‹ De Paris à Lyon et à AuxerreChapitre 139 sur 158 · LYON. —SERVICE DES EAUX · texte numérisé non relu

LYON. —SERVICE DES EAUX

les infiltrations du voisinage, la Compagnie concessionnaire a acquis trois hectares de terrain, qu’elle conserve à l'état inculte. En outre, des digues ont été construites pour le défendre contre les invasions du fleuve et éviter l'introduction directe des eaux dans le puisard. Ainsi donc les eaux ne laissent rien à désirer comme pureté. Leur température est presque constamment à 7 e au-dessous de celles du Rhône : pendant les plus fortes chaleurs de l’été de 1856, le thermomètre marquait 20° dans le Rhône et 13 seulement dans le puisard.

Le service se divise en haut et bas. Le bas service est alimenté par un réservoir établi sur le flanc du coteau de Montessuy. Ce réservoir, divisé en deux parties contenant chacune 5000 mètres cubes, est à 48 mètres au-dessus de l’étiage. ]Jn réservoir spécial de 5000 mètres cubes a été construit en outre au Jardin des plantes pour l’arrosage public. Le réservoir du haut service se trouve au sommet du coteau de Montessuy; il est à 106 mètres au-dessus de l’étiage. Il a une capacité de 6000 mètres. L'eau est montée de la galerie de filtration dans ces deux bassins par deux machines à vapeur de la force de 170 chevaux chacune; une troisième machine a été construite pour remplacer alternativement les deux autres en cas de besoin. Celle du bas service fournit 1000 mètres cubes d’eau à l'heure, celle du haut 400 mètres. Ces machines, du système Cornouailles, sortent des ateliers du Creuzot.

La Compagnie s’esrt engagée à poser 78 000 mètres de conduits en fonte d’un diamètre qui varie de 0 m , 60 à 0 m 081. 75 000 sont déjà en place. Elle doit, en outre, construire 20 000 mètres d’égouts, dont 17 000 sont achevés. Elle entretient à ses frais 175 bornes-fontaines, plus de 700 bouches d’arrosage, et doit alimenter toutes les fontaines monumentales que la ville jugera à propos de faire construire.

Des fontaines ont déjà été établies sur les places des Terreaux et de la Préfecture ; enfin une application des eaux , aussi nouvelle qu’utile, a été tentée : c’est leur emploi , comme moteur, à toutes les industries qui ont besoin de petites forces variable^ de 1 à 10 hommes. Dans ce système, la pression des eaux se trouve dépensée par leur passage dans une turbine , à la sortie de la-

ITINÉRAIRE DE DIJON A LYON

quelle elles peuvent être utilisées , comme à l’ordinaire , sans avoir perdu aucune de leurs qualités. Ces moteurs, plus économiques et plus maniables que la vapeur, trouveront un emploi à Lyon, où il existe un grand nombre d’industries qui n’exigent qu’une petite force. Les expériences faites, notamment pour l’impression du journal le Salut public , ont complètement réussi. Il y a là pour la Compagnie, disait le dernier rapport du conseil d’administration, une source importante de produits '.

Fortifications.

Le système de fortification qui couvre Lyon et les tulles suburbaines se compose de trois parties distinctes : celle de la rive gauche du Rhône, qui entoure la Guillotière et les Brotteaux; celle de la rive droite de la Saône, qui défend l’accès de Vaise, de Fourvières et de Sainte-Foy, enfin celle d’entre Saône et Rhône, qui protège la Croix-Rousse et la ville proprement dite.

La première partie comprend, en allant du nord au sud, le fort de la Téte-d’Or, qui est le plus rapproché du Haut-Rhône ; puis ceux des Charpennes, des Brotteaux, de la Part-Dieu, de Villeurbane, de Lamotte , du Colombier, et enfin celui de la Fitriolerie, situé au bord du Rhône , près du chemin de fer de Lyon à la Méditerranée. Ces forts, épars dans la plaine, ont peu d’élévation au-dessus du terrain environnant; ils ne sont curieux qu’au point de vue de l’art militaire et ne méritent pas la visite des touristes.

Entre les Brotteaux et le fort de la Part-Dieu, on a commencé, en 1846, la construction non encore achevée d’un grand établissement d’artillerie, qui sera remarquable par son importance et par l’aspect imposant des bâtiments destinés à le compléter.

En avant du fort des Charpennes se trouve le Grand-Camp , terrain de manœuvre de l’armée de Lyon, près duquel on a commencé à dessiner et à planter un parc semblable au bois de Boulogne. Il a pour limite, du côté du Rhône, la digue qui se rompit en 1856, et laissa aux eaux du fleuve le passage par lequel elles

i. Pour 30 fr. par an, soit 2 fr. 50 c. par mois, un ménage de 3 personnes a, toute l'année, et à toute heure du jour et de la nuit, de l’eau à discrétion et à domicile.

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