SAINT-BENOÎT-DU-SAULT
gustins, transformé depuis en collège communal. De la promenade, qui en longe les murs, ou des jardins, une vue charmante s'étend sur les coteaux voisins. A 500 mètres s'aperçoit le petit castel de Montgarnaud, au-dessus d'un ruisseau limpide qui, coupé par un banc de gneiss, forme, un peu plus haut, de jolies cascatelles. On ne manque pas de les visiter, pour jouir, chemin faisant, du pa-
Porte de la ville de Saint-Benoît-du-Sault.
norama de Saint-Benoit, qui se déroule dans un pittoresque étagement. Le plateau supérieur est d'un aspect sauvage et de renommée légendaire comme résidence des terribles Martes, les plus dangereuses des fées. On n'y rencontre plus aujourd'hui qu'un dolmen dit de Muntborneau, et le moulin de la Croix-des-
D'ORLÉANS A LIMOGES
Rendes, décrits, comme tous les monuments du pays, dans les curieuses Études du docteur E. de Beaufort, qu'il a fallu nous contenter de résumer.
Le chemin décrit une forte courbe vers le S. E., laisse à droite Vigoux (825 hab.), à gauche Bazaiges (554 hab.) et ses fabriques de porcelaine, puis gagne, par une succession de tranchées et une rampe de 6 millimètres, un plateau en partie couvert de bruyères. La vue, dès qu'elle est libre, n'aperçoit que des herbages coupés d'arbres ou de haies basses, des landes arides et un pays de plus en plus triste à mesure qu'on approche d'Éguzon.
42« STATION. - ÉÛUZON.
il kil. de Célon. — 315 kil. de Paris. — 85 kil. de Limoges.
Hôtels : — de la Botde (FOr; — du Chêne vert.
Éguzon se trouve à 2 kil. 1/2 vers l'est de la station, au bord d'un plateau raviné par le ruisseau de Clavière. C'est un cheflieu de canton (1594 hab.) de l'arrondissement de la Châtre (41 kil.), assis autrefois aux confins extrêmes de la Marche et du Berry. Entre la route d'Argenton et le chemin de la gare se voient encore quelques murs en ruine de l'ancien château, des tours couvertes de lierre, les traces du fossé et les entailles du pont-levis. Véglise, autrefois placée à l'extrémité opposée du bourg, est ruinée. Celle qui doit la remplacer au centre même de l'agglomération est encore inachevée. En attendant la construction du clocher dont l'emplacement est seulement indiqué, la cloche pend et sonne dans la halle, qui avoisine l'église.
< Il est peu de gites aussi maussades en France qu'Éguzoa; 80 à 100 maisons, d'apparence plus ou moins misérable (à l'exception de deux ou trois dont nous ne nommons point les opulents propriétaires, de peur d'attenter à leur modestie), composent les deux ou trois rues et ceignent la place de cette bourgade fameuse à 10 lieues à la ronde par l'esprit procédurier de sa population et les difficultés de ses abords. » Ainsi débute le Péché de Af. Antoine, dont toutes les scènes s'encadrent au milieu de ces paysages moitié souriants, moitié terribles, où Georges Sand a passé une partie
ÉGUZON. — CROZÀNT. 179
de sa jeunesse, et qu'elle se pïalt tant à décrire. L'ouverture du chemin de fer a modifié quelque peu la physionomie extérieure du bourg. L'hôtel, unique autrefois, a aujourd'hui des concurrents achalandés, et les cafés y manquent moins qu'à Gargilesse. C'est que, grâce à la facilité des voyages, Ëguzon, comme Argenton, est devenu un centre naturel d'excursions et le séjour forcé des touristes qui, chaque année, parcourent cette région pittoresque, toute semée d'admirables ruines. En 30 min., on est à Châteaubrun, en 2 heures, par la lande et Cuzion, à Gargilesse (V. cidessus, p. 162). Il faut 1 heure 30 min. à peine pour gagner à pied Crozant, la plus imposante ruine du pays.