‹ De Paris a AgenChapitre 84 sur 154 · STATION. — FROMENTAL · texte numérisé non relu

STATION. — FROMENTAL

» kil. de la Souterraine. — 350 kil. de Paris. — 50 kil. de Limoges. .

. La station a été placée dans un site isolé, presque en plein désert. Le bourg de Fromental (1283 hab.), dépendant du canton de Bessines (7 kil.) et de l'arrondissement de Bellac (32 kil.), s'élève sur la droite, à 2 kilomètres à Test, près de la Semme, affluent de la Gartempe. Un vieux castel, entouré de fossés et appartenant encore à la famille qui en porte le nom, est tout ce que Fromental peut offrir d'intéressant. Mais la station est une tète de ligne importante pour le service du courrier qui dessert la meilleure part de l'arrondissement par Atorterolles, petit bourg abandonné aujourd'hui, autrefois passage fréquenté dos

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grandes lignes de diligences, des troupeaux de bœufs et d'un immense roulage, Bessines, Châteauponsat et Rançon, le long du plateau qui suit la rive droite de la Gartempe. Cette rivière, née an cœur du département de la Creuse, s'écoule à peu près en droite ligne de l'est à l'ouest jus'qu'à la hauteur de Bellac, dans une déchirure profonde qu'elle s'est péniblement creusée et où se succèdent les paysages les plus abrupts et les plus sauvages, entremêlés de coteaux stériles et pierreux ou surmontés de champs fertiles. A l'époque où le pays de France s'arrêtait à quelques pas de Bourges et de Poitiers, la Gartempe en traçait la limite. Sur sa rive droite s'élevaient les villes murées ou les châteaux forts de Châteauponsat, de Magnac-Laval , du Dorât avec son admirable église crénelée, de la Perrière, de La Côte-au-Chapt; sur la gauche, Rançon, chef-lieu peut-être des Andecamulerises, dont une inscription unique y a conservé le nom, Bagnac, et au nord, à cheval sur le cours de l'eau, Montmorillon. Au N. 0. "de Bellac, au confluent du Yincou, la Gartempe changeant de direction, coule droit vers le nord , traverse le département de la Vienne et va se jeter dans la Creuse après un cours de 170 kilomètres.

On traverse, après Fromental, d'abord un bois, puis de maigres pacages ou de vastes landes parsemées de blocs de granit, hérissées de grandes bruyères et où chaque printemps se balancent sur leurs hautes tiges cylindriques les fleurs verdâtres des asphodèles. La vue, "bornée à gauche, plonge à droite sur de beaux coteaux boisés, puis se renferme dans une série de courbes, de remblais et de tranchées. En face apparaît un instant le panorama des montagnes de Saint-Goussaud et du Puy-des-Échelles. Sur la droite se détache la voie de Poitiers par Montmorillon et le Dorat, qui doit, sur ce point, se raccorder, en 1867, avec la ligne de Limoges et l'emprunter jusqu'à Saint-Sulpice. Tout à coup on atteint le bord du plateau et Ton domine de 53 mètres la vallée de la Gartempe sur l'admirable viaduc de Rocherolle, formé de 8 grandes arches à double étage superposé sur une longueur de 187 mètres. C'est l'œuvre d'art la plus monumentale que présente la ligne de Paris à Agen, mais qui ne surpassé pas, quoi qu'en puisse penser et dire l'enthousiasme limousin, le fameux pont du Gard. Les travaux y présentaient des difficultés particulières.

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L'entrepreneur, après force recherches, désespérant de rencontrer la pierre à sa portée, avait déjà résilié son contrat, quand on s'avisa de fouiller sur remplacement même, et Ton trouva audessous de la première couche de la roche un magnifique gisement dont les hlocs dépassent souvent 3 et 4 mètres d'épaisseur. Du haut de la balustrade à jour et garnie de niches d'évitement, suspendues à l'extérieur en cul-de-lampe, on découvre la Gartempe et la vallée encaissée profondément dans des roches dont on suit la ligne à l'ouest jusqu'à l'extrême horizon vers Cbâteauponsat. En amont, près d'un pont de bois, s'entrevoient les ruines noires d'un vieux pont de pierre, les collines du confluent de l'Ardour et dans le lointain les montagnes d'Aubusson.

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il kil. de Fromental. — 361 kil. de Paris. — 39 kil. de Limoges.

Une belle futaie de châtaigniers, aux formes bizarres et gigantesques, fait face à la station de Bersac (1658 h.) qu'abritent les côtes boisées des Échelles, dont le point culminant est de 685 mètres au-dessus du niveau de la mer. — A3 kil. vers le N. E., au sommet d'une colline, qui borde l'Ardour, s'élève l'ancien château de Chambon; à peu près à distance égale se trouve le village de Laurière, deux fois plus éloigné de la station qui portait son nom.

Que l'on traverse, sans s'arrêter, le groupe des maisons de Bersac. Voici la vraie montagne, le vrni granit et le vrai patois. C'est une route aux mille détours, aux capricieuses descentes, aux rudes montées, qui rase le flanc des côtes arides ou semées à peine de rares bouquets de verdure et de maigres pâturages ; mais elle mène aux riches et célèbres carrières de Chanteloube (6 kil.). Là, sur une superficie de plusieurs kilomètres carrés, se rencontre, enchâssé dans le granit commun du pays, un gisement des plus curieux, abondant en espèces rares ou même inconnues et spéciales à cette formation. Ainsi, outre le grenat, le béryl-émeraude, la columbite, la bayérine, espèce très-rare, qu'on n'avait encore trouvée qu'en Amérique et en Bavière, un rapport lu au Congrès scientifique de Limoges en 1859 y signale la triplite y double phosphate de fer et de manganèse, la triphyline, triple

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phosphate de fer, de manganèse et de lithine, et quantité d'autres espèces entièrement nouvelles et qu'aucun autre fonds n'a encore aujourd'hui fournies. Le granit de Chanteloube r dit granit à grandes parties, diffère môme du granit commun par l'état d'agrégation particulier du quarts, du feldspath et du mica, qui, au lieu de former un mélange confus, s'y sont établis par masses distinctes, souvent sur une profondeur de 10 mètres cubes. On y exploite aussi des gisements de feldspath, non caolinisé et simplement désagrégé, pour la fabrication des boutons dits de porcelaine.

La voie de fer dépasse Nouaille (185 hab.), puis décrit une courbe vers le S. E. pour longer le pied des montagnes dont les pentes s'ombragent d'énormes châtaigniers. Plusieurs tranchées taillées en plein granit aboutissent au tunnel de Combeau, au sortir duquel on plonge d'en haut sur les combes sinueuses et les bois; puis le paysage reprend sa monolonie. Depuis le viaduc de Rocherolle on a gravi une rampe de plus de 50 mètres.

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