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LA FERTÉ-SAINT-AUBIN

de Mansard, ainsi que l'attestent les titres du domaine déposés aux archives du Loiret par M. Reille. C'est sous Louis XV que furent élevés les pavillons des communs, surmontés de greniers, qui bordent à droite et à gauche la principale entrée. L'ancienne chapelle, en briques, a été détruite en mai 1864. Elle renfermait 33 cariatides de grandeur naturelle en bois sculpté et 23 stalles ou panneaux ornés de scènes de chasse, le tout provenant du château de Chevaux, le principal fief de la Ferté. Ces boiseries ont été

Château de la Ferté-Saint-Aubin.

mises en vente chez des brocanteurs de Paris. La rivière sépare l'orangerie des jardins attenants au château et le chemin de fer traverse, un peu avant la station, les fourrés de l'ancienne faisanderie.

L'église Saint-Michel, située dans le bourg même, avec une entrée particulière sur le parc, offre des restes assez bien conservés du xiii 0 siècle. La porte d'entrée, au pignon occidental, a été reconstruite dans le style de cette époque, vers 1845, sur les dessins de l'architecte Carteron.

92 • D'ORLÉANS A LIMOGES

L'ancienne paroisse était à Saint Aubin, gros village situé à un kilomètre plus loin, vers l'ouest, sur la route de Paris à Limoges, et dont, de la gare môme, on aperçoit sur la gauche l'église et son haut clocher carré (xv e siècle), contre-buté aux angles de doubles contre-forts. Le mur occidental de cet édifice conserve encore des restes de constructions du xii« siècle. La construction générale, plusieurs fois reprise et même sur des fondements nouveaux du côté nord et dans un axe différent de celui du premier plan, offre dans tout son ensemble un aspect d'irrégularité singulière. La sacristie, au nord du chœur, qui fait suite à un collatéral é cour té, est, comme cette partie de l'œuvre, du xv* siècle. Dans l'église on remarque un tabernacle en bois sculpté d'un beau travail. Le prieuré-cure de Saint-Aubin, qu'une simple ruelle sépare de l'église , dépendait de l'abbaye de Micy-Saint-Mesmin. C'est en apparence le bâtiment d'une modeste ferme.

Le village de Saint- Aubin est le centre de sept ou huit briqueteries, dont cinq de construction très-récente, qui consomment en moyenne 1200 bourrées de sapin acquises des propriétaires de la localité ou des environs, à charge par eux, d'après les marchés, de prendre un tiers du payement en produits des usines.

Au sortir de la Ferté, le chemin de fer, décrivant une grande courbe vers le nord-ouest, court de nouveau, le long d'un plateau dévasté, à travers les landes, les bois, les étangs, les mares. On est alors et depuis quelque temps déjà en pleine Sologne, contrée dont le nom seul réveille l'idée de misère et d'abandon. La région ainsi désignée est formée inégalement aux dépens des départements du Loiret, du Loir-et-Cher et du Cher, entre le Cher au sud et la Loire au nord, et embrasse environ 110 communes sur une étendue de 46 000 hectares dont plus de la moitié dépend du département de Loir-et-Cher. Le tracé môme du chemin de fer suit d'assez près la ligne de partage qui divise le pays en haute et basse Sologne, dont les points culminants dépassent de 200 mètres le niveau de la mer. Le sol de toute cette vaste contrée n'est qu'une mince couche de sable, de gravier ou de cailloux, reposant sur un lit tenace d'argile imperméable, où s'arrêtent les eaux pluviales pour s'y réunir deçà et delà en innombrables étangs, ou, qui pis est, en marécages

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