‹ De Paris à BordeauxChapitre 117 sur 165 · POITIERS. — SA1NT-PORCHAIRE. — SA1NT-HILAIRE · texte numérisé non relu

POITIERS. — SA1NT-PORCHAIRE. — SA1NT-HILAIRE

Le 22 juillet 4822 on a retrouvé dans l'église de Montierneuf la sépulture du fondateur de l'abbaye. Une inscription, gravée sur une dalle au milieu de la grande nef, indique le lieu où fut enterré et où repose encore aujourd'hui Guillaume Guy-Geoffroy.

Salnt-Porehalre (rue de ce nom, entre le théâtre et l'hôtel de ville) était autrefois la paroisse la plus considérable de Poitiers. Il ne reste de l'ancienne église romane que la tour, qui sert de façade et de contre-fort. L'intérieur date du xvi e siècle; il n'a que deux nefs. On y remarque seulement un tableau représentant une Descente de croix et signé Jean Boucher, 1618. Ce tableau est relégué dans une tribune. En 1843, le conseil municipal voulut faire démolir la tour, qui, disait-on, menaçait ruine. Classée parmi les monuments historiques , cette tour a été consolidée et restaurée aux frais de l'État. On remarque les sculptures de son portail, qui ont donné lieu à des explications contradictoires.

Salnt-Hilaire le Grand (au-dessus du chemin de fer, un peu au delà de la station), ancienne collégiale d'un célèbre monastère dont les comtes de Poitou et les rois de France furent longtemps les abbés, remonterait, si l'on en croit la tradition, au delà du vi* siècle; car ce serait au-dessus de son clocher qu'aurait brillé en 507 le globe de feu qui contribua à la victoire remportée par Clovis sur Alaric. Brûlée en 732 par les Sarrasins , détruite en 863 par les Normands , elle perdit , à la fin du ix« siècle . les reliques d'Hilaire, qui lui avait donné son nom. Ces reliques, le comte d'Auvergne, tuteur du comte de Poitou, les transféra au Puy en Velay ; mais en 4657 elle recouvra une portion du crâne et l'humérus du bras gauche. Reconstruite au x« siècle , dédiée en 4049, elle présentait entre autres singularités, dit M. de Chergé. qu'il faut toujours citer quand on parle des monuments de Poitiers, c une grande nef surmontée de six dômes semblables à celui qui existe encore au-dessus du sanctuaire, et flanquée de six collatéraux de diverses largeurs , dont l'existence est encore accusée par les restes mutilés de cette œuvre colossale. Du haut de ces dômes, percés à leur sommet d'une ouverture ronde, on jetait sur les fidèles , au jour de la Pentecôte , des fleurs et de larges pains à cacheter ornés de dessins particuliers , qu'on appelait pcnteccteaax. Recueillis avec un pieux empressement, ces objets étaient

conservés comme le rameau bénit des jours saints. Le sixième dôme , encore existant , était séparé de celui qu'a remplacé, lors de la restauration du culte, une voûte en briques embrassant tout le diamètre de l'église. Une sorte de second transsept formait cette ligne de séparation. Le portail était placé sur le côté, presque dans l'axe de l 'avant-dernière travée ; il était précédé d'un parvis qui était , dit-on , décoré autrefois des lions symboliques. Ce portail, construit de 44 48 à 4 475 par Robert Poitevin, trésorier du chapitre, se faisait remarquer par ses jolies sculptures, qui représentaient des apôtres et des saints. Il fut horriblement mutilé par les protestants. Un fort beau clocher en pierre , le plus élevé des clochers de la ville , existait en 4 590 , époque à laquelle il s'écroula. »

Vendue en 4793 comme bien national, l'église Saint-Hilaire fut bientôt en ruines ; quand on la rendit au culte, on en démolit une partie pour conserver l'autre. En 4855 on a commencé à la restaurer. De grands travaux y sont entrepris ; on a même, à ce qu'il paraît, l'intention de la reconstruire telle qu'elle était autrefois.

Édifices civils.

Les édifices civils de Poitiers sont moins nombreux et moins intéressants que les édifices religieux ; il en est deux cependant, le palais de justice et la Prévôté, qui méritent une visite.

Le pillai* de justice» l'ancien palais des comtes de Poitou, est situé près de l'église Notre-Dame la Grande, entre la place Saint-Didier, la rue du Marché et la rue des Gordeliers. Bâti, diton, sous l'empereur Julién, il servit tour à tour aux Wisigoths, aux rois de France des deux premières races, et enfin aux comtes de Poitou. Guillaume le Grand le fit reconstruire dans les premières années du xi« siècle. Brûlé par les Anglais en 4 346, il fut réparé en 4 395 par Jean, duc de Berri et comte de Poitou, frère du roi Charles V. D'ignobles constructions modernes ont réuni ses deux parties principales, qui donnent sur la rue des Cordeliers et que dérobaient aux regards des passants d'affreuses baraques achetées 75 000 fr. de 4 845 à 4 847, et démolies tout récemment. Ces deux parties, que représente notre dessin, datent du xiv siècle; elles ont été bâties par le duc Jean : ce sont la façade méridionale

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