‹ De Paris a AgenChapitre 43 sur 154 · LA SOLOGNE · texte numérisé non relu

LA SOLOGNE

pestilentiels. La couche végétale varie dans les vallées de 2 à 6 centimètres; elle est moindre encore sur les plateaux. C'est le déboisement par les guerres et le libre pacage qui, ruinant ce pays, autrefois verdoyant, ont livré la terre aux bruyères, aux genêts, aux grandes fétuques rouges et aux ajoncs. La cupidité des anciens seigneurs féodaux, nobles ou abbés, trouva longtemps aussi tout profit à couper le sol d'étangs, sources de droits et de revenus inépuisables, qui ne coûtaient aucune culture.

Une ferme en Sologne.

De loin en loin apparaissent de rares maisons assises sur un sol humide, basses, mal closes, gîtes de fiévreux; quelques granges en terre dont l'aspect rappelait, il y a un siècle, à l'Anglais Young les masures du pays de Suffolk. Pourtant une population y vit et s'y renouvelle, en proportion môme supérieure à celle du reste de la France. Le pays est vaste et giboyeux; la place n'y manque guère encore. Un coin de terre , quelques maigres volailles, le poisson des étangs, l'aubaine vdu braconnage, c'est tout ce qu'il faut pour y vivre en l'absence de tout commerce et de toute

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industrie. Les trois quarts de la contrée appartiennent à la grande culture, qui ne se prête guère aux améliorations. Elles s'imposent pourtant, et dans un délai prochain sans doute auront tout renouvelé. Chargé, en 1850, par M. Dumon, ministre de l'agriculture, d'étudier les mesures à prendre pour la régénération de la Sologne, M. Brongniart proposait de cultiver 300000 hectares en bois de diverses essences, 100 000 hectares en terres arables et prairies artificielles, 40000 hectares en prairies naturelles, le surplus (20 000 hectares) représentant les routes et les chemins, les landes, les étangs. L'acquisition, en 1849, des domaines de la Motte-Beuvron et de la Grillière par l'empereur actuel , alors président de la république, a ouvert carrière aux projets et hâté les décisions, en même temps qu'elle payait d'exemple. Dès 1848, comme beaucoup d'autres travaux repris plus tard, un canal de dérivation de la Sauldre, partant de Blancafort, avait été entrepris par les ateliers nationaux. Il avait pour objet d'étancher les plateaux, d'irriguer les terrains qu'il domine et aussi de répandre sur tout son parcours les importants gisements de marne, situés a son point de départ. Une première section a été livrée à la navigation en 1857; une seconde, essayée en 1860, allait en 1862 jusqu'au Goudray, à 4 kilomètres de la limite du Loir-et-Cher, et devait aboutir près de la Motte-Beuvron, pour communiquer plus tard, par la canalisation du Beuvron, avec la Loire. Un contrat spécial passé par l'État avec la Compagnie d'Orléans assure d'autre part le transport des marnes à prix réduit par l'intermédiaire d'un entrepreneur subventionné, qui est tenu d'approvisionner onze dépôts entre la Ferté-Saint-Aubin et Theillay. En même temps les études sont terminées pour l'établissement d'un chemin de fer agricole de Gien à Montrichard, sur une étendue de 135 kilomètres, et qui desservirait Coulions, Argent, Aubigny, Salbris, Romorantin, Contres et Montrichard, toute la vallée de la Sauldre et une vingtaine de gares. Le projet n'attend pour se réaliser que la soumission des compagnies, qui n'ont pas manqué, mais dont les conditions proposées jusqu'à ce jour n'ont pas été jugées suffisamment économiques. Enfin un décret du 15 octobre 1861 a ordonné l'établissement de routes intérieures, ayant pour but spécial de desservir le réseau des canaux et des

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