EXCURSION A SAINT-ÉMILION
Saftnt-ÉmlHon est à 7 ou 8 kil. de Libourne , à Test. Deux routes y conduisent. On trouvera à Y Hôtel des Princes et à Y Hôtel de l'Europe des voitures particulières pour 5 fr. et au-dessus, aller et retour. C'est une excursion de 6 à 7 heures , le voyage compris. Aucun des touristes qui la feront ne regrettera le temps qu'il lui aura consacré. La route, agréable mais un peu monotone, traverse une plaine fertile couverte de vignes, de champs de maïs et d'arbres fruitiers. On aperçoit de loin les ruines et le clocher de Saint-Ëmilion avant de monter sur la petite colline qu'elles couronnent.
L'auteur de Saint- Émilion, son histoire et ses monuments , ouvrage couronné par l'Institut, décrit ainsi la position de cette ville : a Dans la partie orientale du Bordelais , sur la rive droite de la Dordogne , entre Libourne et Castillon, se développe une belle plaine que termine une colline escarpée. Cette colline s'enfonce en forme de golfe ; et, à l'extrémité de ce golfe, au sommet du plateau, s'élève une longue flèche gothique : c'est le clocher de Saint-Ëmilion. Entrez dans le vallon qui s'ouvre devant vous, remontez le cours du ruisseau qui l'arrose et qui le fertilise, vous touchez à la ville, qui, disposée en amphithéâtre, couvre de ses ruines le fond du golfe , le versant de la colline qui l'entoure et la lisière du plateau. Si vous sortez maintenant de l'étroite gorge où vous êtes engagé , en gravissant à droite ou à gauche l'une ou l'autre colline, vous vous trouvez sur tous les points séparé de la ville par un fossé creusé dans le roc , à la profondeur de près de trente pieds sur une largeur de plus de cinquante. Au delà de ce fossé s'élevaient autrefois de hautes et fortes murailles crénelées, armées de mâchicoulis. Six doubles portes, surmontées de grosses tours carrées, et défendues encore par deux tours avancées dans le fossé, donnaient entrée dans cette espèce de château gothique. Aujourd'hui murailles, portes et tours sont aux trois quarts détruites , et les immenses brèches qui s'y rencontrent laissent voir l'intérieur de la ville et ses antiques monuments.
« Autour de cette Tille en ruines régnent <Timmense3 grottes creusées de main d'homme dans des rochers sur lesquels croît le vin renommé de Saint-Êmilion. Au fond de ces grottes, une population misérable se livre aux rudes travaux des carriers, tandis que les parties du souterrain les plus rapprochées du jour fournissent aux pauvres gens de l'endroit des logements grossiers, mais qui ont l'avantage de leur procurer de la chaleur en hiver et une fraîche température au plus fort de l'été. A l'entrée de ces espèces de cavernes se pressent des charrettes attelées de bœufs ; elles vont, sous ces voûtes profondes, chercher le bloc de pierre que les travailleurs viennent de détacher de la masse compacte.
a Au milieu de ces ruines , autour de ces sombres carrières , on cherche en vain le mouvement et la vie : tout est triste et silencieux ; on croirait voir une ville saccagée naguère et abandonnée par ses habitants .... »
Cette ville curieuse , qui mérite la visite de tous les touristes , dut son origine à un monastère de Bénédictins qu'y fonda saint Émilion au vin* siècle. Ce saint homme s'y établit au milieu de la forêt de Cumbis , dans une grotte qu'il y creusa lui-même , si l'on doit en croire la tradition, pour se mettre à l'abri des Sarrasins. Cette grotte se trouve au centre de la ville , vers le fond de l'espèce de golfe qu'occupe la ville actuelle. On y descend par un étroit escalier : arrivé dans la grotte même, on trouve sur la gauche une fontaine toujours remplie et toujours limpide; en face de l'escalier est une espèce de niche de forme carrée pratiquée dans le roc à un mètre environ au-dessus du sol ; c'était , dit-on , le lit du saint. Un peu à droite , on voit , adossée au fond de la grotte , une pierre grossièrement taillée, c'était son fauteuil; plus loin, une autre pierre représente sa table.
Si saint Émilion s'était creusé une grotte dans les rochers , ses compagnons et ses disciples commencèrent à s'y creuser une église. Cette église monolithe , l'œuvre de plusieurs générations, tournée au sud -est, longue de 32 mètres, large de 4 4 mètres, et haute de 1 6 mètres environ , se compose d'une nef et de deux bas côtés d'inégales largeurs (la nef a 4», 90, le bas côté du N. 0-, 4-,40, le bas côté du nord , i^O). La voûte, dont le cintre est parabolique , repose sur huit piliers énormes , grossièrement
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équarris , offrant , pour toute sculpture , à la naissance même de la voûte , quelques faibles traces de moulures en échiquier, ornement qui rappelle un peu les églises romanes. Les six croisées pratiquées dans la façade projettent une lumière insuffisante
L'Église monolithe el le clocher de SaintÊmilion.
au fond des trois longues allées de ce vaste souterrain où règne en tout temps une humidité froide. Quand les yeux se sont habitués peu à peu à ce demi-jour lugubre , ils finissent par dé- 76' x
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couvrir quelques sculptures. A l'extrémité de la nef, au-dessus de l'emplacement que devait occuper le maître autel , on aperçoit un bas-relief d'une exécution peu soignée, qui représente : à droite, un ange aux ailes déployées, jouant d'un instrument à cordes ; à gauche , sur un rocher , un monstre marin , au corps allongé , à la crinière hérissée ; au milieu , un personnage armé d'une perche ou d'une rame , dans l'attitude d'un batelier conduisant sa barque ; le temps l'a effacée. Diverses explications ont déjà été données de cette espèce d'hiéroglyphe. Les plus rationnelles sont celles qui admettent une représentation du Jugement dernier ou un emblème mystique de la Résurrection. Les autres sculptures qui attirent l'attention sont : deux anges entaillés dans le rocher (sur la voûte même de la nef); un centaure ( sur le côté droit et à la naissance de la voûte ) ; deux chevreaux (sur le côté gauche).
Vue de l'extérieur . l'église monolithe de Saint-Ëmilion offre, comme le représente le charmant dessin de M. Lancelot, six fenêtres, un grand portail et une petite porte. A gauche, on aperçoit la jolie chapelle en rotonde (xir 3 siècle), érigée en l'honneni de la Sainte-Trinité, et qui recouvre l'ermitage de Saint-Émilion. Les huit ouvertures de l'église ont été retouchées à la fin du xii e siècle. Le portail de gauche date évidemment de cette époque: on y ajouta alors un porche gothique à plusieurs voussures en retraite , décorées de statuettes. Le tympan de ce portail représente le Jugement dernier. On y voit le fils de l'Éternel assis sur un trône ; près de lui saint Ëmilion à genoux , et plus bas les morts soulevant la pierre de leurs tombeaux. Entre-t-on dans l'église par la petite porte, — la porte de la sacristie, — on se trouve sur une étroite tribune où se plaçait le prédicateur; elle est derrière un autel qu'elle domine ; on descend quelques degrés pour arriver au niveau du sol. Entre-t-on, au pontraire, par le grand portail , on suit d'abord une galerie assez longue (26 m ,50, sur 3 o, ,60 ) , bordée de tombeaux taillés dans le roc. Ces tombeaux furent fouillés en 4793 , lors de la profanation des églises, et ceux qui les violèrent répandirent de tous côtés les ossements humains qu'ils contenaient, o C'était une chose horrible à voir , dit M. Guadet , que cette église naturellement sombre ,
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tapissée de tombeaux entr 'ouverts et jonchée de morceaux de squelettes ; et cependant cet état de choses s'est prolongé jusqu'en 4837 , où l'église monolithe de Saint-Ëmilion a été rendue au culte. L'office divin y est célébré plusieurs fois chaque année. » Les voussures de cette galerie ont la forme de l'ogive. A droite se trouvent deux ouvertures donnant accès dans l'église , l'une à l'extrémité de la galerie , l'autre vers le milieu.
Le monastère de Saint-Ëmilion fut détruit par les Normands dans la seconde moitié du ix - siècle, occupé ensuite par un vicomte, repeuplé en 4080 par l'archevêque de Bordeaux, Goscelin, de religieux (des chanoines de Saint-Benoît) qui, en 4 140, durent être , à cause du dérèglement de leurs mœurs , placés sous la direction d'un abbé et sous la règle de Saint- Augustin. Ces Augustins abandonnèrent bientôt leur église souterraine pour se construire, au-dessus du rocher qui la renfermait, une nouvelle église avec un cloître , et élever en outre , à peu de distance de l'église nouvelle , une tour carrée qui plus tard servit de base à l'élégant clocher gothique que représente notre dessin. Cette tour , au pied de laquelle on a bâti récemment le café de plaisance , a été souvent réparée , mais elle a encore besoin de réparations. On va , dit-on , y dépenser plus de 20 000 francs. Sa hauteur totale est de 53 mètres. Il faut gravir les 187 marches qui conduisent à sa plate-forme pour se faire une idée exacte de la position de Saint-Émilion et pour jouir d'un beau panorama. On voit Libourne, la Dordogne, Saint- Sulpice, etc. Du reste, cette tour n'est plus telle qu'elle était dans l'origine; elle a été enterrée de près de 60 centimètres , et revêtue de maçonneries qui sont destinées à la consolider. Enfin on y a adossé une cage d'escalier. . Deux siècles s'écoulèrent ainsi; mais, au commencement du xiv e siècle , le pape Clément V releva les chanoines de Saint- Ëmilion de la vie monastique. Un chapitre remplaça leur communauté. Des doyens succédèrent aux abbés. Le premier de ces doyens, Gaillard de La Motte, qui devint cardinal de Sainte-Luce, était le neveu du pape. Il ne voulut pas se contenter de la modeste église qui avait suffi à ses prédécesseurs; il la fit reconstruire, agrandir, telle que nous la voyons aujourd'hui, dans le style gothique. Le plan de cette église est la croix latine
simple : longueur, 51 mètres 4 centimètres; largeur 42 mètres; longueur de la croisée, 28 mètres ; largeur, 9 mètres. Ses parties les plus remarquables sont le portail latéral et l'abside. Malheureusement les sculptures du portail ont été mutilées pendant la Révolution. Dans l'opinion de M. Raymond Guinodie aîné, qui combat presque toutes les assertions de M. Guadet, la collégiale de Saint-Émilion daterait, non pas des xii* et xiv* siècles, mais des xi e et xi:« siècles. (Voy. Histoire de Libourne, t. II, p. 280.) Il y a quelques années, en enlevant un banc qui se trouvait près du transsept, à droite, on a découvert de vieilles peintures endommagées par le badigeon et le temps. Celle de l'angle est la mieux conservée. — Les débris des cloîtres situés au midi de l'église auraient grand besoin d'être plus soigneusement entretenus. Sous les galeries , des dalles recouvrent les dépouilles mortelles d'un certain nombre de chanoines ; des tombeaux sont en outre incrustés dans les murs.
Depuis sa fondation jusqu'à la Révolution , le chapitre de Saint-Ëmilion rivalisa avec les collégiales les plus célèbres. Ses doyens furent presque tous des personnages éminents , des évêques , des archevêques , des cardinaux.
Cependant, autour de cet ermitage, devenu d'abord un monastère, puis un chapitre , une ville s'était formée. C'est l'histoire de cette ville, nommée Saint-Émilion, que M. J. Guadet a écrite et que l'Institut a couronnée. Construite en partie sur le versant de la colline en forme de fer à cheval , en partie sur la lisière du plateau , Saint-Émilion fut entourée de fossés creusés dans le roc et de murailles. Elle passait pour une place très-forte. En 4 433 , Jean sans Terre lui assura toutes les libertés et libres coutumes appartenant à une commune. En 4224, Louis VIII s'en empara ; il y respecta la commune et les remparts , mais il y bâtit une forteresse appelée le Château du Roi , sur le point du plateau qui lui parut dominer le mieux les différentes parties de la ville. Le plus important débris de cette forteresse , que des fossés taillés dans le roc isolaient de tous côtés , est une tout carrée dont les murs avaient de 9 ,n ,33 à 9 m ,ft0 de largeur et 2 m ,20 d'épaisseur.
Quand, en 4453, Saint-Ëmilion passa définitivement sous la
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domination des rois de France , elle était comme Libourne, plus anglaise que française : car les rois d'Angleterre, désireux de se concilier l'affection de ses habitants , leur avaient, à diverses reprises, accordé d'importants privilèges ; du reste, Charles VII confirma en 4 456 leurs privilèges, et Louis XI , en 1 464 , Charles VIII, Louis XII, en 4498, François I ,r , en 4515, renouvelèrent tous les engagements pris par leurs prédécesseurs. Elle avait, à ce qu'il parait , beaucoup souffert pendant la guerre , car on l'exempta de l'obligation, imposée à toutes les villes du Bordelais, de concourir à la construction du château Trompette à Bordeaux. C'était bien assez pour elle d'entretenir ses fortifications en bon état de défense , et encore n'y parvint-elle pas toujours.
Les troubles religieux du xvr siècle eurent pour Saint-Émilion les résultats les plus funestes. Le 20 février 4 £68, les soldats de Montluc, alors gouverneur de la province, s'y étant introduits sous prétexte de s'y loger , la mirent à feu et à sang après l'avoir pillée. L'année suivante , d'autres soldats catholiques vinrent à deux reprises la saccager , en prétendant la défendre contre les protestants. En 4580 elle fut surprise, envahie et pillée par les protestants. Elle resta toutefois catholique ; mais, quand Henri III eut été assassiné par Jacques Clément , elle se déclara pour Henri IV , qui confirma de nouveau tous ses privilèges en 4595. En 4624 elle reçut la visite de Louis XIII, qui s'était montré aussi libéral envers elle qu'Henri IV.
En 4789 , Saint-Émilion , la patrie de Guadet , s'empressa de prendre parti pour cette révolution qui allait la ruiner , car elle y perdit tout ce qu'elle possédait alors , ses monastères , son chapitre , sa commune , sans rien obtenir en échange de ce qui lui manquait. Elle tomba dans une profonde misère. Cependant, bien que ruinée , elle ne resta en arrière , dit M. Guadet , ni de l'enthousiasme , ni des excès que la Révolution fit éclater sur les autres points de la France. Quand la Montagne eut proscrit les Girondins, Pétion, Valady , Louvet , Barbaroux, Buzot, Salles , Guadet, trouvèrent pendant quelque temps un asile à Saint-Emilion , tantôt dans les grottes , tantôt chez Mme Bouquey , une belle-sœur de Guadet. Louvet, Barbaroux, Pétion y écrivirent une partie de leurs Mémoires. Il faut lire dans le livre
de M. Guadet l'émouvant récit de leurs souffrances , de leurs angoisses , de leurs séparations , de leurs réunions , et du dévouement de quelques-uns de leurs amis. On sait quelle fut leur fin tragique. Guadet et Salles, découverts dans la maison de Guadet père, périrent sur l'échafaud à Bordeaux. Barbaroux , Pétion et Buzot , forcés de fuir , se donnèrent volontairement la
mort. Barbaroux seul se manqua. Transporté mourant à Bordeaux, il y fut guillotiné. On retrouva à une demi-lieue de Castillon, dans un champ de blé, les cadavres de Pétion et de Buzot à moitié dévorés par les loups. Telle est la stupidité des paysans de ces contrées , qu'ils appellent ce champ le Champ des Emigrés. Valady, qui s'était depuis longtemps séparé de ses amis, avait trouvé la mort chez un parent où il avait espéré pouvoir se cacher. Louvet seul parvint à se soustraire à toutes les recherches, a Ainsi finirent les Girondins réfugiés à Saint- Êmilion, s'écrie M. Guadet en terminant son récit. Ils avaient passé près de quatorze mois dans la proscription, et, vingt jours plus tard , le 9 thermidor les rendait à la liberté. Pourquoi faut-il ajouter que tous ceux de leurs parents et de leurs amis , hommes et femmes , qui les avaient aidés à se cacher et à se sauver, périrent après eux sur l'échafaud? Qua- Une rue de saint Emilion. rante - cinq ans plus tard , dans cette même ville de Saint-Ëmilion , le fils du roi des Français , le duc d'Orléans , se faisait raconter par le fils de Guadet la fin déplorable des derniers Girondins, et lui exprimait la sympathie du roi pour ces martyrs d'une cause dont le triomphe paraissait alors réalisé : « Que voulaient ces infortunés Girondins ? ajoutat-il , ce que nous avons aujourd'hui. »
Saint-Émilion est (en 1856) une petite ville de 3000 habitants.
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Elle doit à ses vins le faible reste de vie qui l'anime encore. Ces vins , célèbres non -seulement dans toute l'Europe, mais en Amérique, se vendent, la première qualité, de 450 à 500 fr. le tonneau, année commune ; de 350 à 400 fr. la seconde qualité, et de 250 à 300 fr. la troisième qualité. Ils ont été chantés par Ausone :
Quae Burdigalensia noraen Usque ad Ca?sareas tu lit admiratio mensas Non laudata minus , nostri quam gloria vini.
Les ruines que l'on aperçoit sur la droite, à l'entrée de Saint-
l.es ruines du couvent des Curdeliers.
Émilion, quand on y arrive par Libourne, sont celles d'un ancien couvent de Dominicains, plus connus dans le pays sous le nom de Jacobins. La fondation de cet ordre date de 421 5. Ces ruines se composent des fondements de l'église et d'un pan de mur latéral de cette église, haut de plus de 20 mètres, large de près de 27 mètres, percé de deux croisées et décoré d'ornements d'un goût et d'une délicatesse remarquables. Plus loin, à gauche, dans la rue principale de la ville haute, avant de descendre
dans celle que représente notre dessin et qui conduit à l'église monolithe, on remarque d'autres ruines, envahies par une puissante végétation : ce sont les derniers débris d'un ancien couvent de Cordeliers. En s'adressant dans la maison en face, on peut s'en faire ouvrir la porte. Tout auprès s'élève, sur le sommet du plateau, une curieuse maison du xin* siècle, qu'on appelle le Palais Cardinal.
L'enceinte fortifiée de Saint-Émilion avait autrefois 4 500 mètres de longueur. On y entrait par six portes : la porte Bourgeoise, au nord; la porte Brunet, à l'est; les portes des Chanoines et de Saint-Martin, à l'ouest ; les portes Boucquère et Sainte-Marie, au sud. Ces portes, d'une épaisseur double de celle de la muraille, étaient surmontées de larges tours carrées et protégées par des meurtrières et par des mâchicoulis. Cinq appartenaient à la partie supérieure de la ville. Une seule, la porte Boucquère, ouvrait sur le vallon. La description suivante est encore empruntée à M. Guadet : c Les portes de Saint-Émilion étaient liées par des terre-pleins (la porte Brunet et la porte des Chanoines en conservent des traces) à deux tours parallèles, élevées dans le fossé même. Un pont-levis faisait communiquer ces tours avec la campagne. La porte Bourgeoise , porte principale de la ville et la seule qui eût un guichet, communiquait avec la campagne au moyen d'une chaussée pratiquée en travers du fossé , et flanquée à droite et à gauche de hautes et fortes murailles, qui se terminaient à deux tours parallèles, destinées à défendre l'entrée de cette espèce de pont. Ces tours, de forme ronde, s'ér levaient à une hauteur de 4 4 mètres environ, et leur base plongeait à une profondeur à peu près égale, où se trouvait un conduit souterrain, communiquant avec l'intérieur de la ville. La porte Boucquère était la plus faible, et c'est par là que la ville était ordinairement attaquée. Aussi voyons-nous qu'on avait placé , à quelques pas et en dehors de cette porte , une guérite en pierre ou poste d'observation , circonstance étrangère aux autres portes de Saint-Émilion. Cette guérite , aujourd'hui isolée , est élevée de 6 mètres 33 cent, au-dessus du sol. Sa base intérieure a 4 mètre 50 cent, dans tous les sens; la hauteur de ses parois, qui n'ont guère que 8 centimètres d'épaisseur, est de
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près de 4 mètre 60 cent. Une porte, du côté de la ville, une fenêtre, du côté de la campagne , sont pratiquées dans ces parois. a>