‹ De Paris à BordeauxChapitre 55 sur 165 · BL01S. — LE CHÂTEAU · texte numérisé non relu

BL01S. — LE CHÂTEAU

montèrent les quarante-cinq ; la galerie du roi ; le cabinet de travail du roi, où se tenait Henri III pendant l'assassinat du duc de Guise ; la chambre à coucher du roi, dans laquelle Guise vint mourir; l'arrière-cabinet dans lequel s'ouvrait la porte biaise où Gnise reçut les premiers coups ; et le cabinet de toilette du roi, où deux moines priaient Dieu pour le succès de l'entreprise.

De la galerie des gardes on voit, dans la tour dite des Moulins ou des Oubliettes, une prison encore armée d'une lourde porte en fer de plain-pied avec les appartements royaux et contiguë à l'ancien cabinet de la reine Catherine de Médicis. Cette prison n'était sous Henri III qu'un lieu de détention disciplinaire. C'est dans la salle basse située au-dessous et dont j'emprunte la description à M. Baillargé, car je ne l'ai pas vue, que fut enfermé et assassiné le cardinal de Lorraine.

c On parvient avec peine aux prisons et aux oubliettes du château de Blois, dit M. Baillargé ; mais il est juste d'ajouter que les amateurs du terrible y sont bien récompensés, car peu de cachots offrent aux yeux un aspect plus redoutable. C'est là la merveille du genre , et qui laisse bien loin les oubliettes de Coucy, du Vivier et de Pierrefonds. Naguère encore, au lieu d'y pénétrer par une brèche dans le soubassement de la tour des Moulins, ainsi qu'il faut faire à présent , on y entrait plus simplement par la porte ancienne, que le génie militaire a fait boucher depuis quatre ans. Un couloir étroit et bas conduisait dans une salle voûtée qu'éclairait à peine une barbacane démesurément élevée, froide , humide, construite au xnr siècle. A côté de ce cachot, dans un réduit de 2 mètres carrés , s'ouvre un puits, un cul de basse -fosse, les oubliettes. Au fond de ce puits, profond de * 3 mètres environ , on voit un commencement d'excavation creusée dans le tuf à la main, avec les ongles peut-être.... On n'y a pas trouvé de vestiges humains , mais on y marche encore sur un monceau de pierres qui n'a jamais été déblayé. »

L'aile de Gaston n'a jamais été achevée, et elle a subi de graves mutilations; elle ne mérite donc pas une visite. On pourrait la prendre pour un grand et majestueux hôpital, si elle a 'était pas une grande et majestueuse caserne.

En 4 850 , on a établi dans les combles de l'aile de François I* 1

un musée que Ton a, dit-on, l'intention de transporter ailleurs. Ce musée, ouvert tous les jours aux étrangers (moyennant un second pourboire ) , n'est pas encore digne du nom qu'il a pris. C'est une très-pauvre, três-chétive et très-insignifiante collection de tableaux , de gravures , de plâtres et d'objets d'histoire naturelle. Le catalogue des tableaux et des gravures ne compte que 477 numéros. Parmi les tableaux, on remarque :

1. Mme Lebrun. Portrait de femme. — 5. Martin. Marie de Médicis et Louis XIII enfant. 1603. — 12. Duveau. La peste d'Elliant. — 14. Inconnu. Portrait de Ronsard. — 19, 20, 32, 36 , 42, 43 , 54, 60, 62. Hémon. Environs de Blois. — 45. Inconnu. La reine Marguerite. — 58. Inconnu. Gaston d'Orléans. — 61. Eugène Ciceri. Paysage. — 64. A. Couder. Intérieur de l'atelier de Bourguignon. — 144. Fragment d'une fresque provenant du château de Beauregard. — 159, 161. Breughel de Velours. Vue de Flandre. — 160. Inconnu. Marguerite de Bourbon.

La cathédrale db Blois (à l'extrémité est de la ville ) fut bâtie en 4016 sur l'emplacement d'une ancienne chapelle consacrée à saint Pierre. Rebâtie en 4106, en 4390 et en 4678, à la suite de l'ouragan qui l'avait renversée, elle prit, en 4730 , le nom de Saint-Louis ; jusqu'alors on l'avait appelée Saint-Solenne. Construite dans le style d'architecture nommé faux gothique , elle n'offre aucun intérêt. Dans l'avant-derniôre chapelle de droite , on remarque deux bas-reliefs en marbre blanc , la Mémoire et la Méditation , provenant du tombeau de la mère de Stanislas , roi de Pologne , tombeau qui se trouvait dans l'église des Jésuites , et qui fut détruit pendant la Révolution

Au-dessous de la cathédrale s'élève le palais bpiscopal, construit en même temps qu'elle , sous le règne de Louis XIV, par Golbert , qui avait épousé une Blésoise ; Gabriel en fut l'architecte. Pendant la Révolution et sous l'Empire, les administrations départementales l'ont occupé. Marie-Louise s'y retira avec le roi de Rome en 4815. Il n'a été rendu à sa destination première qu'en 1 830 , avant la révolution. Sa belle terrasse , plantée d'arbres , est en tout temps ouverte au public ; on y découvre une belle vue, très-inférieure toutefois à celle dont on jouit des tours d'Amboise. L'évôché de Blois ne date que de 4697 ; il fut créé dans le but de détruire le protestan-

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