‹ De Paris à BordeauxChapitre 119 sur 165 · POITIERS. — LE SÉMINAIRE · texte numérisé non relu

POITIERS. — LE SÉMINAIRE

figure représentant un dragon ailé qui s'appelle la Grand'Gueule , et qui est le pendant du Graouilli de Metz , de la Tarasque de Tarascon ou de la Gargouille de Rouen. Ce monstre chimérique , ou symbolique , comme on voudra, était jadis enfermé toute l'année dans les greniers de l'abbaye de Sainte-Croix. « lien sortait, dit M. de Chergé, aux jours des Rogations, avec la sainte relique de la vraie Croix , pour être porté triomphalement en tête des processions générales, au bout d'un long bâton, par un homme vêtu d'un surplis par-dessus son habit bourgeois , et coiffé d'un chapeau militaire avec une cocarde. La Grand'Gueule était alors ornée de banderoles , de rosettes et de livrées brillantes ; et , tandis que

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sur son passage les uns s'inclinaient avec respect en s'écriant : Bonne sainte veurmine, priez pour nous (à Poitiers, vermine est synonyme de serpent) , d'autres , moins respectueux, mais non moins confiants sans doute dans sa puissante intervention, jetaient dans le gouffre toujours ouvert de sa gueule béante des cerises, prémices des fruits de l'année , des tartelettes et autres pâtisseries , parmi lesquelles se distinguait surtout le casse-museau, ce produit poitevin si tristement détrôné de nos jours, malgré son antique popularité, par cet usurpateur révolutionnaire qu'on nomme le pain au lait. L'effigie de la Grand'Gueule, après

avoir été reléguée dans divers lieux indignes d'elle, figura pendant quelques heures dans un musée, et fut réclamée par l'autorité ecclésiastique , qui lui accorda un refuge honorable dans la bibliothèque du grand séminaire. Là , le monstre déchu étale aux yeux le nom de son auteur (Gargot) , la date de son exécution

677), sa croupe impuissante, son dard émoussé, et c'est en vain, croyons-nous , que sa gueule , insatiable autrefois , attend depuis de longues années sa pitance des temps passés.»

L'École de droit date, comme institution, de U31 ; elle fut alors installée dans l'hôtel de ville et elle y resta jusqu'à la Révolution, Supprimée en 4789 , elle a été réinstallée dans l'ancien Hôtel-Dieu le 23 juin i 806. Elle a joui longtemps d'une réputation méritée. Les bâtiments plus qu'ordinaires qu'elle occupe actuellement en face de Notre-Dame la Grande, et qui ont été agrandis à diverses époques, renferment aussi la Faculté des lettres, la Bibliothèque publique, le Musée d'histoire naturelle, les Archives municipales , les Musées des tableaux et antiquités (voy. ci-dessous, aux collections). La salle de l'École de droit consacrée aux exercices publics est ornée du buste du célèbre jurisconsulte Boncenne, ancien doyen de l'École. Ce buste en bronze a été moulé sur un modèle fait par David (d'Angers). Une maison de la place d'armes porte à son faîte une plaque de bronze sur laquelle brille, en lettres d'or, l'inscription suivante :

ici est mort, le 22 juillet 1840, m. pierre boncenne , avocat, doyen de la faculté de droit.

La ville de poitiers a voulu consacrer ce triste souvenir

POUR HONORER LA MÉMOIRE d'un DE SES ENFANTS LES PLUS ILLUSTRES.

L'École de droit de Poitiers compte sept professeurs titulaires et deux professeurs suppléants. Le nombre des élèves se monte à deux cents environ.

Le Faculté des Lettre* a fait aussi partie de l'ancienne Université de Poitiers. Supprimée en 1789, rétablie en 1806, supprimée de nouveau en h 84 6, elle a été réinstallée le 1 8 novembre i 845. Elle a cinq chaires : philosophie , histoire , littérature ancienne , littérature française , littérature étrangère.

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