STATION. - TOURS
10 kil. de Montlouis. - 23 kil. d'Amboise. — 56 kil. de Blois. - 115 kil. d'Orléati*. 236 kil. de Paris. — 107 kil. d'Angers. — 195 kil. de Nanies. — 68 kil. de Chaicllemull. - 101 kil. de Poitiers. — 214 kil. d'Angoulême. — 347 kil. de Bordeaux.
Renseignements généraux.
Un Bitpfet a été établi à la gare de Tours.
Des Omnibus conduisent de la gare à tous les hôtels.
Hôtkls. — De l'Univers, tenu par Duchemin-Ribou et situé sur le boulevard Heurteloup, à quelques pas de la gare. Cet hôtel, qui ne laisse rien à désirer , peut rivaliser pour la propreté, le confortable et le service, avec les meilleurs hôtels de la Suisse et des bords du Rhin. Ses prix sont du reste fort modérés. On paye : une chambre, de 4 fr. 50 c. à 2 fr. et au-dessus (bougie comprise); un salon, de 4 à 40 fr.; un thé, 4 fr.; un déjeuner à table d'hôte ou à part, avec vin, 2 fr. 50 c; un dîner à table d'hôte, avec vin, 3 fr. 50 c; le service, 50 c. par jour. Il y a dans l'hôtel : un salon de réception et un cabinet de lecture, où se trouvent un grand nombre de journaux français et étrangers; — des voitures à volonté pour la ville et pour la campagne; — des interprètes pour les familles anglaises, allemandes, espagnoles et italiennes; — Du Faisan; de Londres; de la Boule d'Or; de Bordtaux et de la Poste, etc.
Li brames. — Marne, rue de l'Intendance; — Bouzeret, rue de l'Intendance ; — G uilland Verger, rue Royale, 43.
Poste aux lettres, rue de la Scellerie.
Bains. — Bains Richelieu, passage Hulin. On y entre par la rue Royale 17, et par la rue delà Galère. Bains ordinaires, bains médicinaux, bains de vapeur, douches, etc.
Louhims de voitures. — Gouebaull, ancien cocher de Paris, rue Royale, 76. — Charles Souillet, rue de la Scellerie, 45. — Une voiture pour la promenade se loue 3 fr. la première heure, 2 fr. les heures suivantes , 4 2 fr^ la demi-journée, 20 fr. la journée. — Un cheval de selle se loue de 5 à 40 fr., suivant la longueur de la course.
Voitures de correspondance. — Le chemin de fer correspond
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avec : la Flèche, par Château-du-Loir et le Lude, 95 kil. en 9 heures, pour 7 fr. 25 c; — le Mans, 4- par Château-du-Loir et Ecommoy; 2 6 par la Châtre-sur-le-Loir et Grand-Lucé, 88 kil. en A heures, pour 8 fr. 25 c. et 7 fr. 25.; — Loches, par Cormery, 40 kil. en 3 heures 30 minutes pour 3 fr. et 2 fr. 50 c.
Situation et aspect général.
Vonrs est située sur la rive gauche de la Loire, entre la Loire et le Cher, à 59 mètres au-dessus du niveau de la mer; mais la gare du chemin de fer a été établie vers son extrémité sud, à 1000 mètres du fleuve. Si, en sortant de la gare, on veut aller voir la Loire , il faut tourner à gauche , passer devant l'hôtel de l'Univers et prendre à droite la belle rue Royale, à l'angle de laquelle s'élève le palais de justice. Cette rue date de 4786 , époque à laquelle, rebâtie sur un nouveau plan , elle perdit son nom de Traversaine. Elle est large, droite , garnie de trottoirs et bordée de maisons, qui n'ont aucun style architectural. C'est pour ks amateurs de la ligne droite , la plus belle rue de la ville. Elle partage Tours en deux parties à peu près égales. On laisse à droite, en la descendant , la préfecture , la cathédrale , l'archevêché , la tour de Guise , Saint-Julien , le musée, etc.; à gauche, le palais de justice, la totir de Charlemagne , la tour de l'Horloge , l'hôpital général , l'église Saint~Clément , la maison de Tristan l'Ermite , l'hôtel Gouin , Notre-Dame la Riche, l'hôtel de ville, etc. A sou extrémité inférieure , en avant du pont , entre l'hôtel de ville à gauche et le musée à droite, s'élève depuis 4852 la statue de René Descartes par M. de Nieuwerkerke (4848). Descartes, qui pourrait avoir une physionomie plus intelligente , est représenté debout, la tête penchée, dans l'attitude de la méditation, la main gauche appuyée sur sa poitrine, son bras droit pendant à son côté, et sa main droite tenant un livre. Au-dessous de la statue sont gravés ces mots : Cogito, ergo sum.
Pour bien voir Tours, pour se faire une idée exacte de sa position et de sa configuration , il faut monter sur les tours de la cathédrale, mais il faut aussi aller se promener sur le pont. Ce pont de pierre, longde434m. 48cent. entre les culées et large de 44 m. 60 cent., se compose de quinze arches d'un diamètre de 24 m. 76» n
±iO 1TJNEHA1RE D'ORLÉANS A TOURS.
40 cent, èt d'une épaisseur de 4 m. 87 cent. Commencé le 5 octobre 4765, il fut terminé en 4777 sous l'administration de M. de Choiseul et sur les dessins de M. de Bayeux. L'ancien pont, construit en 4 030 par Eudes 11, comte de Tours, était situé un peu audessus, en face du faubourg JSaint-Symphorien ; on en voit encore quelques débris. Depuis son achèvement, le nouveau pont de Tours à dû être souvent consolidé ; en 4789 quatre arches s'écroulèrent; elles ne furent complètement Teconstruites qu'en 4840.
C'est au milieu de son pont de*pierre que l'on doit se' placer pour contempler Tours sous un de ses'plus beaux aspects. Que si l'on se tourne vers la ville, on voit sés principaux monuments s'élever au-dessus de la masse compacte de ses maisons ; à l'extrémité de la rue Royale commence l'avenue de Grammont , continuée par la route de Bordeaux qui se prolonge en ligne droite jusqu'aux coteaux boisés de la rive gauche du Cher. A droite et à gauche s'étendent le long dû fleuve deux quais en partie plantés d'arbres, et qu'on peut regretter toutefois dé ne pas trouver mieux habités et plus animés. Tout le commerce s'est réfugié en effet dans l'intérieur de la ville. La Loire est parsemée d'îles boisées qui contrastent agréablement avec son * lit souvent trop sablonneux. En . amont c'est Y Entre-pont, traversée par le pont suspendu qui conduit de la rue Saint-Maurice à Saint-Symphorien ; plus loin se montre l'île Aucard, Bivaval s'étend Vile Saint-Simon, traversée également par un pont : suspendu qui a été inauguré le 4 4 octobre 4855 et qui aboutit sur la rive droite en face delà Galanderie, entre Saint-Cyr à gauche ^t la Bretèche à droite. Ces deux lies ont ététransformées en promenades, qui sont, il est vrai, fort mal entretenues. On y a toutefois établi quelques cafés et restaurants. Se tourne-t-on au contraire du côté opposé à la ville, on voit, au delà de la place de la Tranchée, s'élever de 57 mètres à 97 mètres la belle route qui, parvenue au sommet du plateau, .se bifurque pour conduire, sur la gauche, à Caen , sur la droite; à Paris.. Les coteaux, dont le fleuve baigne la base, sont couverts de maisons, de villas, de châteaux , de jardins. Rien de plus charmant (en Touraine ) que ce paysage. Sur la droite du pont s'étend le beau faubourg de Saint-Symphorien. Sur la gauche, le couvent et l'église neuve des Dames de la Présentation attirent surtout les regards.
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Un moine de Marmoutier a fait jadis l'éloge suivant des femmes de Tours :
€ Les femmes y sont d'une beauté qui surpasse l'imagination. Celles des autres pays paraîtraient laides à côté d'elles. Ëlles joignent à cela un goût dans leur parure qui ajoute encore à leurs grâces. Leur vue captive les yeux et allume le désir. Mais la nature a mis bon ordre à ce que la séduction qu'elles exercent ne devienne une source de péché ; elle leur a donné en même temps que la beauté une chasteté à toute épreuve , comme font ceux qui tempèrent l'éclat de la rose en la mariant au lis. »
Histoire.
Quand les Romains conquirent la Gaule, Tours était la ville des Tarons (urbs Turonum) . C'est ainsi que Jules César la désigne dans ses Commentaires. Plusieurs fois les Turons essayèrent de reconquérir leur indépendance. Leurs tentatives échouèrent, et leur ancienne capitale, destinée à devenir plus tard le chef-lieu de la troisième Lyonnaise, prit sous Auguste le nom de Cxsarodunum. Les successeurs d'Auguste l'agrandirent en l'embellissant. Un paragraphe spécial sera consacré ci-dessous aux débris de ceux de ses anciens monuments qui existent encore aujourd'hui.
Le christianisme s'établit de bonne heure dans la Touraine. Saint Gatien, le premier évêque et le patron de Tours, vint l'y prêcher vers la fin du nr siècle. Saint Lidoire, son successeur, obtint d'un sénateur de la ville sa maison pour y construire une église. Le successeur de saint Lidoire fut le célèbre saint Martin, qui, après avoir fondé à Ligugé, dans les environs de Poitiers, le premier monastère des Gaules, vint s'établir à Marmoutier. A la mort de saint Martin (401 ou 402), les Tourangeaux avaient presque tous renoncé aux religions du passé pour se convertir à la foi nouvelle ; mais le monde romain était condamné à périr et sa dernière heure approchait. Les barbares qui devaient le détruire l'envahissaient de tous côtés,
Caesarodunum, appelée dès lor3 urbs Turonica } avait repoussé une première fois les Wisigoths en 428 ; ils s'en emparèrent en 420. Toutefois leur domination ne dura que vingt-sept ans. Dès l'année 507, le chef des Franks, Clovis (Chlodowig), triom-
phait d'Alaric , leur chef » qu'il tuait de sa propre main sur le champ de bataille de Voulon ; et, après avoir conquis les vastes régions comprises entre la Loire , les Pyrénées occidentales , la Haute-Garonne et les Gévennes, il revenait à Tours remercier le Dieu des batailles dans la basilique, de Saint-Martin. Ce fut là qu'il revêtit la tunique de pourpre et la chlamyde consulaire, et qu'il ceignit le diadème que lui avait envoyé l'empereur Anastase. Il se rendit ensuite , suivi d'un brillant cortège , depuis l'église de Saint-Martin-hors-les-murs jusqu'à la cathédrale, jetant le long de son chemin des poignées d'or et d'argent à la foule émerveillée.
Deux-cent vingt-cinq ans plus tard (732), Charles Martel engageait, près de Tours, cette bataille qui devait se terminer dans les plaines du Poitou, à Moussais la Bataille, parla défaite des Sarrasins, dont les victoires semblaient menacer l'Europe entière. Ainsi les Franks triomphèrent de l'islamisme presque dans les mêmes lieux où ils avaient vaincu l'arianisme. Pendant les deux siècles qui séparèrent ces deux victoires, Tours avait vu mourir, en 545, l'épouse de Clovis, sainte Clotilde, qui avait converti au christianisme le fier Sicambre. En 573 Grégoire de Tours, le père de l'histoire de France, avait été nommé son évêque. En 622 Dagobert I" avait confirmé tous les anciens privilèges de ses habitants, mais il avait concédé au clergé la jouissance de tous les revenus municipaux et aux évêques le droit de nommer les comtes ou gouverneurs de la ville, concession qui devait plus tard exciter de graves dissensions civiles.
Alcuin , l'ami et le commensal de Charlemagne , élevé par son auguste protecteur au titre d'abbé de Saint-Martin, établit à Tours, vers la fin du vin' siècle, la première école publique de théologie et de philosophie qui ait existé en France. En 800 , Charlemagne y réunit les principaux seigneurs de son vaste royaume pour le partager entre ses trois fils Charles , Pépin et Louis. Ce dernier* roi d'Aquitaine, avait été mis en possession de la Touraine; mais Charlemagne ayant changé ses dispositions dans la diète de Thionville en 806 , Tours et la contrée à laquelle elle avait donné son nom furent réunies définitivement à la couronne de France,
En 838 Tours avait résisté à toutes les attaques des Normands;
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mais ces barbares la prirent et la pillèrent en 853 et en 903 Aussi en 909 le comte Robert III obtint-il de Charles le Simple l'autorisation d'entourer de murs le bourg qui s'était élevé à côté et en dehors de l'enceinte gallo-romaine, autour de la basilique de Saint-Martin. Ce bourg, appelé dès lors Châleauneuf — il avait d'abord porté le nom de Martinopolis - ne fut réuni à la ville proprement dite qu'en 4354, par lettres patentes du roi Jean. Ce fut à peu près à cette époque, c'est-à-dire au commencement du x* siècle , que les comtes de Tours devinrent héréditaires , et , en 987 , Hugues Capet sanctionna toutes leurs usurpations antérieures.
Thibault le Tricheur, le premier comte héréditaire de Tours , réunit à Tours , à Chartres et à Blois les seigneuries de Chinon , de Montaigu, de Vierzon, de Sancerre et de Saumur. Il fut l'un des seigneurs féodaux les plus puissants du royaume de France. Il mourut à Tours en 878. Mais ses successeurs ne surent pas conserver ses vastes possessions. Foulques Nerra , comte d'Anjou , s'empara de Tours en 988 et 994. Geoffroy Martel, fils et héritier de Foulques Nerra, la prit en 1044, après un siège de 18 mois. L'aîné des fils de Geoffroy Martel, étant devenu roi d'Angleterre sous le nom d'Henri II, la réunit à sa couronne. Il en fut, dit un historien, plutôt un bienfaiteur qu'un maître. Personne, comte , duc ou roi , n'a rendu de plus éminents services aux Tourangeaux et ne possède plus de droits à leur estime, à leur reconnaissance. Malheureusement pour ses sujets français, ses fils se révoltèrent contre lui. En 4189, Philippe Auguste marcha sur Tours avec Richard; il la prit d'assaut, l'incendia et fit massacrer une partie de sa garnison. Déjà en 4 466 elle avait été livrée aux flammes par les troupes de Louis VIII. Henri II , obligé de demander la paix , s'engagea à payer les frais de la guerre et à laisser comme gages les villes de Tours et du Mans entre les mains de Philippe Auguste et de Richard. Deux jours après il mourait de chagrin au château de Chinon. A l'avènement de Richard , Philippe Auguste rendit au nouveau roi d'Angleterre les deux villes que son père leur avait données à titre de gage; et, l'année suivante, les deux souverains, qui avaient pris la croix, vinrent faire ensemble leurs dévotions au tombeau de saint Martin, avant de s'embarquer pour
la Terre sainte. A son tour Philippe Auguste obtint de Jean sans Terre, frère de Richard, qui voulait s'emparer du trône d'Angleterre , la cession de Tours , de Montrichard , d'Amboise, de Montbazon , de Loches et de Chàtillon sur Indre. La guerre éclata entre les rois de France et d'Angleterre. D'abord Richard Cœur de Lion s'empara de Tours et de Châteauneuf , puis Philippe Auguste et Jean sans Terre, qui d'alliés étaient devenus rivaux, les prirent et les saccagèrent en même temps (4202). Enfin, quand Jean sans Terre eut égorgé son neveu Arthur de Bretagne, quand les pairs du royaume, chargés de le juger, l'eurent « deshérité de toute la terre qu'il possédait en France, » dès la première sommation, le gouverneur de Tours livra cette place à Philippe Auguste (4204). LaTouraine, qui avait été séparée pendant 260 ans du royaume de France, lui fut ainsi réunie, et le traité conclu en 4242 entre saint Louis et Henri III d'Angleterre ratifia cette réunion , qui ne devint définitive qu'en 4584 , à la mort de François, duc d'Alençon , le dernier apanagiste de cette province.
En 4223 et en 4265, Louis VIII et Philippe le Hardi avaient rassemblé leurs armées à Tours ; Louis IX y était venu en 4226 avec sa mère, Blanche de Castille; en 4308, Philippe le Bel y fait ratifier par les États la condamnation des Templiers. En 4408, elle reçoit, déjà malade et privé de sa raison, Charles VI qu'elle avait vu dix-sept ans auparavant dans tout l'éclat de sa jeunesse et de sa puissance. En 4 44 7 , Isabeau de Bavière, que son fils y a reléguée, force les bourgeois à livrer leur ville à Jean sans Peur. Abandonnée ensuite par Charles VII, Tours se voit obligée de donner trois mille écus d'or pour que les Bourguignons consentent à s'éloigner de ses murs ; et, quand Jeanne d'Arc a sauvé la France, le roi et les trois Ëtats , réunis dans sa cathédrale, y ratifient le traité d'Arras, "après y avoir chanté un Te Deum d'actions de grâces (4435).
Sous Louis XI , Tours devient en quelque sorte la capitale de la France ou du moins la résidence du souverain. Le roi préfère à Paris son château de Plessis-lez-Tours ; il convoque à Tours les Ëtats généraux, en 4 464 ; une assemblée de Notables , en 4 470. Depuis 4347, la commune était administrée par des magistrats nommés Élus, choisis librement par les habitants, sans nulle
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intervention de l'autorité royale. En 4462, Louis XI substitue aux Élus un corps de ville composé d'un maire, de vingtcinq échevins perpétuels, et de soixante-quinze pairs à vie, auxquels il accorde le privilège de noblesse ; mais , s'il détruit les libertés de la commune , il s'efforce de développer sa prospérité matérielle. Déjà, en 4 460, Charles VII, voulant favoriser l'établissement de fabriques de draperies à Tours, avait accordé divers privilèges aux tisserands ; il les avait exemptés pendant dix ans des droits d'aide, de taille, de guet et de garde. En 4 470, Louis XI y établit des fabriques d'étoffes de soie, de drap, d'or et d'argent. « Aucun sacrifice ne lui coûta , dit un historien , pour attirer les meilleurs ouvriers de Gênes et de Florence ; il les affranchit de la taille et de toute espèce d'impôt. En 4497, Charles VIII confirma tous ces privilèges ; aussi la population augmenta-t-elle rapidement. Vers la fin du xvi e siècle, elle était, dit-on, de près de quatre- vingt mille habitants.
Les États de \ 484, réunis à Tours, ratifièrent les dernières volontés exprimées par Louis XI ; ils conservèrent la régence à Anne de Beaujeu , fille aînée du feu roi , malgré l'opposition du duc d'Orléans. Louis XII y tint, au château de Plessis, les États de 4506, et il y convoqua, en 4510, l'élite du clergé de son royaume pour le consulter sur la question de savoir s'il devait faire la guerre à la cour de Rome. En 4520, François I ,r , voulant transformer Tours en une place de guerre importante, y commença des travaux de fortifications que le manque d'argent le força de suspendre, et qui, tour à tour abandonnés et repris sous Henri III, ajournés d'abord sous Henri IV, ne furent exécutés qu'en 4646; il n'en reste presque aucune trace aujourd'hui.
Les guerres de religion portèrent un coup fatal à la prospérité de Tours. Un grand nombre d'habitants avaient adopté la religion réformée, lorsque Condé s'empara de la ville en 4561 . D'affreux excès furent commis par les vainqueurs ; ils pillèrent les églises, ils dévalisèrent les couvents , ils brûlèrent les reliques : toutefois ils respectèrent les personnes. Ces excès amenèrent des représailles encore plus condamnables. Dès que le prince de Condé eut retiré ses troupes sur l'ordre du roi de Navarre, les catholiques se ruèrent sur les protestants qu'ils égorgèrent et
qu'ils noyèrent par centaines (1562). Une troupe de religionnaires, comme les appellent les écrivains catholiques , s'était réfugiée dans l'église de Notre-Dame la Riche ; plusieurs réussirent à s'échapper ; les autres y furent massacrés ou en furent tirés pour être précipités dans la Loire.
Après la clôture des États de Blois, Henri III se retira à Tours. H y transféra le Parlement et la Chambre des comptes. Mayenne, s'étant avancé jusque sous les murs de la ville, remporta sur les troupes du roi quelques avantages qui déterminèrent Henri ni à traiter avec le roi de Navarre. Le Béarnais lui amena alors ses braves Gascons, et ils partirent ensemble de Tours pour Paris (1589). A dater de cette époque, Tours ne joue plus qu'un rôle secondaire dans l'histoire de France. Elle n'en est du reste que plus heureuse et plus riche. Ses soieries étaient préférées dans toute l'Europe à celles de l'Angleterre et de Gênes. Nous avons exposé ci-dessous la principale cause qui au xvn e siècle ruina les industries auxquelles elle avait dû sa réputation et sa prospérité. Depuis lors elle n'a été le théâtre d'aucun événement important. La Révolution s'y accomplit sans violence. Sous l'Empire, sa tranquillité ne fut jamais troublée. En 4845, elle reçut dans ses murs ou dans ses environs une partie de l'armée de la Loire, qui dut y subir son licenciement.
Aujourd'hui Tours est le chef-lieu du département d'Indre-et- Loire, le siège d'un archevêché dont les évêchés suffragants sont : le Mans, Angers , Nantes , Rennes , Qùimper, Vannes et Saint-Çrieuc ; le chef-lieu d'une division militaire. Elle possède une cour d'assises, un tribunal de première instance, un tribunal de commerce, une école préparatoire de médecine et de pharmacie, un lycée, des sociétés d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres, d'archéologie, de médecine, etc. Sa population s'élève à 30766 habitants pour la ville, et à 35 4 4 4 habitants, en y comprenant les communes extra muros.
Tours a vu naître le théologien Bérenger, les typographes Nicolas Jenson et Christophe Plantin, les peintres François Clouet, Robert Vinaigrier, Jean Fouquet, le graveur Abraham Bosse, les sculpteurs Lejuste , les architectes Gabriel , les poètes Grécourt, Destouches et René Rapin, le chirurgien Heurteloup.