‹ De Paris à BordeauxChapitre 118 sur 165 · POITIERS. — LE PALAIS DE JUSTICE · texte numérisé non relu

POITIERS. — LE PALAIS DE JUSTICE

du palais proprement dit et un donjou flanqué de quatre tours, qui a été affreusement mutilé. •

La principale entrée du palais de justice s'ouvre sur la place Saint-Didier: c'est un fronton grec plus que vulgaire. Du vestibule , auquel ce fronton donne accès , on passe dans une grande Salle des Pas-Perdus , qui a 49 mètres 30 centimètres de longueur et 17 mètres de largeur. Cette salle est l'ancienne salle des Gardes, dont on attribue la construction à Guy Geoffroy (Guillaume VII, fils de Guillaume le Grand). Sa forme , son architecture et la char-

Le palais de justice.

pente de sa toiture rappellent la grande salle de Westminster à Londres (Westminster-Hall). Ses murs sont décorés d'arcades à plein-cintre d'un côté et ogivales de l'autre.* On travaille à sa restauration. En 4855, on a découvert et remis à neuf la partie intérieure de la façade bâtie par le duc Jean (à droite en entrant) Un escalier de huit marches, qui tient toute la largeur de la salle, monte à une sorte de terrasse , au fond de laquelle se dressent trois grandes cheminées de pierre ; aux deux angles sont deux escaliers.

Le palais de justice de Poitiers a été témoin de plusieurs événements dont l'histoire a gardé le souvenir. Saint Louis y donna à son frère Alphonse l'investiture du comté de Poitou. En 4 422, Charles VII y fut proclamé roi de France au moment où la France presque tout entière était occupée par les Anglais. En 4 429, Jeanne d'Arc y subit les questions des docteurs et l'examen des matrones. Les parlements de Paris (en 4 44 8) et de Bordeaux (en 4 469) y furent transférés, et à diverses reprises la haute cour qui jugeait alorà en dernier ressort les affaires graves du royaume ou de la province y tint ses Grands jours.

La Prévôté , située dans la rue de ce nom, fut autrefois l'hôtel du prévôt de Poitiers ; c'est aujourd'hui Y Ecole chrétienne. Sa riche façade, surchargée de sculptures, est un des échantillons les plus curieux et les mieux conservés qu'on puisse signaler aux amateurs de l'architecture du xvi" siècle.

La préfecture et l'évêché ont déjà obtenu la simple mention dont ils sont à peine dignes. L'hôtel de ville ne serait guère plus intéressant s'il n'avait donné asile à deux corporations importantes , la Commune et l'Université de Poitiers : la Commune, l'une des plus anciennes du royaume , car elle date de 4 1 99 ; l'Université , dont la renommée est encore si brillante , et qui fut fondée en 1431 par le pape Eugène IV et par le roi Charles VII. ^

Le lycée, fondé en 4 608 par Henri IV pour les jésuites, doté plus tard par Louis XIV, comprend dans sa. double enceinte les collèges de Sainte-Marthe et de Puygarreau, auxquels il a succédé. On peut y visiter la chapelle, restaurée en 4845. Le tabernacle est un chef-d'œuvre du xvir siècle ; le tableau qui surmonte le grand autel est daté de 4615 et signé L. Finson (de Bruges) ; les boiseries de la sacristie sont délicatement sculptées.

Le grand séminaire est un ancien couvent de Carmélites. Sa belle chapelle date de la fin du xvn e siècle. Louis XIV en posa la première pierre en revenant de la frontière d'Espagne avec sa mère Anne d'Autriche et son épouse Marie-Thérèse. Elle a été restaurée en 4 824. Sa bibliothèque possède de neuf à dix mille volumes et deux très-beaux manuscrits du xv siècle, dont l'un (le Bréviaire d'Anne de Prie, abbesse de la Trinité) est mentionné par l'auteur du Gallia Christian a. Enfin, elle renferme une

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