoir sur la droite la cathédrale. Tout le parcours entre les faubourgs Saint-Marc et Bourgogne a fourni au musée départemental une quantité considérable de médailles, de camées, de fibules, d'anneaux, de briques à rebord, de fragments antiques de toute sorte, débris d'édifices ruinés par l'incendie. Un viaduc, long de 453 mètres et formé de 15 arches de 11 mètres 50 de haut, dont chaque pile est percée d'évidements circulaires, franchit la Loire en entamant la pointe de Vile Char-
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lemagne. Du haut de cet ouvrage d'art, commencé en avril 1843, sous la direction de l'ingénieur Floucauld, on domine la vallée et le cours de la Loire, tantôt grève aride et desséchée, parsemée à peine de ruisselets et de flaques d'eau , tantôt torrent jauni et comme à l'étroit dans ses larges rives ; -y- en amont, les coteaux de Saint-Loup et de Saint -Jean de Braye, dont le clocher pointe au-dessus des luisettes et des peupliers de l'Ile Charlemagne tout avoisinée d'ilots; — en aval, à droite, la ville tout entière, ses huit églises, la tour de l'ancien hôtel de ville et la préfecture ; à gauche, le faubourg Saint-Marceau ; entre les deux, le pont de pierre, qui relie la ville au faubourg. On se trouve, au sortir du viaduc, sur la commune de Saint- Jeanle- Blanc (995 hab.), dont on laisse à droite le clocher et que l'on quitte, en franchissant, entre les septième et huitième poteaux kilométriques, deux débouchés supplémentaires du ruisseau de Bras-de-Bou, offrant passage aux inondations, le premier par 14, le second par 11 travées de 4 mètres chacune d'ouverture. Des divers cours d'eau que l'on rencontre, le plus important, le Dhuis venant de Vienne-en-Val, va se perdre à quelques pas de là dans la Gèvre, gouffre de 13 mètres de profondeur (voir cidessus p. 83). Des deux côtés s'étendent des champs plats et uniformes, semés d'usines et de villas. A droite l'horizon est borné par un bois dont les arbres forment un beau parc, au milieu duquel s'entrevoit le château de la Source, trop tôt caché par les haies touffues qui bordent le chemin. On sort d'une tranchée au milieu d'un semis de pins dont les beaux groupes ouvrent au regard de larges échappées jusque par delà la Loire.