STATION. — LIMOGES
12 kiL de Saint-Priest. — 279 kil. d'Orléans. — 400 kil. de Paris. <*9 kil. de Périgueux. — 251 kil. d'Agen.
Renseignements généraux. — Direction.
Hôtels : — de la Boule- d'Or; — RicMieu ; — de France ( voitures pour Pierrebuffière et Saint-Germain; — du Përigord (omnibus pour Rochechouard) ; — du Chariot-d'Or (voitures pour Saint-Junien; omnibus pour Aixe, 4 départs) ; — de V Aigle d'Argent.
Bains : — Rue Neuve-Sainte-Valérie, pont Saint- Martial, pont Neuf.
Restaurant: — de Paris, rue du Canard, 2.
Voitures pour : — Eymoutiers (départs à 5 h. du mat., à 9 h. du soir et à midi) ; — Bellac (5 h. du mat.; 5 h. du soir); — Poitiers (5 h. du mat.); — Saint-Junien (4* h. 1/2 du mat., 5 b. du soir; 6 h. 45 du soir) ; Angoulême (6 h. 45 du soir) ; — Rochechouart (4 h. 1/2 du mat.) ; — Confolens (4 h. 1/2 du mat.).
Voitures a volonté. — Lacour, boulevard Montmailler, 1 ; — Laroudie, avenue de Juillet; — Darvier, faub. Manigne, 5.
Télégraphe électrique. — Place Royale, 4.
Poste aux lettres. — Boulevard Montmailler, 8.
Succursale dk la banque. — Boulevard de la Pyramide.
Imprimeurs-libraires. — Ardant, rue de la Terrasse et rue des Taules; — Barbou, rue Puy-Vieille-Monnaie , 2; — Chapoulaud, rue Montant r Manigne; — Châtras, rue Turgot ; — Ducourticux (veuve), rue Monteà-Regret éditeur de l'excellent Almanach Limousin, dont les premières années forment déjà une précieuse collection.
Libraires. — Marmignon, place des Bancs; — Chaumont, place Royale ; — Mérimée , rue de Paris , 5.
Direction. — La gare de Limoges çst construite sur un sol en codtre-bas et marécageux, presque sur l'emplacement de l'ancienne église Saint-Paul, que traverse l'avenue même où débouche l'embarcadère. Le pavillon du milieu, bâti en pierre de Chabenet, est décoré de fines sculptures. Les quais d'embarquement sont recouverts par une toiture que supporte une charpente en partie de bois, en partie de fonte et de fer, remarquable par sa hardiesse et sa légèreté, en môme temps que par l'art qui en a su dissimuler la force.
Au sortir de la gare, le voyageur voit à sa dr. le Champ de Juillet, à g. la maison de détention ; en face de soi, la place Tourny, d'où, laissant sur la g. la cité, la cathédrale, l'évêché, la Vienne, une large voie, dite paris a agen. 14
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Boulevard de la Promenade, conduit directement, par les places de la Boucherie et Manigne, à la Mairie, située entre l'hôpital civil et les casernes. Un vaste boulevard descend de là au pont Neuf, entre les deux vieux ponts, ou remonte et circule autour de la ville en changeant plusieurs fois de nom, avant de se relier au Champ de Juillet. Dans l'espace que sa courbe embrasse, s'encadre l'ancienne ville, au cœur de laquelle on peut pénétrer, en inclinant légèrement à dr., au sortir de la place Tourny, — soit en suivant le boulevard de la Pyramide , qui passe le long de la place Royale et va aboutir par le boulevard Monimailler à la place Dauphine, centre des voitures et des hôtels; — soit, après avoir contourné l'église Saint-Pierre, en gagnant la rue du Consulat et la rue Centrale, d'où rayonnent les vieilles et sombres ruelles, chères au commerce et à l'industrie.
En dehors de ce groupe de voies étcoites et sinueuses, s'étagent, au N., les places d'Orsay, Daine, des Carmes, le champ de Foire, et plus loin à l'O., au-dessus du Champ de Juillet, les fabriques et les usines, dans des quartiers renouvelés.
Histoire.
Limoges, quoique César De nomme que son peuple, est une ville ancienne, métropole dès l'époque de la conquête romaine, de la confédération des Lemovices. Sa puissance au moins est attestée par le contingent qu'elle fournit à l'armée nationale qui allait secourir Alesia. Son chef Sedulix, qui périt dans le combat suprême, y avait amené dix mille soldats, contingent supérieur en nombre à celui des cités de ^Tours, de Poitiers, de Paris, égal au contingent des Bellovaques, les plus puissants des Celtes. César vainqueur laissa au fils de Sedulix, Duratius, affidé constant des Romains, le gouvernement delà cité et des pouvoirs semblables à ceux d'un proconsul. Limoges fut, au témoignage de Strabon, une des soixante villes qui élevèrent un autel à Auguste, sous les murs de Lyon, au confluent du Rhône et de la Saône, et qui obtinrent de prendre le nom du prince (742 de la fondation de Rome). Elle s'appela à ce titre Augnstoritum jusqu'au iv« siècle, époque où elle reprit le nom de son peuple, à l'exemple des autres cités. Les premiers empereurs l'avaient enrichie de privilèges et de fastueux édifices. Elle avait un sénat particulier, jouissait du droit de battre monnaie, et les travaux modernes retrouvent chaque jour les traces
de ses palais, de ses bains, de son théâtre et de ses temples. Deux légions y tenaient garnison sous Antonin qui fit terminer l'amphithéâtre commencé par Adrien. La position centrale de cette ville en avait d'ailleurs fait dès lors, par le commerce et l'industrie, un carrefour des routes les plus importantes de Bordeaux, de Bourges, de Poitiers, de Saintes, de Périgueux, de Clermont-Ferrand.
La décadence commença sous Domitien. A la suite d'une violente sédition, tous les privilèges des Lemovîces furent abolis. La grande prédication de saint Martial et le succès de sa foi ardente n'étaient point faits pour recommander la ville aux faveurs officielles. Vinrent les Barbares, les Vandales d'abord, puis les Wisigoths, qui avec le pillage et les désastres de la guerre amenaient les misères de l'hérésie. Vainqueur de ces derniers, le roi Clovis s'arrêta quelques jours à Limoges (507), et la reine Clotilde accoucha à quatre lieues de là, à Nobiliacum, près de la forêt où priait pour sa délivrance le saint ermite Léonard.
C'est vers ces premières années du vi e siècle que fut enclose la cité, qui renfermait déjà l'abbaye de la Règle, l'évéché, la cathédrale, et plusieurs autres églises. Clovis, en partant, institua à Limoges des comtes particuliers, au nom de son fils Thierry à qui il venait de donner l'Aquitaine. Limoges, comprise dès lors dans le partage de l'héritage royal, dut à cet honneur d'être deux fois dans le cours du vi° siècle pillée et mise à sac. La paix n'amena que des exaclions et par suite les révoltes où se signalèrent l'évêque Ferréol et le comte Dumnolet, mort en combattant contre les Francs. Après les invasions sarrasines , la guerre de l'indépendance, soutenue par Waifer contre le roi Pépin, livra de nouveau le pays pendant sept ans (760-767) à toutes les colères d'un ennemi vainqueur. En 832, Louis le ' Débonnaire assista en grande pompe à la consécration de la nouvelle église de Saint-Sauveur, qui prit alors le nom de Saint-Martial. Quatre ans plus tard, revêtu de la haire et suivi d'un cortège de trois cents nobles pénitents, il revenait au tombeau* de l'apôtre le remercier de sa victoire sur ses enfants. Dans un dernier voyage en 838, il fit couronner son fils Charles roi d'Aquitaine, dans l'église Saint-Étienne, suivant un
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cérémonial dont cette église seule avait le privilège et la tradition consacrée. Dans les années les plus tristes de l'histoire, le chef souverain de l'Aquitaine, avant d'exercer son pouvoir nouveau, ne manqua pas d'en venir recevoir les insignes dans cette métropole du Midi. Il ceignait son front d'un cercle d'or, revêtait la chlamyde, passait à son doigt l'anneau de sainte Valérie, chaussait les éperons d'or, et tenant d'une main l'épée, l'étendard de l'autre, jurait de maintenir les immunités de la ville.
Les invasions normandes anéantirent par deux fois Limoges d'où avaient fui les habitants emportant les saintes reliques. La tranquillité revenue, on se reprit à bâtir et à se fortifier, l'.'bbé de Saint-Martial d'un côté, l'évêque de l'autre, dans la cité ou dans le château. Deux villes se formaient ainsi, chacune enfermée dans son enceinte et dans l'orgueil exaspéré d'intérêts rivaux. Dès 988, le château fut ruiné par Guillaume duc d'Aquitaine. En 1103, la ville brûla et Tannée suivante l'hostilité permanente entre la ville et la cité fit mieux que l'incendie pour la dévastation commune. Une partie de la cité fut détruite : Saint-Étienne, la Règle, Saint- Maurice, Saint -Dummolet, Saint-André.
Vers la fin du xn« siècle, la domination anglaise, importée par le mariage d'Éléonore avec Henri Plantagenet, en mettant à la charge du pays les luttes et les discussions de famille, du père et du fils, des frères, des époux, devint une source de misères sans fin pour les citadins et les bourgeois, sans cesse armés en guerre.
Confisquée sur Jean sans Terre, Limoges redevint française sous Philippe Auguste, jusqu'à ce que Louis IX, signant une paix perpétuelle avec Henri III, la lui remit avec une partie de l'Aquitaine, à la seule charge de l'hommage (1259). Le traité de Brétigny (1360) fit même abandon de ce faible témoignage de ' souveraineté.
Dès les premiers jours de la guerre de Cent ans, des combats acharnés se livrèrent sous les murs de Limoges. A l'instigation de l'évêque Jean de Groson, la cité avait ouvert ses portes aux Français, tandis que la ville restait anglaise. Le prince Édouard de Galles jura de prendre une vengeance terrible des traîtres.
Malade, V se fît porter en litière pour assister au siège (1370). « Messire Jean de Villeneuve, messire Hugues de la Roche, ef Roger de Beaufort, qui gardoientla cité et qui capitaines estoient reconfortoient grandement les gens, quand esbahis les véoint et disoient : « Seigneurs, ne vous effrayez de rien, nous sommes forts « et gens assez, pour nous tenir contre la puissance du prince. « Par assaut ne nous peut-il prendre ni grever, car nous sommes c bien pourvus d'artillerie. » Le prince de Galles mit les mineurs au pied des murailles. Au bout d'un mois, sur son signal, un grand pan de murs s'effondrait en comblant les fossés et livrant passage, « Et puis entrèrent pillards à pied, qui estoient tous appareillés de mal faire et de occire hommes ec femmes et enfants; et ainsi leur estoit-il commandé. Là eut grand pitié ; car hommes et femmes et enfants se jetoient à genoux devant Je prince et crioient : < Mercy, gentil sire! » Mais il estoit si enflammé d'ardeur que point n'y entendoit. Ni nul ni nulle n'était ouie, mais tous mis à l'épée, quant que on trouvoit et encontroit ceux et celles qui point coupables n'en étoient. Ni je ne sais comme ils n'avoient pitié des pauvres gens, qui n'estoient mie taillés de faire nulle trahison. Il n'est si dur cœur, s'il fut adonc en la cité de Limoges et il lui souvint de Dieu, qui n'en plourast tendrement du grand meschef qui y estoit; car plus de trois mille personnes, hommes et femmes et enfants, y furent décollés cette journée. Dieu en ait les ames! car ils furent bien martyrs. » (Froissard).
Une petite troupe, Villeneuve, la Roche et Beaufort en tête, tint pied résolûment et allait être écrasée jusqu'au dernier homme, quand le prince Noir, touché de ce courage, admit les survivants à rançon. Mais la cité brûlée, pillée et démantelée n'avait plus même, dix ans plus tard, un hôtel convenable pour loger le nouvel évêque, successeur de Jean de Croson, qui dut s*estimer trop heureux d'avoir la vie sauve.
Le 2k avril 1372, Louis de Sancerre, maréchal de France, n'en recevait pas moins, à Limoges même, le serment solennel que les consuls, bourgeois et notables prêtaient en ses mains au roi de France.
Les premiers troubles de la réforme éclatèrent à Limoges dès
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1560, par des scandales et des rixes pendant les processions. La ville fut bientôt entourée de prêches qui s'installèrent jusque dans l'église de Sainte-Valérie et à Saint-Gérald, dans le jardin de Thospice. En 1564, Jeanne d'Albret, logée au château de Breuil (aujourd'hui la préfecture), fît enlever par ses Suisses la chaire de Saint-Martial, pour le service de ses ministres huguenots. Malheureusement ces temps de luttes et d'ardent prosélytisme furent ici, comme dans toute la France, le temps des pestes et des misères publiques. Les contagions de 1584 et de 1586 furent d'autant plus désastreuses que la terre était nue, les greniers vides et la famine partout comme la guerre.
La Ligue vint ajouter ses fureurs à tant de calamités. Dès le jour même des obsèques d'Henri III, Pévêque, avec trois ou quatre officiers et un échevin, prit parti contre le conseil de ville resté fidèle au roi. La fermeté d'un poste de garde tint en échec, dès le début, la sédition, qui, cernée dans la cité, dut capituler et livrer ses chefs les plus compromis (17 octobre 1589). Le duc d'Épernon, avec deux mille arquebusiers, vint enfin rétablir l'ordre dans la ville, épuisée par trente années de luttes intestines et de misère.
Le 14 octobre 1605, Henri IV fit son entrée à Limoges, où il demeura jusqu'au 28 du môme mois. Les honneurs les plus touchants lui furent rendus, comme pour faire oublier les conspirations qu'à cette heure même il était obligé de châtier autour de lui.
La Fronde excita à Limoges quelques émotions vives mais sans conséquence et qui furent oubliées dans les horreurs d'une peste terrible, qui, (le 1630 à 1631, emporta plus de 20 000 personnes de la ville. Les rigueurs et les exactions de l'intendant Frémin s'ajoutèrent à ces calamités dont Limoges ne se relevait qu'avec peine après un instant de repos sous l'intendance d'Henri d'Aguesseau, père du chancelier, quand l'administration intelligente de Turgot , s'éclairant d'un esprit nouveau et supérieur aux errements antiques, vint ouvrir au pays des voies inconnues de prospérité. La création de routes macadamisées, les plus belles du royaume, de canaux, d'usines de tout genre, l'introduction de cultures fécondes, la suppression de la corvée, la répartition de