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DE LIBOURNE A BORDEAUX

En quittant la belle gare de Libourne, on aperçoit sur la droite la ville dominée par ses casernes, et bientôt on franchit la Dordogne au-dessus du pont de pierre que traverse la route déterre. Le pont du chemin de fer, composé de 9 arches, a 220 mètres de longueur , y compris les culées. C'est surtout quand on l'a dépassé qu'on aperçoit bien sur la droite le tertre de Fronsac, à la base duquel coule la Dordogne. Des deux côtés s'étendent de jolies prairies, entourées d'arbres. On a dû y construire un viaduc de 400 arches, long de 4 480 mètres. C'est le viaduc d Àrveyres. A ces prairies succèdent des champs couverts de vignes.

7<P STATION. — ARVEYRES.

5 kil. de Libourne. — 553 kil. de Paris. — 30 kil. de Bordeaux.

On trouve à la station d' Arveyres des voitures pour Branne, 42 kilomètres en une heure pour 60 et 50 centimes.

Arveyres est un village de 1400 habitants environ, agréablement situé sur une colline de la rive gauche de la Dordogne. On y découvre une vue étendue sur une plaine qui, au xvu # siècle, était un marais, et qui depuis a été souvent inondée. Son église de mauvais goût date de 4842. A l'extrémité nord du village se montrent encore les restes d'un manoir construit au xiv* siècle, et qui appartenait au commandeur de l'ordre de Malte. Le sol devient un peu plus accidenté. Le chemin de fer traverse de petites tranchées, entre lesquelles on aperçoit sur la droite la Dordogne. On voit du même côté le château de Vayres, que des bouquets d'arbres dérobent bientôt aux regards.

7f STATION. -VAYRES.

4 kil. d'Àrveyres. - 557 kil. de Paris. — 26 kil. de Bordeaux.

Vayre*, le Varaiedum des itinéraires romains, est actuellement un bourg de 2000 habitants. Son joli château, que représente notre dessin, a été pendant des siècles assez puissant pour im-

poser un droit de péage à toutes les denrées qui passaient sur son territoire. Jusqu'aux premières années du règne de Louis XIV, il a contraint tous les bâtiments qui montaient ou qui descendaient la Dordogne à le saluer d'un coup de canon. Il fut d'abord le siège d'une baronnie, puis il devint un marquisat. Son premier seigneur connu s'appelait Gombaud, et les successeurs de ce Gombaud se donnèrent tantôt au roi d'Angleterre, tantôt au roi de France. En 1521, il appartenait au bisaïeul d'Henri IV, Alain, sire d'Albret. Quand Henri IV y coucha (on y a conservé son lit jusqu'en 4789), en 4582 ou 4583, et non la

Le château de Vayres.

veille ou le lendemain de la bataille de Coutras, son propriétaire était Marc-Antoine de Gourgues, président au parlement de Bordeaux. En 1649, le duc d'Épernon résolut de s'en emparer. Des volontaires bordelais furent envoyés à son secours ; des travaux de défense s'exécutèrent à la hâte sur les points les plus vulnérables. Après diverses escarmouches assez sanglantes, le capitaine Gourgues, qui commandait la garnison, le livra aux Êpernonistes, qui le pillèrent et le saccagèrent. Dès l'année suivante, les royalistes l'avaient abandonné, car les ducs de La Rochefoucauld et de Bouillon le pourvurent de munitions de guerre et de troupes.

VAYttES. — SAINT-LOUBÈS.

Richon Laroudière y commandait. Assiégé par les troupes de Mazariii et trahi par ses soldats, il dut capituler. On lui avait promis la vie sauve; mais, bien que le maréchal de La Meilleraye lui eût donné sa parole, et malgré la grâce qu'il avait reçue du roi, il fut pendu sous la halle de Libourne ; Mazarin le livra au bourreau. Le vindicatif cardinal donna même l'ordre de démolir les fortifications du château de Vayres et le château luimême ; toutefois il révoqua cet ordre pour éviter la ruine du château de Lormont. Le dernier marquis de Vayres, du nom de Gourgues, est décédé en 4841.

Le château de Vayres s'élève au sud-ouest de l'église, sur une colline boisée, dont un ruisseau baigne la base en faisant tourner les roues d'un moulin. Il a deux façades, dont l'une, des xnr et xvi* siècles, regarde le bourg, et dont l'autre, plus moderne, est tournée vers la Dordogne. Cette seconde façade a remplacé les fortifications et les murailles détruites en 4650. La galerie qui surmonte son pavillon et ses terrasses offrent un immense panorama. L'église voisine, dédiée à saint Jean-Baptiste, fut fondée au \i m siècle, mais elle a été souvent reconstruite et restaurée. Son affreux clocher date de 4786.

Le pont de Vayres, composé de 4 arches, a une longueur totale de 50 mètres. Les bâtiments de la station se font remarquer par leur architecture.

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