ANGOULÈME. — LA CATHÉDRALE
l'espace compris entre le chœur et la nef est éclairé par une haute lanterne, dominant sur le toit et percée de douze fenêtres en pleincintre. Les deux bras de la croix étaient plus allongés qu'ils ne le sont aujourd'hui, et à l'extrémité de chacun d'eux s'élevait une ! coupole. Celle de gauche était surmontée de la tour carrée qui subsiste encore actuellement, et celle de droite d'une autre tour beaucoup plus élevée que la première et couronnée d'une pyramide quadrangulaire , accompagnée elle-même de quatre petits clochetons. En 4781 on a fait une sacristie de la base de cette tour,
La cathédrale d'Àngoulcmc.
incendiée en 1568 par les protestants. Les bas côtés du chœur n'entraient point dans ce premier plan , auquel ils paraissent n'avoir été ajoutés que vers le xiv # siècle. Leurs fenêtres à meneaux semblent du moins appartenir au gothique de cette époque. Les arcades qui régnent autour du chœur n'ont été percées et restaurées qu'après coup, et voilà pourquoi les retombées des voûtes ogivales des bas côtés se raccordent si mal avec les piliers de séparation. »
Les stalles du chœur datent de 4 579 ; les balustrades de la nef, de 4752-4788; les orgues, de 1786.
La porte Saint-Pierre -s'ouvre sur le chemin de la Rotonde ou chemin de Madame, ainsi nommé parce que la duchesse d'Angoulême fit son entrée dans Angoulême par cette rampe, le 1 8 août 1815. Pour perpétuer le souvenir de cet événement, M. Greuzé de Lesser, préfet, et M. de Lambert , maire , élevèrent une petite colonne ionique sur la rotonde pratiquée vers la moitié du chemin : sous l'administration de M. Bohain, préfet, et du même M. de Lambert, cette colonne fut peinte aux trois couleurs et consacrée aux héros de juillet.
La rue Saint Pierre, qui longe la cathédrale, conduit au boulevard Desaix, sur lequel une terrasse circulaire garnie de bancs invite les promeneurs au repos. Cette terrasse fait face à la place de la Commune, commencée en 1776, achevée en 1785, et ombragée par trois rangs d'arbres. Un peu plus loin s'ouvre la rampe du Bon Secours, bordée de jolies maisons modernes. Plus loin encore, sur le boulevard de l Est, on laisse à droite les bains du Château et à gauche la préfecture bâtie en 1833 , avant d'atteindre la partie de la ville au-dessus de laquelle se dresse la tour romane de Saint-Martial. **~ : V
L'église Saint-Martial, dont les fondements ont été tracés le 7 avril 4852 et qui a été consacrée le 21 juillet 4 853, faites plus grand honneur à son architecte, M. Abbadie. Non-seul#ment elle a été bâtie en quinze mois , mais elle n'a coûté que 220 000 francs, et cependant elle a 58 mètres de longueur hors œuvre, 4 8 mètres de largeur (8 mètres la grande nef, 3 m ,50 les bas côtés, 4 m , 50 les piliers); sa grande nef a 45 m ,60 de hauteur; son clocher s'élève à 50 mètres au-dessus du sol. C'est une église romane à trois nefs , avec colonnes assemblées soutenant arcsdoubleaux et nervures , et terminée par une abside dont les fenêtres légèrement allongées sont décorées de vitraux. Son clocher forme porche en avant; aussi est-il ouvert sur ses quatre faces , sa quatrième face donnant accès dans l'édifice même avec lequel il fait corps. L'intérieur, qui produit un effet satisfaisant , n'a pour ornement que les joints passés au feu des assises des pierres de taille.