I« STATION. — SAINT-PRIEST-TAURION
6 kil. d'Ambazac. — 388 kil. de Paris. — 12 kil. de Limoges.
La station, située au village des Bardis, ne comprend encore que des baraquements en planches, sans constructions. Tout auprès, entouré de bois, s'élève le magnifique et somptueux château moderne de Bord. Le village de Saint-Priest en est distant d'au moins 5 kilomètres. Il couvre une langue de terre qu s'avance à la rencontre du Taurion et de la Vienne. Véylise, restaurée en 1490, possède une belle croix émaillée. Le pont qui l'avoisine a été élevé par les moines de Grandmont sur remplacement, dit-on, d'un ancien pont romain. Entre Saint-Priest et Ghassagne se rencontre une borne de justice élevée au xv* siècle par les consuls de Limoges et longtemps signalée comme une pierre milliaire.
Tout près des Bardis, un beau viaduc de six arches, dont une a, sous clef, 34 mètres de hauteur, traverse un profond ravin et le ruisseau du Palais. Le bourg de ce nom se cache un peu plus bas, à gauche, au confluent môme du ruisseau dans la Vienne. On y exploite un gisement assez important d'argile et de terre à porcelaine. C'est aussi l'emplacement probable du palais impérial de Jovenciacus, où Louis le Débonnaire tint une diète en 832. Il n'en existait plus trace déjà au xm« siècle. La voie romaine de Limoges à Argenton y passait et a, ou peu s'en faut, été empruntée par le chemin de fer. Au nord, sur une colline, le château de Peuriol domine la Vienne, et non loin de là se cache le village de Panasol) dont l'église possède encore, mais dans un état de délabrement complet, une série de vitraux exquis représentant, en huit tableaux, la vie de saint Jean-Baptiste.
Au delà du viaduc, une profonde tranchée pénètre dans un beau granit stratifié ; puis apparaît par échappées la Vienne, dont la voie ferrée longe désormais la vallée profonde. De l'autre rive s'étagent de hautes collines aux longues pentes en partie boisées. Les cultures plus étendues, les fermes plus agglomérées, les lignes d'arbres fruitiers, les jardins, les maisons de plaisance, qui se pressent le long du chemin ou s'éparpillent sur les pentes, annoncent l'approche d'une grande ville. La voie, décrivant une