FLEUR VILLE
dance conduisant à : Lugny (12 kil. en 1 h. 15 m. pour 50 cent.); — Pont-de-Vaux (tous les trains, 5 kil. pour 15 cent.); — Romenay (21 kil. en 2 heures pour 75 cent.)
FlearTille est un hameau dépendant de Montbellet et de la commune voisine de Vérizet (780 hab.). En creusant les tranchées du chemin de fer, on y découvrit en 1853 , au-dessous du château de M. Chalot , de nombreux débris de tuiles, de briques et de fragments de marbre qui recouvraient les fondations d’un vaste édifice ; deux salles de bains et un hypocauste dont toutes les dispositions étaient faciles à reconnaître ; plusieurs aqueducs y aboutissaient. Du reste , tous les terrains voisins recèlent de nombreux vestiges de constructions romaines ; une terre porte encore le nom de champ de la ville. Déjà, en 1705, M. de Tilladet, évêque de Mâcon , avait découvert au même endroit plusieurs sépultures dans l’une desquelles se trouvait le squelette d’une très-grande femme , portant une coiffure singulière , et qui donna lieu à plusieurs dissertations savantes.
Un pont suspendu met Fleurville en communication avec la rive gauche de la Saône.
Un peu au delà de Fleurville, on passe au milieu du village de Saint-Âlbain (782 hab.), que traverse la route de terre; ce village est fort ancien ; les fouilles qu’ont nécessitées les travaux du chemin de fer y ont fait découvrir , en 1853 , un grand nombre de tombeaux de l’époque gallo-romaine. La plupart de ces tombeaux , en grès d’une seule pièce et recouverts d’une pierre convexe , avaient mieux conservé les corps qui leur avaient été confiés que les médailles, ornements ou armures propres à leur donner une date précise ; un seul semblait avoir appartenu à un personnage de marque : malheureusement l’inscription n’a pu être recueillie. A quelques pas de ce cimetière , en creusant les fondations d’un petit aqueduc entre le village de Saint-Albain et le lieu appelé le Quart-Barrot , on coupa à la même époque dans une partie de sa longueur les vestiges bien conservés de la grande voie d’Agrippa, de Lyon à Boulogne. D’énormes ossements antédiluviens ont en outre été retirés d'une tranchée ouverte au nord du village, dans une épaisse couche de sable fin, entre deux bancs de pierre calcaire.
302 ITINÉRAIRE DE DIJON A LYON
Le château fort de Saint-Albain , situé sur la hauteur avec la partie la plus ancienne du village , a été pris et repris pendant les guerres de la Ligue , notamment en 1594. Il ne reste de ses fortifications qu’une tour et des murs en terrasses d'où l’on jouit d’un magnifique point de vue; au-dessous s’élève l’église, dont la tour octogone date du xm* siècle.
A 2 kilomètres environ de Saint-Albain , on laisse à droite la Salle (534 hab.), qui possède encore les ruines de son vieux château bâti du temps des croisades , et à gauche Mouge, hameau qui dépend de la Salle et que traverse la route de terre ; puis on franchit la Mouge, dont on voit s’ouvrir à droite la jolie vallée terminée par de hautes montagnes.
53 e STATION. -SÉNOZAN.
7 kil. de Fleurville. — 115 kil. de Dijon. — 430 kil. de Paris. — 82 kil. de Lyon.
Sénozan (508 hab.), l’un des plus riants villages du Méconnais , est situé près de la route de terre, à la droite du chemin de fer, sur un plateau d’où l’on découvre, à l’ouest, la gorge pittoresque de la Salle , à l’est, le bassin de la Saône , la Bresse et le Jura. Son églisQ, construite en pierres de taille , dans le style moderne (fin du xvn* siècle) , renferme , dit l’annuaire de Saéne-et-Loire, des tableaux d’un grand prix , et entre autres une Vierge attribuée à Rubens. Le château avait été reconstruit , au milieu du xvn' siècle, par Olivier de Viriville , ancien colporteur de dentelles, qui, après avoir fait fortune, s’était rendu acquéreur de l’ancien château. Lemoine en avait décoré les plafonds. Quand la Révolution éclata , il appartenait à M. le comte de Talleyrand-Périgord (le frère du diplomate), qui avait épousé la descendante du colporteur. Mme de Périgord fut l’une des dernières victimes de la Terreur : elle périt sur l’échafaud le 9 thermidor, le jour même de l’arrestation de Robespierre. Elle figure sur le tableau trop mélodramatique de M. Müller, placé actuellement au musée du Luxembourg ( l'appel des dernières victimes de la Terreur ) ; le 29 juillet 1 789, le château de sa famille paternelle avait été incendié par les paysans ; il n’en resta que les caves , les communs et la jolie tour de l’horloge , au-