‹ De Paris à BordeauxChapitre 81 sur 165 · TOURS. — LA CATHEDRALE · texte numérisé non relu

TOURS. — LA CATHEDRALE

La Touraine a perdu en 1790 son nom de province pour s'appeler le département d'Indre-et-Loire. On l'a surnommée quelquefois le jardin de la France. Mais ce jardin ne réalise pas partout les idées que Ton s'en forme avant de l'avoir vu : il est rarement pittoresque ; il manque souvent de fertilité, et, dans bien des localités, il offre de vastes terrains incultes qui ne peuvent servir qu'au parcours. Ce qu'il présente de plus caractéristique, ce sont (dans l'arrondissement de Loches) des falunières, ou amas de sables et de coquilles marines appartenant aux terrains tertiaires supérieurs. On trouve dans ces dépôts, placés , tantôt à la surface du sol, tantôt à un ou deux mètres de profondeur, des ossements et des bois fossiles et des coquilles marines. Ces faluns servent à améliorer les terres ; ils remplacent avec avantage la marne ou tout autre engrais.

Édifioes religieux.

La Cathédrale de Tours, autrefois Saint-Maurice , aujourd'hui Saint-Gatien , fut fondée par saint Lidoire, réédifiée à la suite d'un incendie par saint Grégoire de Tours , incendiée de nouveau en 4466, reconstruite ou plutôt recommencée en 4 170 par l'archevêque Joscion, car sa reconstruction n'a pas duré moins de 377 ans. Elle n'a été achevée qu'en 4 547. De là le dicton populaire en Touraine : Cest interminable comme l'œuvre de Saint- Maurice. Les quinze chapelles du rond-point; le sanctuaire et le chœur étaient terminés en 4260; le transsept, les deux premières travées de la grande nef, jusqu'à la hauteur des galeries, ne le furent qu'en 4300; la tour du nord date de 4 507, celle du sud de 4 547. Cette église offre donc des spécimens de tous les styles d'architecture au moyen âge. On reconnaît le style romano-byzantin du xu e siècle dans quelques constructions inférieures; le style ogival primitif du xur siècle dans la région absidale ; le style ogival secondaire du xiv* siècle dans le transsept, les deux premières travées et les collatéraux de la nef; le style ogival tertiaire du xv e siècle, dans les dernières travées de la nef et le portail principal ; le style de la Renaissance, dans la partie supérieure des tours.

En 4602, Henri IV visita Tours, et il fut émerveillé par la façade

de la cathédrale, a Voilà, s'écria-t-il en parlant surtout des tours, deux beaux bijoux , il n'y manque que les écrins. » Ces deux tours, hautes, celle du nord, de 70 mètres, et celle du sud, de 69 mètres, sont en effet ciselées comme des chefs-d'œuvre d'orfèvrerie. Le portail principal, mutilé pendant la Révolution, a été restauré il y a quelques années par M. Guérin, et décoré de 36 statuettes par M. Toussaint. Il est surmonté d'une grande rose flamboyante, ornée de vitraux du xv* siècle.

L'extérieur de Saint-Gatien a beaucoup souffert des injures

du temps et de celles des hommes. Les statuettes et les ornements des deux portails latéraux ont été mutilés en 1793. On remarque surtout l'abside, au milieu des arcs-boutants , des oontre-forts , des clochetons qui l'entourent et qu'elle domine.

A l'intérieur, la cathédrale de Tours a 97 mètres de longueur, 46 mètres de largeur dans les transsepts , 22 mètres dans la nef et les latéraux ( \ 0 mètres la nef, et 6 mètres chaque bas côté), 29 mètres de hau- Tombeau des enfants de Charles vin. teur dans la nef et 41 mètres dans les latéraux, c Si elle est moins vaste que d'autres églises gothiques, elle ne le cède à aucune autre , a dit un des chanoines de son chapitre , par l'harmonie des proportions , la légèreté de sa construction, la régularité de l'ensemble, la pureté du style et l'élégance des formes. » Sa forme est celle de la croix latine. Autour du sanctuaire s'ouvrent cinq chapelles absidales. Après avoir admiré l'effet général , la rosace du grand portail, les rosaces des transsepts et les verrières du chœur , principalement celles de la chapelle de la Vierge, provenant de l'église

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