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ANGOULÊME

Situation. — Aspect général. — Monuments — Promenades

Anffoulême est située, comme Poitiers, sur un plateau ou promontoire entouré de trois côtés par deux cours d'eau qui se réunissent à sa base, la Charente et l'Anguienne; mais la capitale de l'Angoumois l'emporte de beaucoup sur la capitale du Poitou, si l'on se borne à comparer leur position. Le plateau qu'elle couronne est plus élevé ; il a 72 mètres au-dessus du niveau de la Charente; un des deux cours d'eau qu'elle domine est ce fleuve aux eaux pures qu'Henri IV appelait le plus beau ruisseau de son royaume ; enfin elle est entourée de remparts et de jardins qui permettent d'en faire le tour, et qui offrent au promeneur les points de vue les plus agréables et les plus variés sur les vallées, les plaines, les vignobles , les prairies , les manufactures de ses délicieux environs. Elle a six faubourgs : YHoumeau, Saint- Ausone , Saint- Martin, Saint-Cybard, la Bussate et Saint-Roch.

Le faubourg de VHoumeau, dans lequel le chemin de fer a établi son débarcadère, ne mérite plus aujourd'hui ce que Balzac en disait autrefois, « qu'on ne pouvait s'en plaindre en termes vulgaires. » La route qui le traverse pour monter à la ville est maintenant suffisamment large et macadamisée. Peut-être ce- ' pendant aurait-on pu en adoucir la pente , en lui faisant décrire une ou deux courbes. En cinq ou six minutes , malgré sa roideur, on atteint son extrémité supérieure, c'est-à-dire l'entrée de la ville. Si le temps est beau, si vous pouvez marcher une heure au plus d'un tout petit pas, n'entrez pas encore dans Angoulême ; suivez l'itinéraire que je vous propose ; allez visiter d'abqrd sur votre droite un bastion planté d'arbres et orné d'une fontaine (la place du Palet) , d'où vous découvrirez un charmant paysage. Sur votre gauche vous apercevrez, en face du séminaire, la prison, établie au xvir* siècle dans l'ancien Châtelet. Bâti vers la fin du vin* siècle par l'un des premiers comtes de l'Angoumois, ce Châtelet était jadis flanqué de quatre tours et défendu par une enceinte de fortes murailles , au pied desquelles s'ouvrait un fossé taillé dans le roc. Aujourd'hui, de tous ces ouvrages, il ne reste plus que trois tours. L'une d'elles est remar-

quable par la bizarrerie de sa construction. On la nomme la Tour-Prégnante y parce qu'elle sert d'enveloppe à une autre tour qui a l'air de sortir de son flanc, et pour ainsi dire de s'en échapper. Le Châtelet communiquait avec le château par un chemin couvert. On a le projet de construire une nouvelle prison.

Le rempart du Nord, bordé de maisons plus que modestes, est généralement assez mal pavé et plus mal balayé, mais c'est peutêtre de tous les remparts d'Angoulême celui qui offre les plus beaux points de vue. On domine la Charente, qui arrose de belles prairies. Le pont de Saint-Cybard , l'île de la Charente , la prise d'eau, les maisons, les usines, les moulins du faubourg, les établissements du chemin de fer, forment d'agréables paysages. Du reste le rempart s'élargit bientôt; de beaux arbres l'ombragent, et on atteint en quelques minutes la place de Iteaulieu, créée en 1699. Sur cette magnifique terrasse, ornée d'un jet d'eau, s'élève, au delà d'un charmant parterre de fleurs, le lycée, entièrement reconstruit il y a peu d'années. Au-dessous se développent sur les pentes de la colline d'autres allées ombragées par de beaux arbres et garnies de bancs : c'est le jardin public. De la place de Beaulieu, on découvre, en face de soi, la route de terre de Paris à Bordeaux, et, à sa gauche, le chemin de fer qui, à peu de distance d'Angoulême, s'éloigne considérablement de la route de terre pour ne la rejoindre qu'aux environs de Bordeaux.

Au-dessous des remparts que nous venons de parcourir se trouvaient autrefois V abbaye et la grotte de Saint-Cybard. Saint Êparche, appelé depuis saint Cybard, vint au commencement du vr siècle fonder à Angoulême une abbaye de Bénédictins , qui jouit plus tard d'une grande renommée. Il s'établit d'abord avec des compagnons dans une grotte creusée sous les murs de la ville, du côté du nord. L'abbaye, qui par la suite s'étendit de la grotte au bord de la Charente , a été presque entièrement détruite, mais on voit encore la grotte de Saint-Cybard, où Charlemagne s'agenouilla pour accomplir ses dévotions. Cette grotte était devenue trop petite pour le nombre toujours croissant des fidèles qui y accouraient de tous côtés, lorsqu'on 4673 on l'agrandit, afin de la convertir en chapelle ; alors on pratiqua dans le rocher un autel massif sur lequel un bas-relief fut sculpté,

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