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DIEPPE

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Barre, qui fait suite à la Grande-Rue. Au n° 6 le temple protestant occupe l’ancienne chapelle des "Carmélites, dont le cloître, aujourd’hui mutilé, est compris dans les bâtiments de l’usine d’électricité : on visite (n° 63) avec l’autorisation de l’ingénieur. Un peu plus loin, à dr., la rue des Bains mène à l’église Saint- Rémy, bâtie de 1522 à 1640, curieux monument de transition gothique-Renaissance.'

On y remarque ; un bufiet d’orgues de t737 ; l’ornementation des chapiteaux du chœur, purement Renaissance, avec mascarons. petits personnages ' parmi lesquels des Amours ; les clôtures en pierre des chapelles du déambulatoire ; les dais, pinacles, arcades, clefs de voûte de la chapelle de la Vierge et deux tombeaux d’anciens gouverneurs de Dieppe; le monument du Trésor, profusion de sculptures dans le style le plus gracieux de la Renaissance, avec statuettes des 9 Muses.

La rue dé la Barre, à laquelle' on revient aboutit à un carrefour : à dr. la rue de Sygogne {V. ci-dessous), allant à la plage ; à g. la place de la Barre où sont un monument aux morts pour la patrie par E. Bénet et à g. le palais de justice suivi d’un square.

Au carrefour on prend la rue de Chastes, entrecoupée de marches ; on voit d’abord, à g., la tour carrée (xiv® s.) de l’ancienne église Saint-Rémy, reconstruite au xvi® s. à son emplacement actuel. Puis on longe le rempart pour arriver à rentrée du château .

Le *château {visite, en temps ordinaire, de 8 h. à ii h. 30 et de 13 h. 30 à 17 h. ; le concierge accompagne, rémunération) est un édifice féodal, pittoresque, construit en 1435 et qui a subi depuis de nombreux remaniements. On accède à une terrasse, à dr., d’où l’on domine la ville ; vers la dr. on voit la vaJlée d’Arques, à g. le casino et la mer. On visite l’intérieur des tours (murs énormes) ; une belle salle du xvi® s., dite salle des Gardes ; des cachots ; dans une petite cour, une maison de la Renaissauce, à poutres sculptées ; des appartements qui fuient boisés aux xvii<^ et xviii® s., pour recevoir les rois de France lorsqu’ils venaient à Dieppe ; un bel escalier de fer forgé, de l’époque de Louis XIV.

Un souterrain de 2,600 ra., creusé au xvi® s., et muré en 1874, partait du château ; il renferme les anciens conduits des fontaines qui alimentaient la ville. Il aboutit au Petit-Appeville (p. 15) d’où se lait sa visite.

On redescend à la place de la Barre et l’on prend la rue de Sygogne, quartier des étrangers. La 3® rue à dr. mène à la place Camille-Saint-Saëns on se voit le théâtre : an foyer, statue de Saint-Saëns, par Ma rqueste. En face de soi, la rue de l’Hôtel-de-Ville conduit à Yhôtcl de ville : au 2® étage la bibliothèque renferme 40,000 volumes.

A g., eu entrant dans la cuur, est le musée, public, sauf le lundi de IX h. à h. du 15 mai au 30 sept., et du i®"’ oct. au 15 mai les mardi, jeudi, sam. et dim. de ii h. à 15 h. Conservateur : M. Georges Lebas.

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Rez-de-chaussée. — Au vestibule, fragments de sculpture. Dans l’escalier, faïences et gravures.

ÉTAGE. — Salle Féret ; anciens costumes dieppois,' plans etjvues anciennes de Dieppe, carrelage de la Renaissance. — Salle Abbé-Cochet : buste de cet archéologue par Blard ; dans des vitrines, vases de verre, statuettes, colliers, cadrans de pendules, etc. ; quelques autographes dont un de Duquesne. Salle d’histoire naturelle de J. Hardy. — A g. du palier, mttsée Saint-Sains, donné à la ville par ce compositeur dont la famille est originaire d’un village voisin, Rouxmesnil (p. lo) ; mobilier, piano, portraits, dessins et croquis de Henri Régnault, int&essante série d’autographes et diflérents tableaux.

Dans l'escalier, curieuse carte géographique, dite mappemonde de Henri II, exécutée en 1546 par P. Descelliers.

2° ÉTAGE. — 1'= salle : gravures. — Grande salle (peintures modernes) : Fantin-Latour, paysage ; Bellan, la Famille inquiète ; * Boudin, la Falaise de Dieppe; Vallon, Nature morte; Cl. Gellée, Marine: Brugnière, Eglise Saint- Jacques ; Rail, Printemps ; M. Sauvaige, Crépuscule à Camaret ; *F. Thaulow. Rivière à Manéhouville ; Renaudin, Varennes eh Argonne ; Pissarro, Dieppe ; *Jundt, Retour de fête ; De Broutelles, Soir à Dieppe ; Isabey, Marché de village. — Salle de dr. : Giordano (attribué à). Hercule chez Omphale; Ec. de Van Dyck, Jésus et St Jean-Baptiste ; Ec. hollandaise. Tête de St Jean- Baptiste ; Lemoine, Tête de vieillard. Dans 2 vitrines, intéressantes ♦ivoireries dieppoises. — Salle de g. : -quelques shulptures dont un Martyr chrétien par Falguière et .des tableaux de Graillon (peintre dieppois de l’éc. romantique). Vallon (Poissons de mer), J.-E. Blanche (Enfant couchée), Havard, Eug. Froment, Lambinet, etc. — Une petite salle, à g. de l’escalier, contient des dessins, aquarelles et pastels de Flouest et un de Mme Vigie- Lebrun.

Revenu à la place Saint-Saëns on passe sous la porte du Port-d’ Ouest (2 petites tours rondes du xvi® s.) et l’on se trouve en face du casino, d’un vague style mauresque ; il se cpmpose d’un bâtiment central et de 2 ailes. Devant la façade s’étendent les bains sur une plage de galets qui découvre une bande de sable à marée basse.

Ce qu’on appelle la plage comprend non seulement la bordure de galets que la mer laisse à découvert, mais aussi l’espacé gazonné (1,200 m. de long sur 200 m. de large) compris entre la rue Aguado, la jetée de l’O. et le pied de la falaisè (|ui porie le château. Tout le long de la plage, du casino à la jetee, court le boulevard Maritime, dont le large trottoir est bordé d’une main courante entrecoupée de rotondes avec bancs et escaliers.

La rue A guado, qui forme le fond de la plage, est bordée par de belles constructions, de grands hôtels et par la manufacture des tabacs, visible t. 1. j. à partir de 14 h., une des plus impor^ tantes de France.

On revient à la gare, directement par la rue et le quai Duquesne, ou bien l’on continue jusqu’à l’entrée du port pour revenir par les quais ; sur l’autre rive, on voit le quai et lefaubourg du Pollet, populeux quartier des pêcheurs.

Environs. — A 3 k. 5 E. (voit, pub!.), pax le faubourg du Pollet, Pays (hôt. : Château de Pays ; àt la Plage) est une petite station balnéaire dans un vallon verdoyant. Sur la falaise se: rouve la citi de Limes ou camp de

César, sorte de camp retranché d’origine gaiiloise ou romaine, qu^ semble avoir été l’origine de Dieppe. — A 7 k. plus loin est la station balnéaire de Berneval-les-Bains {Grand-Hôtel^ t.c.f. ; hôt. de la Plage) encadrée de deux falaises hautes de 100 m.

De Dieppe a Quiberville (16 k. S. -O,, auto du Puits-Salé). — La route part du carrefour de la Barre, s’élève à 90 m. au sommet de Caude-Côte, dépasse le golf de Dieppe (les visiteurs paient i fr.), puis descend vers le vallon où est situé Pourville (hôt. ; Grand-Hôtel \ de la Maison-Rouge ; des Falaises), station balnéaire fréquentée par les artistes, avec un casino, à l’issue de la vallée de la Scie, qu’on peut remonter jusqu’au Petit- Appeville si l’on tient à visiter V aqueduc de Toustain, souterrain de 5 k. communiquant avec le château de Dieppe. — 8 k. Le *Manoir d'Ango (à g. de la route), construit par l’armateur dieppois et transformé en ferme, présenté un ensemble de constructions pittoresques de la Renaissance : beau colombier et loggia à arcades. — 9 k. V arengeville (hôt. du Télégraphe)., villégiature champêtre à 83 m. sur un plateau. A la mairie le chemin de dr. conduit k. 3) l’église, des xiii<^--\vi« s., isolée sur le bord d’une falaise à pic qui obmine la gorge des Moustiers ; le chemin de g. va à Varengeville-PIage (hôt, de la Terrasse), modeste station balnéaire dans une valleuse boisée de pins. — Ün peu plus loin se détache une route de i k. allant au phare d'Ailly, construit en 1775, d’une portée de 28 milles. — 15 k. Sainte-Marguerite (hôt. du Balcon^ Fleuri), village près de l'emboychure de la Saâne ; l’église en partie romane (xi® s.) a un maître-autel du xii® s. ; une station romaine y était établie et des fouilles ont amené la découverte, dans la butte Noient, d’une villa romaine et d’un cimetière gaÜo-romain. — 16 k. Quiberville (hôt. : du Casino, T.C.F. ; des BaUts), petite station balnéaire, à 4 k. 5 de la station d’Ouville-la- • Rivière (p. 63) de la ligne du Havre à Dieppe. Le village dissémine ses maisons sur la colline qui domine le large vallon de prairies de la Saâne.

Dk Dieppe au Havre, p. 62.

De Dieppe au Tréport.

Chemin de fer : 45 k. ; 9 fr. 50, 6 fr. 25, 4 fr.

La ligne emprunte d’abord celle de Paris et remonte la vallée d’Arques. — 4 k. Rouxmesnil (p. 10). On bifurque à g., ■pour franchir la rivière d’Arqnes et remonter le vallon de son affluent l'Eaulne. A dr. la forêt d'Arques.

7 k. Martin- Eglise, point de départ des excursions dans la forêt d’Arques (p. 10). A dr. château de Pontrancard. — 10 k. Aneçurt. — 15 k. Envermeu, 1,463 hab., embranch. sur Aumale ( V. le Guide Bleu : Réseaux Nord et Est) ; église gothique du xvi® s. La voie quitte la vallée de l’Eaulne pour descendre dans la vallée de l’Yères. — 31 ,k. Touffrevillc- Criel. A 3 k. Criel-sur-Mer, 1,067 hab., éloigné de 2 k. de la mer où s’est formée, à l’embouchure de l’Yères, la petite station de Criel-Plagc au pied du mont Criel, falaise haute de 104 m. — Viaduc sur l’Yères. — 35 k. Saint-Rémy-Bosrocourt.

42 k. Eu (hôt. : de l'a Gare, t.c.k. ; du Commerce et du Cygne, T.C.F.), 5,651 hab., dans la vallée de la Bresle, est sur la

DE PARIS A DIEPPE

ligne directe de Paris au Tréport, auquel elle est, aussi reliée par un tram (p. 17).

De la gare, située dans le faubourg de la Chaussée, on suit (tram) l’avenue de la Gare (à dr., port), puis à dr. le boulevard Hélène, à g. la rue de la Poste ; enfin, par la chaussée de Picardie et la rue de l’Abbaye, on monte à la place du Président- Carnot, où se trouvent Vhôtel de ville, la halle et l’église.

L’*église Saint-Laurent, à côté du château, sur une terrasse dominant la ville, a été bâtie de 1186 à 1230, remaniée au XV® s. et restaurée au xix® s. ; elle offre, à part les tours qui manquent, le plan complet et toutes ,les dispositions caractéristic^ues des édifices normands du xiii® s. Le chœur donne à l’exterieur un magnifique ensemble du style flamboyant le plus riche.

Dans la nef, banc d’œuvre et chaire sculptés, du xvin® s. Au. transept dr., colonne torse et fonts baptismaux du xv® s. Au chœur, belle clôture sculptée (1540 à 1580) et 4 colonnes de marbre supportant des urnes de bronze, avec devises et épitaphes relatives aux d’Orléans, au prince de Dombes (petit-fils de Louis XIV et de Mme de Montespan) et à Catherine de Clèves. Au pourtour du chœur, une porte donne accès à la chapelle du Saint-Sépulcre, où se voit une belle *Mise au tombeau, à personnages sculptés, du xv® s. A la chapelle absidale. Vierge en bois, qui passe pour l’œuvre de l’un des frères Anguier, célèbres .sculpteurs nés à Eu (xvii® s.). Au transept g., petit bas-relief de terre cuite (fin du XVI® s.) figurant l’Ensevelissement du Christ et une sculpture peinte et dorée de l’Adoration des Mages. Au bas-côté g., tombeau de Nicolas de Saint- Ouen (t 1504). Enfin, dans la crypte, du xu® s. (s’adr. au sacristain ; rémuné ration), se voient 10 sarcophages renfermant un 4;ertain nombre de princes et de princesses, refaits en 1828, mais supportant des ■'statues anciennes.

Le château (visite rigoureusement interdite), propriété (de M. le comte d’Eu, occupe l’emplacement d’un ancien château fort du X® s., incendié en 1475 sur l’ordre de Louis XI. En 1578, le duc Henri de Guise fit élever par les frères Leroy, de Beauvais, un château en pierre rouge (terminé seulement en 1661), dont l’édifice actuel reproduit le plan. En 1902 un incendie détruisit le château, n’épargnant que l’aile dr. et la chapelle ; les travaux de reconstruction et de restauration l’ont complètement remis en état. Le parc (ferme au public), s’â;end sur 46 hect. et compte parmi les plus beaux de France ; il a été dessiné par Le Nôtre.

Sur la place Carnot s’ouvrent plusieurs rues, notamment, à l’E., la rue du Collège qui mène à la place du Collège, où se voit le buste du sculpteur' Michel Anguier (1612-1686), le plus célèbre des trois frères, natifs d’Eu, œuvre en bronze d’Eug. Bénet (1908). Le collège est une ancienne maison de Jésuites élevée vers 1582, dont on remarquera la chapelle (s’adr. au concierge pour visiter ; pourb.), construite de 1622 à. 1624, curieux spécimen de l’architecture du temps de Louis XIII ; elle renferme les beaux *mausolées en marbres blanc et noir du duc Henri de Guise le Balafré (assassiné en 1588) et de Catherine de Clèves, comtesse d'Eu, son épouse (f 1633),

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