‹ De Paris à Lyon et à AuxerreChapitre 135 sur 158 · LYON. — FOURVIÈRES · texte numérisé non relu

LYON. — FOURVIÈRES

que contient l'église de Fourvières, et que tous les artistes ne trouveront pas dignes de si grands éloges. L’un, de M. Martin Daussigny, est exécuté à l’encaustique. 11 est destiné à rappeler l'inondation de 1840. La ville de Lyon, figurée par une femme, s’est réfugiée avec son lion sur des ruines que les eaux vont recouvrir, et se recommande à la sainte Vierge, auprès de laquelle saint Pothin, saint Irénée et saint Jean- Baptiste (à droite du spectateur) intercèdent pour elle, et qui, exauçant leurs prières, ordonne à un ange, armé d’un glaive de feu, de terrasser le Rhône et la Saône. Derrière ces deux figures symboliques, on aperçoit la peste qui délaye ses poisons et la famine qui se ronge les bras. Sainte Blandine montre Marie aux fidèles , et les nuages entr’ouverts laissent voir la chapelle de Fourvières dominée par l’arc-en-ciel.

L'autre tableau est de M. Victor Orsel, artiste lyonnais, mort il y a peu d’années. Il représente la ville de Lyon épargnée par le choléra, grâce à la sainte Vierge, auprès de laquelle saint Pothin, saint Irénée et sainte Blandine. Au bas du tableau on voit la colline de Fourvières, et au-dessous le portrait du peintre avec cette inscription : Dum civium suumque votum absolvit , immatura morte præreptus pictor lugdunensis Victor Orsel. Orsel, en effet, mourut avant d’avoir terminé ce tableau, qui fut achevé par ses amis, et qui figura à l’Exposition de 1852. Des légendes latérales expliquent la reconnaissance et le vœu des habitants.

I e clocher de Fourvières (25 centimes d’entrée), offre un admirable panorama quand le temps est clair, quand le ciel surtout est légèrement moucheté de nuages qui ne gênent pas la vue, mais qui çà et là forment de grandes ombres sur ce magnifique tableau. Il en est peu de plus beaux. A vos pieds, entre ces deux collines couvertes de maisons, de jardins, de forteresses, la Saône, traversée par de nombreux ponts, captive entre deux lignes de quais; entre la Saône et le Rhône, la ville de Lyon conquise sur la nature, et dominée par cette montagne abrupte et élevée de Saint-Sébastien que couronne la Croix-Rousse ; sur la rive gauche du Rhône, les Brotteaux et la Guillotière; puis de vastes plaines verdoyantes, des collines et une chaîne de montagnes au-dessus de laquelle se montrent les sommets neigeux des Alpes. A votre

ITINÉRAIRE DE DIJON A LYON

droite, au delà des coteaux de Saint-Just, de Saint-Irénée et de Sainte-Foy, à l’extrémité de la presqu’île de Perrache, la jonction de la Saône et du Rhône, la vallée du Rhône qui va se perdre à l’horizon, dans un ciel plus éclatant, et toute la chaîne du Dauphiné; à votre gauche, le beau groupe du mont d’Or tout scintillant de villas ; derrière vous, enfin, la chaîne d’Izeron, les montagnes du Forez, le mont Pilât et les chaînes volcaniques de l’Auvergne.

Négligeons les détails, ils sont trop nombreux; mais, avant de descendre dans l’agglomération lyonnaise, pour la décrire sous tous ses aspects, distinguons du haut de Fourvières les principaux groupes dont elle se compose.

Valse est une ville industrielle et commerçante, détruite en partie par l’inondation de 1840, reconstruite depuis. Elle n’a rien d’intéressant pour un étranger, si ce n’est sa nouvelle église. On vient d'y percer de belles rues et d’y prolonger le quai de la Gare jusqu'au quai de Serin, car la gare du chemin de fer y avait tellement augmenté la circulation, qui y était pourtant déjà trop active, que les anciennes rues devenaient complètement insuffisantes. Malgré ces améliorations, on est toujours pressé d’en sortir quand on y arrive.

En face de Vaise, qui occupe la rive droite de la Saône, et où venaient aboutir les routes de Paris, est le faubourg de Sert», l’entrepôt des vins du Beaujolais, que dominent les hauteurs de la Croix-Rousse, le quartier des ouvriers. Après la conspiration d’Amboise, le cardinal de Tournon, archevêque de Lyon, ordonna des processions solennelles pour détourner les fléaux de l’hérésie et de la guerre civile. L’une de ces processions s’arrêta sur le plateau de Saint-Sébastien, où elle écouta le sermon d’un prédicateur catholique, et on érigea en ce lieu une croix en pierre de couleur jaune, tirant sur le rouge, qui fit donner plus tard le nom de Croix -Rousse au quartier construit à l’entour.

La commune de L>you, proprement dite, occupait tout l’espace compris entre la Croix-Rousse et la jonction du Rhône et de la Saône. Au pied de la Croix-Rousse, sur les pentes du coteau, dans les quartiers Saint-Clair et des Capucins, sont établis les fa-

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