LIMOGES. — FONTAINES. — CATHÉDRALE
de 4 mèt. C'est une simple pyramide portée par un cube de maçonnerie et surmontée d'une boule. La seule fontaine remarquable de Limoges est la fontaine d'Aigoulène , qu'une tradition prétendait construite au vm e s., par un Sarrasin nommé Aigolan, du produit de la vente d'un chariot d'or enrichi de pierreries. Les latinistes tirent plus simplement le nom d'Aigoulène de deux mots connus, aqua lenis, transformés par le patois : aïgo leno. Le bassin est creusé dans un monolithe de 12 mèt. de circonférence , qui remonte, paralt-il , au nn e s. Cette fontaine prend sa source à 3 kil. de là, au village de Corgnac et s'alimente par un aqueduc encaissé de J5 à 20 mèt. et large de 1 mèt. 17 c, sur 1 mèt. 66 c. d'élévation. • »
Avant 1789, des lions et des dauphins, entourant une statue de saint Martial de grandeur naturelle, lançaient l'eau qui s'échappait de la cuve par une douzaine de jets percés dans le massif. Aujourd'hui un appareil hydraulique, simulant une coupe renversée, a remplacé le groupe central et sert de socle à une informe statuette de saint Martial, qu'une main inconnue mutila en 1862. Cette profanation fut un scandale public que la confrérie des bouchers voulut réparer, en 1863, par une procession solennelle. Dans l'incendie de 1864, un boucher recueillit, dit-on, cette statuette et la préserva. Quelqu'un peut-être un jour s avisera-t-il de la remplacer par un modèle de meilleur goût. Le conseil municipal a, depuis longtemps, mis à l'étude un projet d'ensemble pour l'aménagement des eaux.
Édifices religieux.
Avant 1790, Limoges possédait, outre la cathédrale, 13 églises paroissiales, 2 séminaires, 5 abbayes, dont 2 de femmes et 18 communautés qui couvraient des quartiers entiers d'une ville alors peupléeseulement de 24 000 habitants.
Saint-Étienne, aujourdhui cathédrale de Limoges, est, au rapport de M. l'abbé Arbellot, qui en a raconté l'histoire dans de consciencieux travaux , le sujet d'étude le plus intéressant qu'un archéologue puisse trouver, comme œuvre architecturale, dans toute la province du Limousin. C'est la seule église qui y soit construite dans le style ogival parisien. Elle est située à l'extré-
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mité de la plate-forme qui 'domine le cours de la Vienne. Les fondations laissent voir encore des blocs et de nombreux débris de la basilique primitive qui, suivant la tradition, aurait été transformée par saint Martial lui-môme en un temple chrétien. Une église romane, commencée au xi e s. (1012) par l'évêque Hilduin, la remplaça. Il s'y tint, dès 1029 et 1034, deux conciles provinciaux; mais elle ne fut consacrée que le 29 décembre 1095 par le pape Urbain II. Moins de dix années plus tard (1102), elle était détruite par un incendie, dans une de ces querelles si fréquentes entre les habitants de la cité et du château. La première pierre de la cathédrale actuelle fut posée le 1 er juin 1273. Pour activer les travaux un moméht ralentis, l'évêque Raynaud de la Porte accorda à l'œuvre la moitié des revenus des cures qui viendraient à vaquer pendant six ans et 40 jours d'indulgences aux fidèles qui visiteraient l'église et y feraient une aumône pour rédifice (1316). Ces libéralités furent continuées par ses successeurs. Le chœur ne fut pourtant terminé qu'en 1327, la façade et la rose en style rayonnant du croisillon méridional, vers 1350, et plus tard encore les deux travées de la nef, dont le style ogival flamboyant accuse la fin du xv* s. La porte latérale du N. 0., la voûte même du transsept portent les armoiries des deux Barton de Montbas, évêques de 1457 à 1510. La façade N. du transsept, ornementée sous l'épiscopat de Philippe de Montmorency et de Villiers de l'Isle-Adam, se distingue, entre toutes les grandes œuvres de l'architecture limousine, par un luxe et une profusion de détails d'une perfection infinie. Repris au xvi - s. (1527) par Pévêque Jean de Langeac, continués par son successeur Jean Dubellay, les travaux furent définitivement suspendus sous l'Italien César de Borgnonibus (1554). C'est seulement dans ces derniers temps (1847-1853) qu'une restauration complète de l'édifice, comprenant l'achèvement des parties d'œuvre abandonnées, a été entreprise avec suite et sans interruption par le gouvernement sous la direction de M. Chabrol. La restauration de la façade principale est terminée depuis 1851. Le couronnement, qui est moderne, fait honneur au goût et à l'habileté de l'architecte. Deux clochetons s'y relient entre eux par une galerie bordée d'une élégante balustrade que divise, par la moitié de sa largeur, le pro-