‹ De Paris à BordeauxChapitre 113 sur 165 · NÎMES · texte numérisé non relu

NÎMES

Grand axe total

Petit axe total

Grand axe de l'arène

Petit axe de l'arène

Épaisseur des bâtiments

Élévation de l'édifice

Le nombre des gradins était de 60. En affectant à chaque personne une place de 40 centimètres, on est autorisé à dire que l'amphithéâtre de Poitiers devait contenir plus de 40 000 personnes assises et 42000 debout environ; fort heureusement les entrées étaient si larges et si multipliées (il y avait 424 vomitoires où trois personnes pouvaient passer de front) que deux minutes devaient suffire à ces 52 000 spectateurs pour entrer ou pour sortir.

Édifices religieux.

La Cathédrale de Poitiers, dont M. l'abbé Âuber a publié une intéressante monographie, s'élève sur la place de Saint-Pierre, qui se trouve plus haute que le seuil de ses portails. A droite, en arrivant par la rue Saint-Paul, on aperçoit l'ancien évéché, transformé depuis la Révolution en préfecture. L'évéché actuel occupe dans la rue du Pont-Neuf quelques bâtiments de l'ancienne abbaye de Sainte-Croix, entourés d'assez grands jardins. La préfecture ne mérite pas un regard; mais elle contient les archives départementales , importante collection qui remplit la. chapelle de l'ancien évéché, divisée en deux étages.

La cathédrale , consacrée à saint Pierre, passe pour avoir été

POITIERS, -r- LA CATHEDHALE

bâtie sur remplacement de la première église chrétienne fondée au m* siècle par saint Martial. Souvent incendiée, rebâtie en 4 04 8, consacrée en 4024 , puis détruite de nouveau, elle fut reconstruite en 4462 par Ëléonore d'Aquitaine, comtesse du Poitou, et Henri II , roi d'Angleterre, continuée pendant deux siècles entiers (le chœur a été terminé en 4244, la façade date de 4307 à 4342), et consacrée le 4 juin 4379 par Tévêque Bertrand de Maumont Enrichie pendant les siècles suivants, pillée en 4562 par les protestants, menacée en 4 569 par les boulets de Goligny, mutilée parles prétendus embellissements des xvn - et xvm e siècles, fermée pendant la Révolution, dépouillée de ses ornements, de ses tombeaux profanés, transformée en salle décadaire, en temple de la Raison, en lieu de réunion, rendue au culte par le Concordat, elle devra au xix« siècle des réparations et des restaurations qui n'étaient devenues que trop nécessaires. On y travaille toutefois d'après le proverbe italien bien connu : Chei va piano, va sano.

La façade, qui a été tantôt trop louée, tantôt trop critiquée, a trois portails, ornés de curieuses sculptures, une belle rosace endommagée par l'incendie qui détruisit l'orgue en 4684 , et deux tours mutilées d'inégales hauteurs. On remarque surtout sa largeur (38 mètres). Les sculptures représentent : dans le portail du milieu, la Résurrection des morts, le Jugement de Dieu, la Séparation des bons d'avec Us méchants, et dans les voussures : les Apôtres, les Docteurs de la loi, les Prophètes, des Évéques, etc. ; dans le portail de gauche : la Mort et le Couronnement de la sainte Vierge; dans le portail de droite : Jésus- Christ confiant à saint Pierre le gouvernement de son Église.

A gauche, vers le transsept, sous un affreux auvent, s'ouvre la porte Saint-Michel, décorée de belles sculptures : la Salutation angélique, Y Adoration des mages, la Visite de la Vierge à sainte Elisabeth, la Visite des mages à Hèrade, le Conseil tenu par Hérode, etc.

Le chevet, qui a 49 mètres de hauteur, 39 mètres de largeur, et 4 mètres d'épaisseur à sa base, n'est qu'un immense contre-fort, composé de quatre plans superposés, et dont le second plan est percé de trois fenêtres en plein-cintre, qui éclairent les trois nefs.

La flèche, haute de plus de 400 mètres, qui s'élevait jadis audessus de la toiture du chœur, a été endommagée par la foudre en 4743 et démolie en 4769.

Pour entrer dans l'église Saint-Pierre par sa façade déjà plus basse que la place, on descend un escalier de 4 marches. L'intérieur produit à la première vue un effet saisissant. On y admire surtout la largeur et l'élévation des bas côtés, les proportions gracieuses des piliers, « enfin, dit M. de Ghergé, cet artifice de construction, trop habile pour être purement symbolique, qui, en diminuant la largeur des nefs vers le chevet en même temps que s'abaissent brusquement les voûtes, ajoute à la fuite des lignes et à la profondeur de la perspective. » Ses ornements et ses sculptures sont rares; les protestants l'en ont dépouillée en 4562, et cependant on la désirerait à certains égards encore plus nue. On regrette d'y trouver : dans la dhapelle des fonts baptismaux, un petit temple grec en plâtre et en marbre , qui choque la vue ; ces horribles portes vertes, qui salissent si désagréablement les murs latéraux ; un Chemin de la croix, encore plus laid, si c'est possible, que ces portes vertes ; le mur inutile qui sépare l'autel des latéraux; une lourde chaire de pierre et de carton, placée en 4 835 ; et, pour achever cette triste nomenclature avec l'ancien président de la Société des Antiquaires de l'Ouest, « les caricatures de pierre que Mgr de Saint-Belin, évêque de Poitiers, fit placer, dans les premières années du xvu* siècle, sur les tristes consoles de la chapelle des apôtres ; ces statues de vierges ou de saints venues on ne sait d'où, et qui devraient y retourner au lieu de trôner sur ces disgracieuses et massives consoles; cet autel de Notre-Dame de Pitié, qui provoque le sentiment dont il porte le nom, et qui a été exécuté en 4838; ces confessionnaux en bois de chêne devenu bois de noyer après avoir passé par le vert-pomme ; ces chapelles absidales dédiées à sainte Madeleine et à saint Laurent , dont l'affreuse image s'enlumine des reflets de faux marbres. > On assure que Mgr l'évêque de Poitiers est un homme de goût. Espérons qu'il aura un jour l'heureuse idée de faire disparaître toutes ces taches qui détruisent l'harmonie de l'ensemble ; quelques journées d'ouvriers bien employées suffiraient.*

Ce qu'on remarque le plus à l'intérieur de Saint-Pierre , ce

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