‹ De Paris a AgenChapitre 87 sur 154 · GRANDMONT · texte numérisé non relu

GRANDMONT

et demie de marche, celui qui conserve le grand nom de Grand» mont. Sur ces hauts et nus plateaux de granit, au repli d'un vallon, dont plus tard ils emprisonnèrent les eaux dans une série d'étangs pour les peupler et les faire servir à la création de plantureuses prairies, les disciples de saint Étienne de Muret déposèrent les restes de leur maître vénéré et jetèrent les fondements de l'abbaye de Grandmont, orgueil et gloire de la patrie limousine. Elle ne fut complètement abandonnée qu'en 1772, et son trésor, réparti alors par l'évêque lui-même, suffit à enrichir les principales églises du diocèse. Celle de Saint-Sylvestre, paroisse du lieu, a hérité ainsi et conserve un curieux reliquaire du xiii c siècle en argent doré et le buste en argent du fondateur de l'abbaye. Les matériaux des bâtiments furent utilisés en 1821 dans la reconstruction de l'ancienne abbaye bénédictine de Limoges, convertie en prison centrale pour le logement de bénédictins et de bons hommes d'espèce nouvelle. 11 ne reste aujourd'hui de Grandmont pierre sur pierre, qu'un portail délabré, quelques pans de murs sans caractère et les assises des fondements , où se reconnaît encore facilement le plan de l'antique édifice. Mais autour de ce village perdu, habité par des cloutiers, la vue s'étend à travers la plaine d'Ambazac, les landes, les bois, les cultures, les maisons couvertes de tuile ou de paille et les villas limousines jusque par delà Saint-Léonard et Limoges, ou de l'autre côté de Grandmont, dans les mille accidents de la montagne nue, âpre et sauvage, jusqu'aux abords de la Gartempe. C'est un des plus beaux sites du Limousin et qui réunit, outre l'orgueil des souvenirs, tous les traits caractéristiques des paysages du pays.

On dépasse, au sortir d'Ambazac, le petit hameau de Muret, où mourut saint Étienne, fondateur de Grandmont; puis, à travers une crête de granit, qu'entr'ouvrent de nombreuses tranchées, on atteint les deux petits tunnels de Nouaillas, percés dans un banc de diorite d'une dureté extrême. On ne retrouve plus à droite qu'un plateau semé de bosquets de chênes et de châtaigniers ; à gauche des courbes verdoyantes descendent vers le Taurion et la Vienne, au confluent desquels a été bâtie la station de Saint-Priest-Taurion.

D'ORLÉANS A LIMOGES

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