BLOIS. — LE CHATEAU
On entre dans le château de Blois par le corps de bâtiment construit sous Louis XII, et dont on a commencé la restauration à la fin de 4 855. La façade extérieure , achevée en 4501 , savant mélange de briques et de pierre , ne se distingue que par sa porte , surmontée d'une belle niche flamboyante , qui contenait , avant la Révolution, une statue équestre en bronze doré de Louis XII. On y remarque aussi les étranges postures des figurines sculptées en cul-de-lampe sous les impostes des fenêtres. Un passage voûté donne accès sur une longue galerie de colonnes alternativement rondes et quadrangulaires. Cette galerie,
Le château de Blois , aile de François 1 er .
ornée autrefois d'une danse macabre peinte à fresque , aboutit à deux escaliers dont le plus grand attire surtout l'attention des connaisseurs.
A droite, dans la cour, entre le bâtiment de Louis XII et le palais de François I er , est la salle des États. En face s'élève l'aile construite par Gaston, et, à gauche, la chapelle de Saint-Calais, à laquelle le génie militaire a retranché deux travées de la nef et sa façade, occupe l'ancien emplacement de la première chapelle, celle de l'ancien château fort des comtes de Blois, dont il ne reste plus aucun vestige. Cette chapelle appartient aussi aux constructions de Louis XII.
La salle des Étais de Blois, qui doit être bientôt restaurée, existe encore tout entière. Elle a 20 mètres de longueur sur 40 mètres de largeur. Une rangée de huit belles colonnes du xiii" siècle, surmontées d'un mur qui, percé d'arcades en ogives, sert de point d'appui à tout le système de la charpente, la divise en deux parties. La charpente et toutes les baies des fenêtres ne datent que du xr siècle. A l'extérieur, le mur en moellons de cette grande salle faisait partie de l'enceinte du château.
L'aile de François i fr , déjà bien avancée lorsque Louis XII mourut, fut achevée de 4515 à 4518. On ignore les noms des architectes qui construisirent ce chef-d'œuvre de la Renaissance, si remarquablement restauré par M. Duban, et des artistes qui le sculptèrent, a Quel admirable escalier 1 quelles merveilleuses corniches ! quel couronnement somptueux ! quel assemblage ingénieux des formes qui flattent le plus ! s'écrie M. Baillargé : quand le soleil y frappe en plein, je ne connais rien d'aussi beau. Cependant, quoi de plus simple comme donnée ? Il s'agit après tout de trois rangées de pilastres superposés les uns aux autres, sans grands frais d'ornementation ; d'une corniche massive qui les couronne, et qui enveloppe un escalier octogone à jour, placé en avant-corps, aux deux tiers de la longueur de la façade ; plus une demi-douzaine de lucarnes historiées, surmontées de deux coffres de cheminée sculptés qui s'élèvent au-dessus du toit. »
L'intérieur de l'aile de François I er n'a pas été restauré avec moins de magnificence et de bonheur que ses deux façades extérieures. 11 n'est pas encore meublé, mais on l'a orné de peintures, de dorures et de tentures qui lui rendent l'aspect caractéristique qu'il avait autrefois. Les étrangers peuvent le visiter tous les jours moyennant un pourboire. On leur montrera : Au premier étage, la première salle des gardes (belle cheminée) ; la seconde salle des gardes ; la galerie de la reine ; le cabinet de toilette de Catherine de Médicis ; la chambre à coucher où elle est morte (charmant plafond) ; son oratoire et son cabinet de travail (ravissantes boiseries décorées d'ornements variés); au deuxième étage, la salle des gardes qui servait de salle du conseil le jour de l'assassinat du duc de Guise; une Seconde salle des gardes dans les murs de laquelle on a retrouvé l'escalier par lequel