‹ De Paris a AgenChapitre 94 sur 154 · LIMOGES. — PLACES. — PROMENADES · texte numérisé non relu

LIMOGES. — PLACES. — PROMENADES

aticun conduit d'eau qui y aboutit. Lors du percement, en 1840, de la rue de V Amphithéâtre, en dehors de la courbe des constructions antiques et dans un chantier voisin, au milieu de débris divers, notamment d'ossements d'animaux, on arencontré une tombé ayant la forme d'un œuf colossal, posé sur un piédestal, avec une inscription qui l'a fait regarder comme celle d'un gladiateur nommé Ixter. Cette tombe est déposée au Musée départemental, ainsi qu'un vase de bronze plein de cendres, trouvé dans les substructions. La place d'Orsay, qui forme un angle en retour d'équerre et d'où l'on domine des deux côtés un horizon varié, a longtemps joui de toutes les faveurs de la mode, grâce à ses ormeaux ombreux et à sa vaste vue. Mais la construction du Palais de justice l'a détruite en partie en môme temps que séparée de la ville et masquée ; bon nombre d'arbres ont péri ; d'autres lieux de rendez-vous se sont formés. Il était question, récemment, d'y établir un jardin anglais, quelque square parisien, c'est tout un, avec des fleurs, des arbustes et l'éclairage au gaz, qui lui a manqué trop longtemps pour sa réputation compromise. Tous ces projets ont dû se surbordonner aux plans de la nouvelle préfecture, qui en envahirait la meilleure partie.

La place Daine, construite sur un plan uniforme et régulier, doit son nom à l'intendant qui la fit commencer. Elle n'estséparée de la précédente que par le Palais de justice. Deux petits jardinets s'étalent à dr. et à g. de la place, en face des ruines accumulées par le dernier incendie, qui en a dévasté tous les abords.

La place Toumy, remaniée déjà trois ou quatre fois avant les travaux actuels, forme un parallélogramme parfait ou carré long à pans coupés, bordé de larges trottoirs, et promet de devenir un jour la plus belle place de Limoges. Depuis l'ouverture du chemin de fer, elle sert de débouché à la gare. Sur un des côtés s'élève l'hôtel de la division militaire ; — au centre la statue du maréchal /owrJan, par Élias Robert, inaugurée le 30 septembre 1860. Le socle, en beau granit rose, porte sur deux de ses faces le nom des victoires qui ont illustré le héros limousin. La statue, haute de 3 met., le représente en costume de général de la Béubplique , prêt à tirer son épée du fourreau pour la défense de la patrie. La tête, belle et simple, offre un caractère d'énergie

et d'honnêteté, où rayonnent les convictions généreuses de la grande époque révolutionnaire.

C'est au Champ de Juillet qu'ont lieu les manœuvres militaires, les fêtes publiques, la foire célèbre de la Saint Loup. La ville, qui avait acquis ce terrain inculte, le fit niveler et border d'ormeaux en 1830, et, aux deux extrémités, de tilleuls, que des terrassements nouveaux n'ont malheureusement qu'en partie épargnés. Une allée transversale de 1 4 mèt. s'ouvre à dr. et à g. du cours Vergniaud, reliant deux allées latérales de même largeur, qui aboutissent à une esplanade en demi-hexagone, ornée d'une élégante balustrade en pierre. Le milieu de cette esplanade est occupé par un jardin à la française, entouré d'une grille à hauteur d'appui. La vue embrasse de ce point une partie de la ville et la masse de la cathédrale, et domine tout le mouvement de la gare. Un escalier à double révolution et à quadruple palier, dont les rampes se succèdent en inflexions harmonieuses, descend dans le mur du fond et conduit, d'un côté , à l'embarcadère du chemin de fer, de l'autre, à la route d'Ambazac. A l'extrémité opposée, une large voie, dite avenue de Juillet, forme un débouché grandiose jusqu'à la rencontre du boulevard Monimailler et de la place Dauphine. Dans ces conditions et en attendant même que les ormeaux ou les tilleuls grandissent, le Champ de Juillet offre une promenade magnifique et digne de la ville nouvelle qui se construit aux alentours.

Le Champ de foire est, depuis 1831, établi le long de la place d'Orsay, dans 1 ancien cimetière de la ville, où s'élevait autrefois la chapelle Saint- Antoine. Il vient d'être augmenté de terrains voisins, nivelé et raccordé avec la rue de la Mauvendière , qui a été transformée en une avenue de 16 mèt. Mais ses destinées risquent d'être encore profondément modifiées par les projets d'appropriation de la nouvelle Préfecture.

Des nombreuses fontaines qui encombraient autrefois, sans les puriûer, les carrefours de Limoges, trois seulement ont trouvé grâce devant les sévérités trop justifiées de l'édilité. La fontaine de la Boucherie n'est qu'une pompe sale et boueuse; celle des Barres a remplacé, en 1615, un puits qu'entouraient des barres de fer, et où l'on atteignait l'eau autrefois avec un crochet long

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