POITIERS. — NOTRE-DAME LA GRANDE
par les Anglais, qui alors assiégeaient cette ville, et promit de leur en livrer les clefs. Mais au moment de les dérober sous le chevet de son maître, il fut frappé de terreur, car ces clefs qu'il avait vues quelques minutes auparavant avaient disparu ... Elles ne se retrouvèrent qu'au bras de la statue de la Vierge qui ornait alors l'église de Notre-Dame. Ce miracle est connu à Poitiers sous le nom de Miracle des clefs. Jusqu'en 1794 on en a célébré l'anniversaire par une procession solennelle, le lundi de Pâques,
Notre-Dame la Ciande.
et par le don d'un manteau dont le prix avait été fixe au xvn' siècle à 300 livres, car il devait remplacer 50 livres de cire destinées à être brûlées nuit et jour sur une roue ou couronne en bois peint, suspendue à la voûte de l'église. Aujourd'hui on use les , vieux manteaux et on se contente de faire une procession dans l'intérieur de l'église.
Mon tier neuf, située au bas de la ville, près du pont de Rochereuil et d'une caserne de cavalerie qui a coûté 900 000 fr. à la
ville, fut dans l'origine l'église d'une abbaye de Bénédictins fondée en 4 075 par Guillaume Guy-Geoffroy, comte de Poitiers et duc d'Aquitaine. Elle date de la fin du xT siècle. Un moine de l'abbaye, nommé Pons, en fut l'architecte. Le pape Urbain II la consacra le 24 février 4096, à son retour de Clermont, où il était allé prêcher la croisade. Vers 4640, l'abbé Rousseau de La Parisière, voulant réparer les dégâts qu'y avaient commis les protestants , fit abattre trois travées de la nef et remplaça la façade par le pignon et le portail grecs que l'on y voit encore aujourd'hui.
Pendant la Révolution , on y établit une caserne de cavalerie : puis le clocher qui surmontait le dôme St, surbaissé, au-dessous du- ^^^fff quel se trouve le grand autel, s'écroula et causa de grands ravages. Rendue au culte sous l'Empire, restaurée en 4817 par des architectes sans intelligence et sans goût, cette belle église romane vient d'être tout récemment restaurée de nouveau. Cette fois on lui a conservé son caractère primitif. Dix marches descendent du portail dans l'intérieur, où Ton remarque surtout, dit M. de Chergé , k largeur de sa nef et de ses bas côtés, largeur peu ordinaire au xi e siècle, et la portion supérieure de l'abside , appelée la lanterne, dont les vastes fenêtres, en ogive laissent pénétrer une vive lumière dans le chœur, tandis que les petites fenêtres en plein-cintre des bas côtés éclairent la nef et les transsepts d'un faible demi-jour.
Saint-Porchairo.