‹ De Paris a AgenChapitre 41 sur 154 · STATION. — LA FERTE-SAINT-AUBIN · texte numérisé non relu

STATION. — LA FERTE-SAINT-AUBIN

13 kil. de Saint-Cyr. — ii3 kil. de Pans.— - 257 kil. de Limoges.

La Ferté-Saint-Àubin (2305 hab.) est le chef-lieu d'un canton qui comprend sept communes seulement et 6993 habitants. Le Cosson nait près de là, dans le canton môme, à Vannes, reçoit le Bourillon et le Dardé, baigne dans le Loir-et-Cher la Ferté- Saint-Aignan , traverse le parc de Ghambord et se jette dans la Loire, près de Candé, après un cours de 100 kilomètres, un peu en amont du confluent du Beuvron. Le bourg, situé sur la rive gauche, un peu en deyà et à 500 mètres au nord de la station, couvre les deux bords de la route impériale d'un double rang de jolies maisonnettes mi-partie de briques rouges ou noires, que domine l'église au toit noir et pointu. C'est aujourd'hui un centre assez considérable, animé par cinq foires, et dont une voie et un camp romains attestent l'importance antique. Son château, dans

D'ORLÉANS A LIMOGES

la première période du moyen âge, faisait partie intégrante d'un groupe de domaines, défendu par des forts ou fertés, que les vicissitudes des temps et la ruine des familles firent bientôt subdiviser. Le fief était complet encore dans la main de Pierre de Mornay, bailli d'Orléans sous Charles VII ; mais son créancier, Jean d : Étampes, eut pour lot (1485) la Ferté, qui devint Ferté- Senneterre, en passant par le mariage de sa fille (1522) à un chevalier de ce nom. La terre fut érigée en marquisat en faveur d'Henri de Senneterre, dont le fils fut créé maréchal en 1651. Des lettres patentes du 5 novembre 1665 en firent un duchépairie. — Il appartenait, en 1750, à Ulric-Frédéric-Woldemar de Lowendal, l'ami du maréchal de Saxe, et, comme lui, illustré au service de la France.

. Louis XV, avec le bâton de maréchal , avait par lettres patentes du 25 novembre 1747 donné au vainqueur de Berg-op- Zoom deux pièces de canon qui furent placées devant la porte de son château. Elles y restèrent jusqu'au jour où la garde nationale d'Orléans vint les y chercher (1791). La terre appartenait alors au marquis Valentin de Coué, neveu de Nicolas Bertrand, ancien armateur de Nantes, qui l'avait acquise en 1758 de la veuve de Lowendal. Sa fille épousa plus tard le baron de Talleyrand. En 1815 le château fut quelque temps la résidence du général Milhaud et del'état-major des 3 e et 4 e corps de cavalerie de l'armée de la Loire. Quelques mois après, il fut acquis par le fils de Masséna, le jeune duc d'Essling, dont la bibliothèque et les précieuses collections d'histoire naturelle sont restées célèbres. Ce fut un des rares propriétaires du pays qui prirent à cœur de payer d'exemple par l'importation des pratiques agricoles nouvelles et l'application intelligente des enseignements de la science. Le vicomte G. Reille, un des gendres de Masséna, a vendu la terre à un ancien négociant (1864). Une partie du domaine a été adjugée par lots. Le château, entouré de fossés que couronnent d'élégantes balustrades, est un grand corps de logis en briques et pierres de taille, flanqué de deux pavillons inégaux, celui de gauche formant saillie sur le jardin. Il comprend deux parties distinctes, dont l'une remonte au xui° siècle; l'autre a été construite de 1635 à 1650 environ sur les dessins

Page 1