‹ De Paris à BordeauxChapitre 30 sur 165 · ORLÉANS. — SAINT-AIGNAN · texte numérisé non relu

ORLÉANS. — SAINT-AIGNAN

une neu vaine à saint Aîgnan, pour obtenir la cessation des pluies froides qui menaçaient de rendre la récolte impossible. Pendant quinze ans, le 28 février, on a célébré un salut anniversaire pour remercier Dieu d'avoir, à la prière de saint Aignan, vers lequel tous les vaux s'étaient tournés , préservé Orléans de l'invasion des Cosaques, déjà campés à ses portes en 48U. i La dépouille mortelle de saint Aignan, inhumée d'abord à Saint-Laurent des Orgerils, fut ensuite apportée, sous le règne de Clovis, dans l'église de Saint-Pierre aux Bœufs, appelée dès lors Saint-Aignan. Robert le Pieux l'y apporta lui-même l'an \ 029 ; car, après l'incendie de 999, elle avait été déposée dans une chapelle voisine. Saint Louis la plaça dans une châsse plus précieuse qu'il porta lui-même sur ses épaules. Dans les guerres de religion, cette châsse fut violée et pillée par les protestants ; mais le curé de Saint-Laurent par-» vint à sauver quelques ossements du saint, qu'il rendit plus tard à l'église. En 1793, le conseil municipal fit fondre la châsse d'argent, du poids de 1 50 marcs , que le chapitre avait fait fabriquer en 1724. Enfin, les derniers débris de saint Aignan, cachés pendant la Terreur, ont été restitués avec pompe à son église, leU juin 1803. La châsse actuelle est en bois doré et sculpté.

La partie la plus ancienne de l'église de Saint-Aignan est sa nypte, qui présente dans son ensemble un chœur à abside circulaire, une galerie collatérale qui l'enveloppe , et cinq chapelles rayonnantes autour du rond-point. Cette crypte date de l'église de Robert le Pieux.

Saint- En verte (la rue Saint- Euverte, qui s'ouvre derrière l'évêché, y conduit) , dont la façade est écrasée par une affreuse tour comparativement moderne , a servi longtemps de magasin. Des archéologues vantent son porche , « où les meilleures traditions du gothique flamboyant s'allient heureusement aux premières inspirations de la Renaissance , » et son intérieur du xnr siècle , dans lequel ils retrouvent quelques vestiges du sièclti précédent et même d'époques antérieures. Une décision récente du conseil municipal leur a donné l'espoir que cette église sera conservée à l'histoire , à l'art et au culte , pour lequel elle a été construite. Saint-Euverte s'appelait dans l'origine Notre-Dame du Mont. Elle changea de nom lorsqu'elle reçut la dépouille mor-

telle de saint Euverte. Fondée au îv* siècle, incendiée en 999, rebâtie peu de temps après, elle fut rasée pendant le siège de 4 428 ; mais on conserva les parties basses, et, après la délivrance de la ville , les nouvelles constructions furent assises sur les restes des anciennes. Ainsi s'explique la différence des styles que l'on remarque à l'intérieur.

Moire- Dame de Becouvrance , située dans la rue de ce nom , qui aboutit sur le quai au-dessous du pont , a été inaugurée en 4549. c Construite en trente ans, a dit l'auteur du Vieil Orléans, elle semble avoir été le cbamp clos de la lutte ouverte au xvi* siècle entre l'ogive défaillante et le plein-cintre renaissant. »

Saint- Pierre le Poelller, située derrière la préfecture, à l'extrémité de la rue de l'Université et à peu de distance du quai, est la plus ancienne des églises actuelles d'Orléans. Supprimée en 4793, elle a été rétablie en 4816. A l'intérieur, dénué de sculptures , on remarque un bas-relief en bois représentant la Passion.

En 4852 , les travaux de fondation nécessités par le prolongement des ailes en retour du grand séminaire d'Orléans mirent au jour, dans la partie orientale du jardin, une Crypte complète qui a été depuis classée parmi les monuments historiques. Cette crypte est, à ce qu'il paraît , celle que Childebert fit construire en l'honneur de Saint-Avit. L'église supérieure fut rasée en 4429 parles habitants, reconstruite après la retraite des Anglais et démolie au siècle suivant par les Anglais. On trouvera dans le tome II des Mémoires de la Société archéologique de l Orléanais une Dissertation de M. Nouel de La Buzonnière sur la crypte de Saint-Avit d'Orléans et une Histoire de l'Église et du chapitre de Saint-Avit, par M. l'abbé de Torquat. Orientée de Test à l'ouest, ayant une longueur totale de 7 mètres 50 centimètres sur 6 mètres de largeur, cette crypte se compose d'une confession ou martyrium , et d'une chapelle ou abside circutaire séparée de la confession par un mur dans lequel s'ouvrent deux portes et deux fenêtres. La confession était intacte ; elle présentait deux rangs de trois voûtes d'arêtes retombant sur les murs et sur deux colonnes isolées , dont la hauteur est de 2 mètres ;

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