PASSAGES
La rue Centrale, rue nouvellement ouverte et destinée à relier la rue des Terreaux et la place delà Préfecture, n’a malheureusement pas une longueur suffisante ; aussi il est question de percer une nouvelle rue parallèle à la rue Centrale, partant aussi de la place des Terreaux, mais de l’autre côté du palais des Arts, et allant aboutir à la place de la Préfecture. Cette rue prendra le nom de rue de l'Impératrice, et va compléter, avec les rues Centrale, Saint- Pierre et Impériale l’œuvre de régénération de l’ancien Lyon. Lorsque cette rue sera faite et que les travaux commencés le long des quais seront terminés, cette ville, à qui ses quartiers délabrés et ses logements insalubres ont fait une réputation longtemps méritée de malpropreté, sera devenue une cité élégante qui verra s’accroître de plus en plus son animation et sa prospérité.
Les amateurs de vieilles maisons en trouveront encore un certain nombre dans les anciens quartiers de la noblesse et de la magistrature, c’est-à-dire le long de la rive droite de la Saône, au-dessous de Fourvières, entre Saint-Paul et Saint-Georges. Il a été sérieusement question, pendant ces dernières années, de démolir tous ces quartiers pour y élever divers édifices publics dont la reconstruction est jugée nécessaire ; mais aucun des projets mis en avant n’a encore été adopté.
On a construit en 1858 un passage couvert en face de l'hôtel de ville. Auparavant, Lyon n’avait que deux passages proprement dits, la galerie de l’ Argue, qui conduit de la place
Vieilles maisons à Lyon.
ITINÉRAIRE DE DIJON A LYON
de la Préfecture ou plutôt de la rue Centrale à la rue Impériale. Cette galerie, ouverte en 1828, a plus de 150 mètres de longueur, mais elle est beaucoup trop étroite. Elle est surtout fréquentée par les ouvriers. Le soir, la circulation y devient souvent difficile. On y trouve plusieurs cafés et théâtres populaires.
La galerie de l'Hôtel - Dieu, qui mène de. la place Impériale au quai de l'Hôtel-Dieu , est plus large et plus belle que la galerie de l’Argue , mais c’est un véritable désert. Les magasins sont en partie inoccupés, et les promeneurs y vont rarement chercher la place qu’ils y trouveraient et qui leur manque à la galerie de l’Argue.
Le nombre de ces allées ou ruelles infectes et sombres, dont nous avons parlé, diminue d’année en année. On en a détruit beaucoup et on n’en construit plus.
Le service des eaux.
Jusqu’à l’année 1856, la ville de Lyon, qui a si souvent et si cruellement souffert des inondations de ses deux fleuves , a manqué d’eau. De 1830 à 1853, divers projets furent discutés pour lui en fournir une quantité suffisante , plusieurs services partiels et provisoires satisfirent même les besoins les plus urgents. Mais ce fut seulement le 15 août 1856 qu’eut lieu l’inauguration duservice général, concédé en 1853 à la Compagnie généraledes eauxdeFrance, et organisé par M. Bonnet, ingénieur en chef de la voirie de Lyon, et M. Aristide Dumont, ingénieur des ponts et chaussées, auteur du projet. L’acte de concession avait été basé sur une distribution de 20 000 mètres cubes d’eau par 24 heures, soit 100 litres par jour et par tête d’habitant. La Compagnie peut dès aujourd’hui fournir 30 000 mètres cubes par jour, et cependant les dépenses, évaluées à 7 millions et demi , n’ont pas dépassé, dit-on, 6 millions et demi.
Le puisard a été établi, en amont de Lyon, aux Petits-Brotteaux. Il se compose d’une galerie de 150 mètres de longueur et de 5 mètres de largeur, fondée jusqu’à trois mètres en contre-bas de l’étiage, et rendue complètement étanche jusqu’à cette profondeur. Il a été construit en béton de ciment romain. Afin d’éviter