‹ De Paris à BordeauxChapitre 134 sur 165 · ANGOULÊME. — LE CHÂTEAU · texte numérisé non relu

ANGOULÊME. — LE CHÂTEAU

Les principales rues d'Angouléme aboutissent aux remparts ou boulevards que nous venons de suivre. On peut donc se transporter en quelques minutes de ces remparts au centre même de la ville, c'est-à-dire à la place que représente notre dessin et sur laquelle s'élève le château.

Le Château , qui fut la résidence des comtes d'Angouléme , à partir du mariage de la comtesse-reine Isabelle de Taillefer avec Hugues de Lusignan , a été bâti à diverses époques. La grosse tour ronde date , dit-on , du milieu du xn e siècle. La grande tour

Le château d'Angouléme.

polygone a été construite par Hugues IV, qui mourut en \ 303 ; les autres parties sont de la fin du xv e siècle. On ne s'expliquerait pas l'état de délabrement et de malpropreté dans lequel l'administration municipale laisse les abords et les débris encore existants du château (son enceinte comprenait autrefois toute la partie de la ville qui se trouve entre la porte du Sauvage et l'extrémité méridionale de la porte de la Commune) , s'il n'était pas sérieusement question depuis quelques années de les utiliser et

de les restaurer. Déjà plusieurs maisons , qui se voient encore dans notre dessin fait sur les lieux en 4854, ont été démolies.

Dans un rapport lu à la Société des Antiquaires de l'Ouest, sous ce titre : Cinq jours passés à Angouléme , Fauteur du Guide du voyageur à Poitiers, M. Ch. de Chergé, donne les détails suivants sur les plans proposés par M. Abbadie fils pour la reconstruction de l'hôtel de ville , actuellement place de la Commune. D'après le devis, la dépense s'élèverait à 400 000 francs. L'habile architecte a dû conformer son projet aux exigences du terrain sur lequel il est forcé de se limiter, et y faire entrer les restes du vieux château. C'est autour de ce noyau obligatoire qu'il a groupé les vastes bâtiments destinés à satisfaire aux innombrables besoins d'une grande administration et aux nécessités de représentation qu'imposent souvent les réceptions officielles. « Je ne saurais, ajoute l'ancien président de la Société des Antiquaires de l'Ouest, vouloir entrer dans les détails d'examen de ce projet, qu'un rapide coup d'œil m'a montré dans son ensemble. Je crois néanmoins qu'il est de nature à satisfaire les hommes compétents. Au point <Je vue purement archéologique , il m'a paru heureusement traité. Le corps de bâtiment qui sera consacré aux fêtes et réceptions a emprunté au xvi* siècle ses contre-forts, ses fenêtrescroisées, ses arêtes délicates. Il entre dans la pensée de M. Abbadie de l'orner de vitraux coloriés ; et certes , aux jours des brillantes solennités , lorsque le gaz fera scintiller au dehors les mille émaux de ces verrières , lorsque de lumineuses ombres se marieront au jeu des Couleurs, on pourra dire qu'il y a place pour tous au spectacle de ces magnificences , et le spectacle de la rue ne sera pas le moins curieux , le moins digne d'être vu. »

A peu de distance du château , on peut aller visiter, sur la place du Mûrier, ornée d'une belle fontaine monumentale, le*po/ow de justice, inauguré en 4828. Cet édifice, dont l'intérieur est, dit-on, fort commode, renferme la bibliothèque de la ville, formée, depuis 4793 , avec les livres des anciens monastères de l'Angoumois et les collections de plusieurs émigrés. Cette bibliothèque se compose de 44 000 volumes, mais elle est pauvre en manuscrits. Parmi ses volumes imprimés on remarque le premier livre imprimé à Angouléme (die xvii mensis rnaii, anno Domini hcccclxxxxi) ; deux

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