‹ De Paris a AgenChapitre 98 sur 154 · LIMOGES. — SAINT-PIERRE DU QUEIROY · texte numérisé non relu

LIMOGES. — SAINT-PIERRE DU QUEIROY

revêtement massif a dû, au xiv* siècle, étayer la partie supérieure qui menaçait ruine. Des sept étages qui composent la tour, trois sont du style roman, à fenêtres cintrées groupées par trois. Les quatre qui suivent, dans le style ogival primitif du xiii* siècle, passent de la forme carrée à la forme octogone par * une transition insensible que ménagent heureusement destourelles

massives suspendues aux angles supérieurs. Foudroyé le 25 avril 1483, le clocher avait encore 80 mètres de hauteur, quand, le 30 juin 1571, un nouvel orage en abattit la flèche qui n'a pas été rétablie, laissant le populaire convaincu, comme il Test encore, qu'on le tenterait en vain. Ce clocher, qui mesure actuellement 62 mètres de hauteur, a été revêtu récemment d'une couverture de zinc.

Saint-Pierre du Queiroy ou du carrefour, se montre !i gauche, dès les premiers pas que l'on fait en ville en entrant par la porte Tourny. C'est la plus ancienne paroisse de la ville. Elle remi plaça au xn e siècle une église élevée en 507 par saint Rorice et détruite par un incendie. L'ensemble de l'édifice est un assemblage de tous les styles et de toutes les dates. Trois rangs de colonnes lourdes et massives, chargées de chapiteaux écrasés (xn° siècle), divisent la nef en supportant les arcs d'une voûte à nervures prismatiques, refaite en 1517. Les deux chapelles de droite sont de 1588. Une colonne hardie, qui s'élève dans la chapelle des Agonisants, est de 154p. La façade en style ogival flamboyant porte la date de 1534, contemporaine des derniers travaux, tandis que le clocher, sorte de pyramide à base carrée, est du premier tiers du xm e siècle, sauf la flèche et les clochetons foudroyés en 1269 et rétablis en 1302. Depuis, la flèche, qui menaçait ruine encore, a dû être diminuée de huit mètres que l'on s*occupe d'y rétablir.

Au fond du collatéral de droite, un vitrail de Pénicaud représente la Mort de la Vierge et son couronnement. Les personnages ont 2 mètres de dimension. C'est le principal mérite de cette imagerie coloriée.

Le maître -autel en marbre rouge provient des Carmélites et montre une copie d'après Jouvenet par Maisonadt , peintre limousin du xvnr* siècle : Jésus-Christ donnant le pouvoir des

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clefs à saint Pierre. — A l'entrée principale de l'église, sous la tribune de Tordue, une inscription rappelle la mémoire du curé Navières, fondateur du bureau de bienfaisance de Limoges.

Pendant la Révolution, Saint-Pierre servit de fabrique de salpêtre ; réparée depuis , elle suffit à peine aux besoins du culte. Elle est en ce moment en pleine restauration. Le pignon qui termine la nef a été couronné par une belle statue du patron, et des verrières de M. Oudinot, placées dans le collatéral du sud, reprétent : dans la chapelle du Sacré-Cœur, Jésus et la Samaritaine; dans la chapelle de la Vierge, V Immaculée -Conception. — C'est à Saint-Pierre qu'ont été baptisés le 28 novembre 1668, Henri- François d'Aguesseau,etle 15 octobre 1784, le maréchal Bugeaud.

Saint-Michel des Lions, convertie en 1793 en Temple de la Raison, doit son surnom à trois lions de pierre à peine dégrossie, qui en gardent la principale entrée et dont on attribue la façon à des artistes arabes. L'église occupe, comme les précédentes, l'emplacement d'une basilique et d'un temple anté- f rieurs. L'édifice actuel date seulement du xiv e siècle. La première pierre en fut posée en 1364 , mais quelques murs ont été conservés de la construction du xm e siècle. Le clocher est de 1383, comme en faisait foi une inscription disparue. Il repose sur une base quadrilatérale, qui porte trois étages et se dédouble en octogone de trois nouveaux étages, percés de toutes parts de fenêtres. Quatre clochetons mi -cylindriques, mi-octogones, se terminent par des lanternes surmontées de' pyramides à huit pans. Le faite du clocher a 55 mètres de hauteur (342 mètres au-dessus du niveau de la mer). Foudroyé en 1604 et pour la cinquième fois en 1810», restauré en 1824, il est surmonté depuis cette époque d'une énorme et ridicule boule, qui a longtemps fait l'admiration des Limousins, mais dont on allait s'occuper, * à leur demande même, de débarrasser l'église, quand un contreordre a arrêté et remis indéfiniment les travaux.

L'intérieur de l'église (118 mètres de longueur sur 12 mètres de largeur ; 8 dans la grande nef) est partagé en trois nefs par une double rangée de cinq piliers, peints en jaune, qui se ramifient, au sommet d'un étroit chapiteau, pour former les écartements d'une voûte gothique en briques , d'un style plein de har-

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