‹ De Paris a AgenChapitre 96 sur 154 · LIMOGES. — CATHÉDRALE SAINT-ÉTIE N N E · texte numérisé non relu

LIMOGES. — CATHÉDRALE SAINT-ÉTIE N N E

longe ment des rayons d'un arc gothique, au large fleuron épanoui. ,

Les porte s en bois du portail Nord, où sont figurés le martyre de saint Etienne et celui de sainte Valérie, ont été remises en état par le sculpteur limousin Nalbert. ♦

De la plate-forme qui recouvre les collatéraux du chœur et de la nef et les chapelles adjacentes, le visiteur embrasse un panorama complet de la ville et de la vallée. On y a trouvé les débris d'une inscription antique, et sur les dalles se voit, gravé au trait, le plan géométrique de l'église par Parchitecte môme de l'œuvre.

L'intérieur de Saint-Étienne frappe par l'élancement hardi des voûtes et des arcades et par un air peu commun d'élégance et de majesté. Il offre d'ailleurs à chaque pas comme un musée où rivalisent de délicatesse et de perfection l'art du moyen âge et l'art de la Renaissance. Près de la porte, un magnifique jubé étale les richesses de son ornementation exquise. Il s'élevait d'abord à l'entrée du chœur et fut malheureusement transporté à Remplacement qu'il occupe aujourd'hui par l'évêque d'Argentré (en 1780). La partie qui sert de tribune formant une saillie en encorbellement repose sur quatre colonnes semi- arabesques , à piédestaux séparés par des niches avec couronnements et culs-de-lampes, où se voyaient autrefois les statues des apôtres Pierre et Paul et des t*ères de l'Église latine : saint Jérôme, saint Augustin, saint Ambroise et saint Grégoire. Des médaillons enguirlandés contiennent les armes de l'évêque de Langeac. Au-dessous des niches, dans des panneaux, une suite de six beaux bas-reliefs représentent les travaux d'Hercule» On a peine à se rendre compte de la pensée qui a inspiré l'artiste. La date de 1533, inscrite sur la base d'un piédestal, donne un âge certain à ce travail de la Renaissance poétique et païenne. A la voûte, qui se présente comme en perspective, pendent, avec de gracieuses moulures, des culs-de-lampes creusés en niches qui encadrent les Vertus théologales et cardinales, dont les attributs mutilés laissent reconnaître seulement la Charité, la Justice, Y Espérance. Le couronnement est formé par une balustrade à jour tout ouvrée de dentelles aériennes. Il portait autrefois une ancienne statue du Christ, à la tunique constellée de pierreries, qui a été recueillie dans la

D'ORLÉANS A LIMOGES

chapelle des fonts baptismaux. On a installé, en 1842, sur ce jubé un remarquable buffet d'orgue.

A dr. du chœur, près de la sacristie et sous un arceau du côté de l'épltre, le tombeau de Raynaud de la Porte , évôque de Limoges, puis archevêque de Bourges en 1316, mort cardinal en 1325, montre la statue du prélat en habits pontificaux, les pieds appuyés sur un lion, les deux bras croisés. Quatre bas-reliefs mutilés représentent la Lapidation .de saint Etienne , le Christ juge, le Martyre de sainte Valérie et le Christ bénissant. Les six figures du soubassement ne sont désignées par aucun attribut qui permette de les déterminer. De l'autre côté du chœur, à gauche, entre deux piliers, un second tombeau, est celui de Bernard Brun, évêque de Noyon et d'Auxerre, mort en 1349. Le prélat, dont la tête est de marbre , repose, en habits pontificaux, sous une double arcade ogivale, autrefois ornée de peintures bleu, rouge et or, dont le soubassement est décoré de huit figurines encadrées d'ogives trilobées. A ses pieds est un lion; dans ses mains, la hampe de la crosse épiscopale. Au fond de la niche, qui contient le monument, quatre reliefs représentent : ( en haut à g. ) le Couronnement de la Vierge par le Christ; (à dr.), le Christ juge assis entre deux anges; devant lui, la Vierge et saint Jean à genoux; (en bas à dr.) le Christ crucifié, la Vierge et saint Jean au pied de la s croix ; (à g.) Sainte Valérie présentant sa tête à saint Martial. Ce dernier groupe a été reproduit dans le Magasin pittoresque (1842, page 388) et l'œuvre entière dans le bel ouvrage de M. Gailhabaud : V Architecture du v e au xvi* siècle. — Entre les deux tombeaux, et adossé à la clôture du chœur, figure le mausolée de Jean de Langeac, mort en 1 541 . Un petit cartouche du pilastre gauche porte la date de 1544. La statue en bronze de l'évôque qui s'y est vue jusqu'à la Révolution, a été utilisée militairement à cette époque. Huit bas reliefs à l'entablement, six au soubassement, représentent les Visions de V Apocalypse et sont devenus célèbres, grâce à l'enthousiasme un peu outré des archéologues. Le groupe des Quatre cavaliers , vanté entre tous et souvent reproduit, notamment dans les Annales archéologiques de M. Didron, laisse à désirer bien des intentions que lui prêtent les délicatesses

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