BLOIS. — SAINT-LAUMER
tisme , qui avait survécu à la révocation de l'édit de Nantes. Le premier évéque , M. de Berthier , prit des mesures telles , qu'il força les protestants à se déclarer catholiques ou à s'exiler. Il fonda le couvent des nouvelles catholiques, où il fit élever leurs enfants.
Saint-Nicolas (ou Saint-Laumer, car on devrait lui rendre son ancien nom), situé à l'extrémité inférieure de la ville , est la plus belle église de Blois. Bâtie par les Bénédictins de Saint- Laumer, de 4138 à 424 0, elle fut pillée pendant les guerres de religion en 4 567, restaurée par Gaston, saccagée , fermée , transformée en club pendant la Révolution, enfin rendue au culte avant l'Empire. On en a commencé la restauration. Une des tours de la façade était presque complètement achevée en 4855. cDans ses différentes parties, dit M. Laurand (Mémoires de la Société archéologique de F Orléanais, t. Il), cette église reproduit presque toutes les périodes de l'architecture religieuse depuis le xir siècle. L'art roman se montre dans le bas côté du nord de la nef; le style de transition apparaît dans le chœur, le transsept et la première travée de la nef ; les trois autres travées de la façade et les deux tours qui l'accompagnent appartiennent au mi* siècle ; le style rayonnant se manifeste à la chapelle de la Vierge, addition postérieure; enfin le xv # siècle dans la chapelle de Notre-Dame de Pitié. »
Les sculptures du grand portail central de Saint-Laumer ont été affreusement mutilées, et les trois portes qui correspondent aux trois nefs n'ont pas le même niveau. A l'intérieur, le chœur et le transsept attirent surtout l'attention des architectes. Ils admirent la profusion et la variété des ornements répandus sur les chapiteaux et les corniches, c N'avez-vous jamais considéré, écrivait frère Noël Mars, en 4646, ce dosme ou lanterne si artistement élaboré , que tous les maistres architectes viennent le voir pour en prendre des modelles et s'en former des idées, comme si c'estoit un petit miracle du monde. > La chapelle de Saint-Laumer a été restaurée tout récemment. Les peintures murales qui la décorent ont été retrouvées en partie et en partie copiées sur des monuments de la même époque.
L'abbaye de Saint-Laumer, dont le bâtiment primitif était situé 76' ;
au midi de l'église et remontait au xm* siècle , fut détruit par les protestants ; il n'en reste que de rares débris. Après l'introduction de la réforme de saint Maur , on éleva le cloître actuel avec les bâtiments qui l'entourent. Toutes ces constructions , augmentées en 4845 , sont occupées actuellement par Y Hôtel- Dieu , qui vient aussi d'être restauré. Hospice civil et militaire, il renferme 365 lits. En face , sur l'autre rive de la Loire , est Y hôpital général y qui peut recevoir 420 vieillards des deux sexes et 80 enfants.
Saint-Vincent-de Paul , autrefois les Jésuites , est l'église située sur la place du château , en face de la façade restaurée de l'aile de François 1 er . Cette église à été bâtie de 1626 à 4674 par les Jésuites, sur les dessins de Mansart. Dévastée en 4793, elle servit tour à tour de club , d'écurie et de magasin à fourrages. Elle a été rendue au culte en 4 828 et appelée alors Saint- Vincentde-Paul ; elle portait auparavant le nom de Saint-Louis. Avant sa dévastation , elle renfermait le tombeau de la mère de Stanislas , roi de Pologne. Le monument élevé par Mademoiselle de Montpensier à la mémoire de Gaston , son père , existe encore en partie ; mais il ne contient plus le cœur du prince, qui fut jeté dans la rue en 4 793, avec les débris de l'urne dans laquelle il avait été enfermé.
A côté de l'église Saint-Vincent-de-Paul, sur la même place, se trouve le magasin des subsistances militaires, établi en 4793, quand le château devint une caserne, dans un pavillon qu'on appelait les bains de la reine et qui ornait la partie inférieure des jardins, désignée sous les noms de jardin bas ou de jardin de la reine. Ce pavillon, dont les terrasses sont encombrées de constructions modernes, et qui n'est plus isolé comme il l'était autrefois, fut bâti par la reine Anne de Bretagne à laquelle il servit souvent de retraite. Il est question de le restaurer.
Les autres édifices religieux ou civils de Blois n'offrent rien d'intéressant à un étranger. Un seul mérite sinon une visite, du moins une mention, c'est la halle au blé, qui s'élève en face du palais de justice, sur une grande place appelée Denis-Papin, ou de la Préfecture, et au milieu de laquelle on a semé une pelouse fort mal entretenue. Ce bâtiment, construit en pierres et en