LIMOGES. — CATHÉDRALE SAINT-ÉTTENNE
modernes des graveurs. C'est à vrai dire du moyen âge dégénéré, qui n'est pas encore de la Renaissance.
Dans une chapelle inachevée de la nef, une grande dalle de granit, porte, avec Vépitaphe du doyen Raynaud de Saint-Crépin, son effigie dessinée au trait, plus grande que nature et sans souci de la perspective (xiv e siècle). Ùne autre pierre tombale du môme genre est celle de Rannulfe de Pompadour, dans une des chapelles du chevet. Derrière le choeur, vis-à-vis du tombeau de Raynaud de la Porte, dans le mur qui fait face à l'autel de l'anv cienne chapelle de Saint-Thomas, est incrustée Vépitaphe du
chanoine Pierre de Soubrebost. Au sommet de la pierre, trois petits reliefs représentent la Lapidation de saint Étienne et la sainte Vierge tenant l'Enfant Jésus qui bénit le défunt agenouillé. — Le mur de droite de la première chapelle du transsept de gauche contient de même l'épitaphe en vers latins d'un chanoine. Dans le même bras du transsept, la jolie chapelle de /7mi maculée-Conception présente une imitation de l'ornementation du
moyen âge bien réussie et d'un effet charmant, trop charmant peut-être. L'artiste n'a du reste pas poussé l'imitation jusqu'à la modestie et son nom éclate en grosses lettres sous le nom de la Vierge : A. Denuelle. 1859.
A l'extérieur de l'édifice, sur les contre-forts septentrionaux de l'abside, des statues très-habilement agencées figurent le Martyre de saint Étienne (xiv c siècle), sujet si souvent représenté dans l'œuvre entière.
Le collatéral nord de la nef possède une Assomption d'E. Fisen (1721) ; le collatéral sud, un Martyre de saint André, prove- | nant des Petits- Car m es; sur le mur ouest du transsept, se voit
le Martyr de saint Étienne par Cognet. Près de la sacristie, une Mise au tombeau, datée de 1629, héritage de l'ancienne église de Saint-Maurice, a remplacé une sculpture représentant la même scène (xv e s.), dont l'encadrement seul existe encore.
Il faut demander dans la sacristie même à voir des cartons d'autel avec tableaux sur émail, chefs-d'œuvre de Noël Laudin, où sont représentés le Christ en croix, le Meurtre d?Abel, le Sacrifice d'Abraham, les Noces de Cana, Y Adoration des Mages. Les vitraux, œuvre du xiv e siècle, ont été réparés au xvi 6 siè-
D'ORLÉANS A LIMOGES
cle sous l'épiscopat de Villiers de l'Ile-Adam, dont ils porlent les armoiries. Parmi les plus curieux, l'abbé Texier, dont les travaux ont si fort honoré l'archéologie limousine, signale dans la première chapelle à gauche, en entrant par la porte du Nord, Jésus- Christ bénissant, entre les quatre symboles des Évangélistes (xiv e siècle); dans la chapelle de la Vierge, le môme sujet au-dessus du Christ juge; à côté, saint Etienne; dans le chœur, autrefois éclairé par treize grandes verrières, dont trois ont été absolument détruites, saint Martial , sainte Valérie, une Annon* dation, les Prophètes; dans la rose du transsept nord, le Sauveur bénissant, au centre d'une pléiade d'anges semée dans les cent cinquante lobes flamboyants; dans la deuxième chapelle du collatéral sud, Jésus mourant sur la croix, entre la Vierge et saint Jean. Un crédit spécial est affecté chaque année à la restauration successive de ces verrières, dont deux (dans la nef) ont été réparées en 1864 et deux autres en 1865. La chapelle du Baptistère a reçu tout récemment un beau vitrail , le Baptême de Jésus par M. Audinot; la chapelle de Saint-Martial, au milieu de l'abside, la verrière légendaire de l'apôtre d'après les cartons de M. Steinheil (1865), qui reste chargé en ce moment de la décoration de la chapelle de Sainte -Valérie. Les vides du transsept doivent de môme se compléter par la série des saints du diocèse.
Une crypte, reste de l'église romane primitive, règne sous le chœur et conserve les plus anciennes fresques peut-être de France (xi e siècle). C'est, à la voûte, le Christ, en robe rouge et manteau bleu, environné des attributs des quatre Évangélistes, et bénissant un personnage qui lui baise les pieds ; sur le plat du mur volètent des oiseaux au plumage étincelant. D'autres peintures murales plus récentes représentent, dans les deux chapelles absidales du nord, des scènes de la Vie des Saints, et, dans la chapelle des Trois -Rois, le roi David et les grands prophètes (xvi e siècle).
Le clocher, isolé de la cathédrale, présente un aspect sévère et grandiose. La base inférieure remonte au x e siècle et forme un porche ou vestibule carré, dont chaque angle est rempli par une grosse colonne à chapiteaux presque nus, sauf un seul que décorent deux têtes en bas-relief, séparées par une palmette. Un