‹ De Paris à BordeauxChapitre 135 sur 165 · ANGOULÊME.— ÉDIFICES CIVILS · texte numérisé non relu

ANGOULÊME.— ÉDIFICES CIVILS

Aides, de 4504 et de 4543 , le Démosthène et le Platon; un Henri Estienne de 1 584 f le Xénophon , avec la signature autographe du savant imprimeur ; une édition gothique du Roman de la Rose, etc. La bibliothèque est ouverte tous les jours , de 44 heures à 3 heures, excepté les mercredis, dimanches et jours de fêtes.

VEvéché , situé près de la cathédrale , a été construit en partie dans les premières années du xvr* siècle par Octavien de Saint-Gelais, et restauré tout récemment par M. Abbadie, qui y a ajouté un escalier et une chapelle sous laquelle on a établi une sorte de musée religieux. On peut y voir un tableau de M. Edwarmay représentant c beaucoup de choses » et contenant la liste chronologique des évêques d'Angoulême.

La collégiale de Saini-André date du xi c siècle. On y remarque le mur plat qui , ainsi qu'à Saint-Pierre de Poitiers , tient lieu d'abside, et la chaire chargée de sculptures, dont l'abat-voix est supporté par deux cariatides. — La chapelle de l'Hôtel-Dieu, qui n'est plus qu'une infirmerie , renferme t vis-à-vis le milieu du grand autel , au-dessous de la lampe d'iceluy , » la dépouille mortelle de Guez de Balzac , qui voulut être enterré avec les pauvres de l'hôpital de Notre-Dame des Anges , auquel il avait fait don d'une somme de 42 000 livres. Jusqu'en 1846, on ne connaissait pas la maison où était né Balzac en 1597. Cette maison , M. J. B. Eusèbe Castaigne , le bibliothécaire d'Angoulême , auteur de plusieurs dissertations historiques d'un vif intérêt, l'a découverte , et la Société archéologique et historique de la Charente y a fait placer une tablette commémorative. Elle fait face à la prison. — Il n'existe que des débris insignifiants du palais Taille fer (rue de ce nom), bâti en 1027 par Guillaume II de Taillefer, et habité par les [comtes d'Angoulême jusqu'au mariage d'Isabelle avec Hugues de Lusignan. — La maison Saint- Simon (rue Cloche- Verte, n° 44) a une façade de la Renaissance.

Sous la Restauration , Angoulême n'avait pas encore pu parvenir à s'arroser et à se désaltérer convenablement; elle essaya, mais en vain, avant la révolution de 4830, de se faire forer un puits artésien sur la place du Mûrier. En 4834 seulement, un ingénieur nommé Cordier a forcé la Charente à monter sur le plateau à l'aide d'une machine simple et puissante qui l'élève à

près de 400 mètres au-dessus de son niveau ordinaire. Aujourd'hui des fontaines et des bornes peuvent distribuer dans tous les quartiers, en vingt-quatre heures, 450000 litres d'une eau limpide et pure.

En redescendant au chemin de fer, à l'extrémité de la rue d'Aguesseau, on laisse à droite une grande caserne d'infanterie bâtie de -1825 à 4828, et devant laquelle s'étend une vaste place cPexercices. C'est derrière cette caserne qu'on a l'intention de construire une nouvelle prison. On se propose aussi d'ouvrir un boulevard long de 4 kilomètre environ, large de 45 mètres, qui ira de la caserne jusqu'à la chapelle Sainl-Roch y et qui offrira de jolis points de vue sur la gare du chemin de fer et sur la vallée de la Charente.

Résumé historique.

Angoulême fut d'abord une ville gauloise. Sous la domination romaine elle fît partie de la seconde Aquitaine, et saint Ausone y prêcha le christianisme. On l'appelait alors Écolisma. Envahie au v siècle par les Wisigoths ariens , qui chassèrent ses évêques orthodoxes, elle subit leur joug jusqu'en 507. Après la victoire de Voulon, Clovis, s'en étant emparé, y établit pour évêque son chapelain Aptone. Les fils et les successeurs de Clovis s'en disputèrent longtemps la possession. Elle appartenait au duc d'Aquitaine, Eudes, lorsque, en 730, les Sarrasins l'occupèrent avant de continuer leur marche triomphale jusqu'à ce champ de bataille de Moussais où Charles Martel devait arrêter cette invasion menaçante. Après la mort de son duc elle subit le sort de l'Aquitaine. Les tentatives qu'elle fit pour conquérir son indépendance échouèrent , et , lorsque Charlemagne , ayant soumis l'Aquitaine, se rendit en Espagne pour reculer jusqu'à l'Èbre les limites de ses États , il reçut à Angoulême le serment de fidélité des grands du pays. Plus tard l'Angoumois fut une des provinces du royaume d'Aquitaine formé par Charlemagne et supprimé par Charles le Chauve. Il devint alors un comté. Ses premiers comtes soutinrent une lutte opiniâtre contre les Normands ; l'un d'eux, Turpion, resta même parmi les morts sur un champ de bataille voisin de Saintes, où il avait vaincu ces barbares.

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