LYON. — FORTIFICATIONS
se précipitèrent à travers le village des Charpennes, sur les Brotteaux et la Guillotière, pour rentrer dans le Rhône près de la gare de la Vitriolerie.
La deuxième partie se compose du fort Sainte-Foy, situé près du village de ce nom, de ceux de Saint-Irénée , de Loyasse, de Vaise , et de celui de la Duchère, qui occupe une éminence située à l’ouest de la gare de Vaise. Ces ouvrages sont soutenus par une enceinte continue qui commence au-dessus du pont d’Ainay par le fort Saint-Just, contourne le plateau de Fourvières, et se termine sur le rocher de Pierre-Scise.
Ces diverses fortifications placées dans un terrain accidenté, et dans des positions élevées, dominent les environs de Lyon, et permettent au voyageur, qui a le temps de les visiter, d’admirer de magnifiques panoramas. Ainsi du fort Saint-Just on découvre la Mulatière, une partie du cours des deux rivières, leur confluent, la tête du chemin de fer de Saint-Étienne et son tunnel, le fort et les coteaux de Sainte-Foy, le chemin de fer de Paris à la Méditerranée, ses deux ponts, l’endroit où il entre sous la montagne de Fourvières , et les deux magnifiques gares de la Guillotière et de Perrache. Entre les deux rivières, on voit la ville de Lyon et les hauteurs de la Croix-Rousse, qui termine le panorama du côté du nord ; enfin à l’est, onaperçoit le département de l’Isère, les montagnes du Dauphiné et les sommets neigeux des Alpes.
Au fort Sainte-Foy on pourra visiter, avec la permission du commandant, les casemates basses, dont la construction est trèsremarquable. La vue dont on jouit du haut des parapets de ce fort est à peu près la même que celle du fort Saint-Just; mais elle embrasse une plus grande partie du cours inférieur du Rhône.
Les forts de Loyasse et de Vaise se distinguent des autres surtout par la grandeur et l’originalité de leurs parties construites en maçonnerie. Le premier de ces forts domine l’extrémité septentrionale du tunnel du chemin de fer de Paris, et permet de voir au loin le cours supérieur de la Saône.
La troisième partie du système de fortifications comprend l’enceinte continue de la Croix- Rousse, qui commence au fort Saint-
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Jean , d'où l’on découvre Vaise , le coteau de Fourrières et une partie de Lyon. Cette enceinte traverse le plateau de la Croix- Rousse, et descend le long de la pente orientale jusqu’en face du pont Saint-Clair. C’est le long de cette enceinte , et principalement sur la place des Bernardines , qu’eut lieu le combat qui termina l’émeute de juin 1849.
En avant de cette enceinte, on a élevé les deux forts de Caluire et de Montessuy. Ce dernier a une vue fort étendue sur le Rhône, le Grand-Camp, les Brotteaux, le Dauphiné et les Alpes. De Caluire on découvre, sur la rive gauche de la Saône, Fontaine, Collonges, Calvire, etc.; au milieu de la rivière, l’île Barbe avec ses charmantes villas et les restes de son ancienne abbaye, et enfin sur la rive droite, Saint-Rambert, la chaîne du mont d'Or et une partie du Beaujolais.
L’enceinte qui renferme les forts détachés a 26 kilomètres de tour.
Antiquités.
Quand la colonie romaine se fut établie sur le plateau de Fourvières, elle dut songer à se procurer des eaux saines et abondantes. Elle se construisit en conséquence des aqueduc* qui pussent lui en apporter. Ces aqueducs étaient au nombre de trois. Ils ont été élevés à peu près à la même époque, car ils n’offrent dans leur construction aucune différence appréciable ; on les distingue tantôt sous les noms des pays d’où ils partaient, tantôt sous ceux des villages qui en ont conservé les débris les plus remarquables. Ce sont les aqueducs du mont d’Or ou d’Écully, de Montroman ou de Craponne, et du mont Pilât. Endommagés pendant le sac de Lyon sous Sévère, ils furent presque entièrement renversés par les Sarrasins au vm e siècle. Depuis, le vandalisme et la cupidité des paysans les ont singulièrement diminués.
L 'aqueduc du mont d’Or ou d'Écully, dont on a attribué la construction à Antoine, descendait du mont d’Or, traversait le ruisseau d’Écully, franchissait le profond vallon de Grangeblanche sur un magnifique pont à siphons, composé de plusieurs arches élancées et d’une dimension considérable, qui s’est écroulé en
1827, puis, après avoir remonté la colline du Massut, il se dirigeait sur le plateau de Saint-Irénée. On peut voir encore à gauche de la route de Tarare quelques-uns des arcs rampants de cette contrepente.
L 'aqueduc de Montroman ou de Craponne a été l’objet d’un savant mémoire d’Alexandre Flacheron, couronné en 1835 par l’Acadédémie de Lyon, et auquel nous empruntons le passage suivant :
.... Ce camp, centre des opérations militaires des Romains dans les Gaules, pouvait contenir plusieurs légions; il s’étendait à l’ouest du faubourg de Valse, dans une grande plaine où se trouvent les villages ' d’Ëcully, de Tassin, de Grézieu-la-Varenne, de Craponne et de Saint- Genis-Ies-Ollières. Il était borné et défendu à l’ouest par la chaîne des montagnes du Forez; au nord, par les coteaux de Saint-Didier et du mont d’Or. La Saône le protégeait à son extrémité orientale , et plusieurs ruisseaux, qui descendaient de ces montagnes, l’environnaient de toutes parts de ravins profonds. Les ruines de la porte prétorienne subsistent encore en partie , à 50 mètres de la route de Bordeaux , sur une éminence qui domine toute la plaine, et qui est appelée Tourillon. Ces ruines, connues dans le pays sous le nom d 'Aqueducs sarrasins , m’eurent bientôt démontré , par leur position et leur construction, qu’elles n’avaient jamais été destinées à conduire les eaux dans le camp....
Ce camp manquait d’eau ; mais les Romains eurent bientôt jeté les yeux sur la chaîne de montagnes qui les environnait à l’ouest, et sur les flancs de laquelle serpente une multitude de sources et de ruisseaux d’une eau claire et salubre , qui au nord-est vont grossir la Brevenne , et au sud se jettent dans l’Izeron.
Ils construisirent un aqueduc dont la naissance n’était qu’à 16 kilom. de la Loire , ce qui a fait croire dans des temps plus modernes qu’il prenait ses eaux dans ce fleuve. Ce sont les ruines d’un autre aqueduc que l’on voit près de Feurs (Forum Segusianorum) , qui ont pu donner quelque poids à cette supposition.
Après avoir suivi pas à pas les traces de l’aqueduc qui nous occupe , j’en trouvai la naissance dans une vallée étroite et rapide, où coule l’Orgeole, sur la commune de Duerne, au-dessous de la grande route de Bordeaux et à 500 mètres plus loin. Cet aqueduc recueillait d’abord les eaux de ce ruisseau, enlaçait ensuite toute la chaîne de montagnes qui est plus au nord , en traversant les communes de Saint-Genis-l’Argentière , de Montroman (Jfons Romanus) , où il passait à 80 mètres audessus du village de ce nom; de là, il se dirigeait sur le territoire de Courzieux, de Chevinay, de Saint-Pierre la Fallu, de Sourcieu et de
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Lentilly; sur cette dernière commune, il franchissait la chaîne en passant sur le col le moins élevé , et venait reparaître sur la Tour de Salvagny, Sainte-Consorce, Pollionay, Vaugneray, Grézieux, Craponne et Tassin, où il aboutissait, après avoir recueilli, sur une longueur de 40000 mètres environ, une grande partie des eaui qui coulent sur les flancs de ces montagnes.
Cet aqueduc , toujours souterrain, différait des autres monuments de ce genre qui amenaient des eaux à Lyon, en ce que ceux-ci traversais^ les vallons sur des ponts-aqueducs et au moyen de siphons renversés, tandis que celui de Montroman suivait et contournait toutes les * sinuosités des vallons et des ravins qu’il traversait, afin de conserver toujours une pente régulière et de recueillir à son passage les eaux qui coulaient dans son territoire.... Dix-sept ruisseaux ou grosses sources y affluaient. Les dimensions de cet aqueduc sont partout les mêmes, 60 cent, de largeur et 1",57 de hauteur, toutes mesures prises dans œuvre. La voûte qui le recouvre est à plein cintre et a 45 cent, d’épaisseur à la clef; l’on y voit dans quelques endroits les ouvertures ou regards par où les ouvriers s’introduisaient pour le réparer et le nettoyer. Les deux murs latéraux, de 50 cent, de largeur chacun, étaient enduits de deux couches de mortier de ciment. La première de 3 cent, d’épaisseur, était composée de chaux et de morceaux de tuileau concassés de la grosseur de 5 miilim. La deuxième couche était formée des mêmes éléments; mais dans celle-ci le tuileau était pulvérisé, bouchait toutes les aspérités de la première couche, et en rendait la surface unie et lisse. L’aire sur laquelle l’eau coulait était revêtue du même mortier de ciment d’une épaisseur double, et les angles étaient unis avec les parois par deux bourrelets de ciment ayant la forme d’un quart de cylindre de 7 cent, de rayon. Sous ce ciment, une couche de béton , composé de mortier de chaux, de sable et de recoupes de pierres, fortement battu, rendait toute perte d’eau impossible. Enfin , un massif en pierre de roche de petite dimension, faisant empâtement de 15 cent, de chaque côté, formait la fondation sur laquelle portait le canal. Le tout était enfermé dans une tranchée de 2 mètres de largeur et de 3 mètres de hauteur, creusée dans la terre , et le plus souvent dans le rocher , ce qui peut donner une idée de la grandeur de ce travail : 30 à 40 centim. d’épaisseur de terre végétale recouvraient tout l’aqueduc.
L 'aqueduc du mont Pilât ne dut être entrepris qu’après ceux d’Écully et de Montroman, quand, la population s’étant accrue, ces derniers devinrent insuffisants. C’est, du reste, le plus important des trois. Sa longueur totale était de 84 000 mètres. Il re-
cueillait , selon certains écrivains, les eaux du Janon et du Langouan ; selon d’autres, celles du Furens ; et dans l’opinion de M. de Gasparin, celles du Gier seul. Il avait nécessité la construction de quatorze ponts-aqueducs et de quatre ponts à siphons, et il venait aboutir à de vastes réservoirs placés près de Fourvières. Il pouvait fournir 500 000 hectolitres d’eau par vingtrquatre heures. On voit encore de magnifiques débris de cet aqueduc au-dessus de Fourvières , à Saint-Irénée , à Bonnant , à Chaponost, à Brignais, à Soucieu, à Mornant, à Saint-Maurice-sur- Dargoire, à Saint-Genis-Terre-Noire, à Chaignon et à la Petite- Varizelle.
Les quatre ponts à siphons avaient été établis dans les vallons de Saint-Genis-Terre-Noire, du Garon, de Bonnant et de Saint- Irénée. La vallée du Garon, large de 800 mètres, a une profondeur de 120 mètres; le ruisseau est à 55 m ,20 au-dessus de la Saône. On réunit donc les eaux de l’aqueduc dans un réservoir encore existant, placé au haut de la vallée, vers. Soucieu. De là on les fit descendre jusqu’auprès de la rivière dans neuf tuyaux de plomb. On reprit alors le niveau horizontal et l’on franchit le ruisseau au moyen d’un pont-aqueduc à siphons, composé d’une vingtaine d’arches de 17 mètres de hauteur ; puis on remonta, par une pente égale à la première, jusqu’à un second réservoir situé en face du précédent, sur la crête du plateau de Chaponost. On conçoit que l’eau, abandonnée à son propre poids, se précipitait du réservoir de chasse de Soucieu au fond de la vallée du Garon, et , pour reprendre son équilibre , se relevait jusqu’au réservoir de fuite. Trouvant à ce réservoir une diminution de niveau de 8 mètres, elle se répandait dans un aqueduc en maçonnerie et gagnait le réservoir de chasse de Bonnant, où elle franchissait de la même manière la rivière de Francheville. La vallée de Bonnant a 1060 mètres de largeur et 139 de profondeur. Les arcades sur lesquelles portaient les tuyaux de plomb, au nombre de douze de front , sont élévées de là mètres. La dépression de Saint-Irénée n’a que 355 mètres de largeur et 37 mètres de profondeur. Aussi les tuyaux y étaientrils moins nombreux et plus gros. Sans l’établissement des siphons renversés, il eût fallu trois ponts l’un sur l’autre pour franchir le vallon
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de Saint-Irénée, neuf pour celui de Bonnant, et huit pour celui du Garon.
Les étrangers qui s’arrêtent quelques jours à Lyon ne regretteront certes pas d’être allés jusqu’à Bonnant (6 kilom.), et jusqu’à Chaponost (10 kilom.), visiter les curieux débris de cet aqueduc. A Chaponost, on compte 90 arcades.
« Les portions d'aqueducs encore debout, dit M. Mérimée, n’ont aucun ornement. Leurs proportions immenses leur donnent un caractère de grandeur que les détails les plus beaux ne pourraient produire. Partout la construction est uniforme : c’est une masse de pierres brutes noyées dans le ciment et revêtues d’un parement de petites pierres taillées en losange et appareillées avec une précision extraordinaire. De quatre pieds en quatre pieds, la maçonnerie est interrompue par une couche de deux briques posées à plat, sans doute afin de mieux conserver l’horizontalité des assises. Le ciment qui liait ces petites pierres était tellement solide que sur plusieurs points les piliers se sont renversés tout d’une masse. Dans ce cas, on remarque que partout c’est la brique qui a cédé aux efforts du temps et des hommes. Le canal intérieur est revêtu d’une couche très-épaisse de ciment, composé de briques pilées et de chaux ; les angles ont été arrondis et renforcés par une épaisseur plus considérable. En examinant ce canal, on voit avec suprise qu’il n’offre aucune trace de dépôt aqueux, et l’on se demande s’il ajamaisservi. Peut-être fautil chercher la cause de cette singularité dans la nature des eaux. »
Au quartier Saint-Just, au-dessus de la place des Minimes, on voit encore, dans un clos qui appartient à l’OEuvre des Jeunes pénitentes, les ruines de l’hémicycle d’un théâtre ; les restes des gradins sont enfouis sous une épaisse couche de terre végétale. Ce théâtre reposait sur un sol d’ail uvion ; et l’architecte romain, redoutant un tassement partiel, avait construit une ligne circulaire de chambres voûtées, qui étaient adossées à l’hémicycle, et sur lesquelles il avait élevé son monument.
De Miribel à Lyon, le long de la rive droite du Rhône, on trouve de nombreux vestiges d’un canal souterrain, dans lequel un homme pouvait se tenir debout. M. Flacheron a pensé que cet immense canal était un chemin de ronde pour faire arriver les
troupes d’un point à l’autre. M. Comarmond a combattu cette opinion. « J’ai visité, dit-il, les différentes parties de ce canal, j’ai suivi sa direction et je suis arrivé, d’après les différents travaux qui se sont faits sur son long trajet, à prouver que c’était un aqueduc important qui prenait les eaux du Rhône au-dessous de Neyron et les conduisait à la naurnachie du Jardin des plantes. » Cette naurnachie, dont M. Artaud a reconnu la dimension, et dont la forme elliptique est encore dessinée sur le terrain, avait 81 mètres de largeur sur 93 mètres de longueur. La circonférence de l’amphithéâtre, en y comprenant les gradins et les portiques, était de 266 mètres.
Dans le grand jardin de l'Antiquaille, au milieu de l’hospice, il existe, sous le chemin qui va de la place des Minimes à Fourvières, un réservoir antique. Ce souterrain de 32 mètres de long, k mètres de large et 5 de haut, est enduit, jusqu’à la naissance de la voûte, d’un ciment rouge extrêmement dur et poli; un double mur épais de k mètres, laissant un vide de 2 mètres entre les parois avec deux ouvertures pour le passage, sépare cette longue galerie en deux parties inégales. Ce mur intermédiaire devait servir de contre-fort pour résister à la poussée des terres, ou pour neutraliser la pression des eaux sur les parois latérales des murs du réservoir. La forme de cette conserve indique qu’elle était destinée à contenir de l’eau. Elle sert aujourd’hui de jardin d’hiver à l’hospice.
Enfin, place Saint-Just, dans le clos d’un ancien monastère des Ursulines, devenu une maison de santé, on peut visiter une conserve d’eau appelée les bains romains. Cette conserve, composée d’une triple enceinte de portiques voûtés, qui communiquent les uns aux autres dans tous les sens, a 16 mètres de longueur, là mètres de largeur, et prèsde 7 mètres de hauteur. On y remarque les deux conduits qui servaient à y introduire l’eau, et plusieurs trous ronds, pratiqués à la voûte, qui permettaient de la puiser. Les murs, épais de un mètre, sont enduits d'un ciment rouge d’une grande dureté.
Édifices religieux.
L’église primatiale de Lyon, Saint-Jean, s’élève sur la place Saint-Jean, entre l’archevêché et le palais de justice, au
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pied du coteau de Fourvières. Son chevet, flanqué comme sa façade de deux tours carrées et masqué par de vulgaires constructions, est tourné vers la Saône (rive droite). Notre dessin le représente.
Cette belle église, classée parmi les monuments historiques, a été construite à diverses époques. Commencée vers la fin du xn e siècle ou dans les premières années du xm e , sur les débris d’une église du vi® ou du vn e siècle, elle ne fut terminée qu’en 1476, sous le règne de Louis XI. La partie supérieure de son portail date de la seconde moitié du xv* siècle. Mais on reconnaît facilement en plusieurs endroits, surtout dans l’abside et dans les bases du grand portail, d’énormes blocs de pierre et de marbre tirés des ruines du forum de Trajan.
* C’est, dit M. Mérimée, un édifice gothique assez noble, où l’on retrouve encore quelques souvenirs du style roman , qui n’a disparu complètement, dans le Midi, qu’à l’époque de la Renaissance. On remarque autour de l’abside principale (c’est la partie la plus ancienne) une espèce de frise ou de cordon d’incrustation rouge sur fond de marbre blanc, dont les ornements sont tout à fait byzantins. Les arcades de la galerie, qui font le tour du chœur, portent sur des colonnes et des pilastres trèsornés, ou plutôt très-tourmentés, appartenant à la dernière période du style roman. Peut-être proviennent-ils de l’ancienne église, sur les ruines de laquelle la cathédrale actuelle aurait été bâtie, i
Son abside, dépourvue de bas côtés et de chapelles rayonnantes, le surhaussement de sa nef, ses grands arcs-boutants et surtout ses quatre tours carrées terminées brusquement en plate-forme, donnent à Saint- Jean un aspect tout particulier. La façade, où l’œil le moins exercé reconnaît sans peine l’architecture de deux époques bien différentes, a beaucoup souffert, en 1562, du fanatisme des protestants. Pourtant les voussures des portes offrent encore un grand nombre de petits bas-reliefs, très-curieux surtout par la variété des costumes qu’ils représentent.
Trois des tours sont vides; la quatrième, qui sert de clocher, renferme une des plus grosses cloches qu’il y ait en France. Cette cloche, fondue en 1662, pèse 10 000 kilogr.
Quand on entre dans l’église Saint-Jean, on est frappé de la simplicité noble et des belles proportions du vaisseau. Il a environ 79 mètres de longueur, 11 mètres de largeur entre les piliers, et 32 mètres de hauteur sous clef; la maîtresse voûte, près de la
Cathédrale de Lyon.
porte, n’a guère plus de ô m ,30 d’épaisseur à la clef. « Le jour y pénètre par soixante fenêtres; seize piliers, qui se composent de colonnes rondes flanquées de huit colonnettes engagées, séparent la nef des deux bas côtés. Par une singularité remarquable, ils 119 22
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n’ont pas été alignés ensemble. Les quatre dernières arcades, à l’entrée de l’église, sont disposées sur une courbe très-sensible. On s’accorde aujourd’hui à voir dans cette courbure un emblème du mouvement que le corps de Jésus-Christ dessine sur la croix. Elle se rencontre dans un grand nombre d’églises célèbres, a (Lyon ancien et moderne.)
La voûte du chœur est considérablement abaissée au-dessous de la nef. L’élévation en est pourtant fort grande encore ; elle décrit une ogive à large base avec des nervures robustes, dont les clefs forment des espèces de rosaces peintes et dorées.
Nous signalerons aux touristes dans l’intérieur de Saint-Jean : les deux croix placées à la droite et à la gauche de l’autel, parce qu’elles y sont conservées depuis la tenue du concile général de 1274, en signe de l’union des deux Églises, latine et grecque, convenue entre les Pères de ce concile et les envoyés de l’Orient; — les boiseries du chœur provenant de l’église abbatiale de Cluny (xvm' siècle); on a dû les enlever; — les vitraux anciens qui ont été récemment restaurés; — V horloge astronomique construite, en 1598, par Nicolas Lippius, de Bâle, rétablie et considérablement augmentée, en 1660, par Guillaume Nourrisson, et, en 1780, par Charmy, habile horloger de Lyon; — un curieux morceau de sculpture dans la chapelle du clocher ; — mais surtout la chapelle de saint Louis ou des Bourbons , bâtie au xv* siècle par le cardinal de Bourbon et son frère Pierre de Bourbon, gendre de Louis XI ; c’est la première à droite en entrant.
t Elle se distingue, a dit M. Mérimée, par des ornements d’une délicatesse et d’une précision qui m’ont rappelé les tours de force de Brou. Les chardons (on écrivait autrefois cher dons), qui se reproduisent dans tous les ornements, sont un jeu de mots en sculpture. On prétend que Pierre de Bourbon voulait exprimer ainsi que le roi lui avait fait un cher don en lui donnant sa fille. Le calembour est détestable, mais la ciselure est merveilleuse. i
Au midi de Saint-Jean, dans la continuation de la façade, les regards sont attirés par un vieux bâtiment appelé la manécanterie. Son origine et sa destination sont fort obscures; mais, de l’avis des juges les plus compétents, il date du x e siècle. Malheureuse-
ment, il a été mutilé, en 1562 , par les protestants, et des restaurations modernes en ont altéré le caractère.
La manècanterie actuelle (la maison des chantres), qui tient à l’archevêché, a été commencée en 1768.
L'archevêché, construit dans les dernières années du rv° siècle, restauré par Soufflot, n’a rien de remarquable que la vue de sa terrasse. On vante la chapelle que M. Desjardins a élevée à la suite de la salle des Pas-Perdus, qui renferme les portraits des archevêques de Lyon depuis Renaud du Forez.
Le diocèse de Lyon comprend dans sa circonscription les deux départements du Rhône et de la Loire. L’archevêque prend le titre d’archevêque de Lyon et de Vienne; et son siège épiscopal celui de premier siège des Gaules. Il remonte en effet aux premiers temps du christianisme, car il a été fondé par saint Pothin au ii° siècle. Les évêchés suffragants de l’archevêque de Lyon sont ceux d’Autun, de Langres, de Dijon, de Saint-Claude, de Belley et de Grenoble.
La liturgie lyonnaise se distingue par son caractère tout particulier.
L’église d’Alnay (dans le quartier de ce nom, entre la place Bellecour et la place Louis-Napoléon) est de tous les monuments religieux de Lyon celui qui intéressera le plus les artistes et les archéologues. En effet, elle occupe d’abord un emplacement célèbre. Là s’élevait le temple dédié à Rome et à Auguste par soixante nations des Gaules. Là, Caligula établit des combats d’éloquence grecque et latine , sous la bizarre condition que tout poète ou orateur qui entrerait en lice et qui serait vaincu donnerait une récompense au vainqueur et en ferait l’éloge; que ceux qui présenteraient de mauvais ouvrages devraient les effacer avec une éponge ou avec la langue, et qu’en cas de refus ils seraient frappés de verges ou même précipités dans le Rhône. En outre, aux alentours du temple d’Auguste, se groupaient les riches habitations des pontifes augustaux et d’autres grands personnages romains, ainsi que l’attestent les belles mosaïques qui y ont été trouvées (voy. le Musée).
L’église d’Ainay (l’étymologie de ce nom est fort obscure), construite au commencement du vi e siècle sur les ruines du
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temple d’Auguste, détruite par les Sarrasins au vm* siècle, a été rebâtie aux x® et xi e siècles dans le style byzantin ; consacrée en 1106 par le pape Pascal II, souvent remaniée ou agrandie depuis, elle vient d’être complètement restaurée aux frais de l’État, de la ville et de la fabrique, car elle a été classée parmi les monuments historiques.
c La façade d’Ainay, dit M. Mérimée, est ornée d’un cordon de losanges incrustées en couleur rouge. A l’extérieur, l’abside présente un appareil varié, composé de pierres taillées en losanges, en carrés, etc., dont la forme se dessine au moyen d’incrustations semblables. La flèche qui termine la tour qui s’élève au-dessus de la porte principale, aussi bien que les angles relevés qui donnent à cette tour quelque chose de l’aspect d’un tombeau, me paraissent postérieurs à la construction primitive. Quant à la porte principale, qui est en ogive, elle appartient, je crois, à une restauration du xiii® siècle. »
L’intérieur de l’église d’Ainay a actuellement la forme d’une basilique ; mais quelques archéologues ont pensé que son plan primitif était celui d’une croix latine. Les quatre colonnes de granit qui soutiennent la coupole appartiennent à l’époque romaine ; elles sont même représentées sur des médaillons d’Auguste et de Tibère, supportant chacune une Victoire. Ces colonnes célèbres ont des diamètres inégaux, et leur hauteur varie. Elles étaient originairement accompagnées de chapiteaux antiques en bronze, qu’on avait remplacés, à l’époque romane, par de mauvaises copies en pierre calcaire.
Les trois chapelles absidales sont décorées de remarquables peintures sur fond d’or, par M. H. Flandrin. Au milieu le Christ, à droite saint Badulfe, à gauche saint Benoît.
La chapelle de la Vierge contient : une belle statue de Bonnassieux , sur l’autel sculpté par M. Fabisch ; des bas-reliefs de M. Fabisch ; un confessionnal du style byzantin, qui est un chef-d’œuvre de menuiserie et de sculpture, etc. Le parvis de l’autel est formé par une mosaïque, ouvrage de MM. Morat frères. Une belle tète de Cérès, trouvée dans l’abbaye, orne le compartiment du milieu. Du côté opposé à la chapelle de la Vierge, en regard d'un beau portail antique qui forme l’entrée de la chapelle
des fonts baptismaux, s’ouvre la chapelle de saint Martin, construite par M. Pollet. La voûte de cette chapelle est décorée de fresques. Dans les niches réservées entre les colonnes aux sculptures variées sont représentés Jésus (au milieu), saint Badulfe, sainte Clotilde, sainte Blandine et saint Pothin.
A côté de la chapelle absidale de gauche, se trouve la chapelle gothique de saint Michel, dont la voûte a conservé les traces d’anciennes peintures.
Saint-Martin d’Ainay.
A droite de la chapelle absidale de droite, une ancienne église, qui sera rendue au culte, servait de sacristie. C’est dans cette église que se trouve la crypte qui passe pour avoir été la prison de saint Pothin et de sainte Blandine. L’humidité qui y règne a détruit en partie les fresques médiocres dont on avait recouvert les murs lors de la dernière restauration.
La cure vient d’être rebâtie dans le style de l’église. On doit construire aussi dans le même style une nouvelle sacristie.
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Près de l’oratoire fondé à Ainay par les premiers chrétiens sur les ruines du temple d’Auguste, s’était établie une abbaye qui, détruite par les Huns, relevée au v* siècle sous l’invocation de saint Martin , saccagée par les Vandales, puis par les Sarrasins, et peut-être par les Hongrois, mais toujours reconstruite, adopta, au commencement du vu* siècle , la règle de saint Benoît, acquit, au moyen âge, de grandes richesses et une immense puissance, fut saccagée en 1562 par les protestants, rebâtie une dernière fois par les chanoines, et définitivement rasée en 1793, pour faire place à de nouvelles rues. Le palais abbatial avait compté, parmi ses hôtes, Innocent IV, l’archiduc d’Autriche Philippe le Beau, François I", Henri II, Louis XIII, Marie de Médicis, Anne d’Autriche.
Saint-Rülzier (rue Centrale) occupe l’emplacement de l'oratoire élevé ou plutôt creusé par saint Pothin au milieu des marécages , pour célébrer les saints mystères. Souvent détruite et rebâtie, elle a été reconstruite aux xiv' et xv' siècles. Son portail de la Renaissance, œuvre de Philibert Delorme, fait un contraste choquant avec le style gothique du reste de l’édifice ; mais il attire les regards par son étrangeté. Elle fut pendant longtemps l’église cathédrale de Lyon : on l’appelait alors l’église des Apôtres; puis saint Nizier, un de ses évêques, qui y fut enseveli en 573, lui donna son nom. Elle devint ensuite collégiale : elle est aujourd’hui paroissiale. En 1562, les protestants la dévastèrent. La Révolution voulut la transformer en bazar. D’importantes restaurations y ont été faites depuis quelques années. On a placé une statue de saint Nizier dans la niche ménagée au sommet du fronton brisé qui surmonte le portail. On vient de terminer le second clocher , car il n’y en avait qu’un autrefois. La chapelle de la Vierge (à gauche du chœur) contient une belle statue de la Vierge par Antoine Coysevox. La statue de saint Pothin , qui a été placée dans la chapelle opposée , est d’un artiste lyonnais nommé Chinard. Les boiseries du chœur sont belles. La crypte a été complètement restaurée, ou plutôt refaite, au xvi* siècle. La sacristie et le presbytère actuels ont été construits en 1824.
Le 15 août 1858, une autre remarquable statue delà Vierge, dite
Reine des deux, par M. Bonassieux, a été placée dans cette église, restaurée et complétée par M. Benoît.
Saint-Pierre (rue Centrale) est moderne et sans intérêt; mais elle a conservé un curieux portail roman du ix* ou X e siècle, surmonté d’une sorte de tour, encadré dans les maisons de la rue, et classé parmi les monuments historiques.
Saint-Ronaventure (place des Cordeliers) a été commencée au xiv e siècle et finie au xv\ Pendant la Révolution , elle servit de magasin à fourrages et de halle aux grains. En 1834, les insurgés
y établirent leur quartier général : plusieurs d'entre eux furent tués sur le maître autel. Elle a été récemment restaurée par M. Benoît. On y remarque d'assez beaux vitraux, imitation du style de la fin du xv* siècle, par Steinheil. M. Bellot a sculpté, d’après un dessin de M. Benoît, outre le reliquaire de style gothique qui décore la chapelle latérale, à droite du maître autel, et qui contient, depuis 1855, le corps de saint Donatien retrouvé dans les catacombes de Rome, divers ouvrages en bois placés
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dans la chapelle de Saint-Étienne du Pardon. Cette église est classée parmi les monuments historiques.
On a tout récemment résolu de reprendre pierre à pierre et de bas en haut toute la façade, en substituant la pierre au moellon, et de donner en même temps à l’édifice l’élévation qui lui manque.
Saint-Georges (Quai Fulchiron, sur la rive droite de la Saône, au-dessous de l’Antiquaille) a été fondée au vi* siècle, souvent ruinée et reconstruite, occupée, au xm* siècle, par les chevaliers de Malte, dévastée à la Révolution , et enfin agrandie il y a peu d’années par M. Bossan, qui a bâti une abside du style byzantin. Un joli clocher terminé en flèche signale de loin cette église à l’attention des étrangers. Le grand bâtiment qui y était attenant , l’ancienne commanderié de Malte , vient d’être démoli. De l’ancienne église il ne reste plus que la nef.
Saint-Just (au quartier de ce nom, près la place des Minimes et de l’Antiquaille) était, dans l’origine, un oratoire dédié aux saints Machabées. Quand le corps de saint Just) mort en Égypte, y eut été apporté, l’archevêque saint Patient remplaça cette modeste chapelle par une belle église, détruite en 1562, rebâtie en 1761, restaurée il y a peu d’années, mais indigne d’une visite. Les statues de saint Irénée et de saint Just, qui décorent la façade, sont de M. Legendre Hérald.
Saint-Irénée (pour y aller de Saint-Just il faut sortir de l’enceinte fortifiée et gravir la rue des Machabées) offre plus d’intérêt que Saint-Just, quoiqu’elle soit encore plus moderne. (Le chœur ne date, en effet, que de 1830.) Mais on peut y voir encore quelques débris, bien faibles il est vrai, de son ancienne crypte , dont la construction remonte au il* siècle , c’est-à-dire aux premiers temps du christianisme à Lyon. Cette crypte, trop souvent agrandie et restaurée (la dernière restauration est de 18à6), contient les tombeaux de saint Irénée, de saint Ëpipode et de saint Alexandre inhumés dans l’ancienne église et solennellement reconnus le 8 avril 1410, ainsi que le constate une inscription, par le cardinal de Tureyo. Au pied du premier escalier, à l’entrée de la crypte, on remarque, derrière une grille, une grande quantité d’ossements qui sont regardés comme ceux des 19 000 martyrs immolés par les ordres deSeptime Sévère. Mais, en
1562, les calvinistes qui dévastèrent l’église ont mêlé à ces restes vénérables des ossements d’hommes et d’animaux. Du reste , le sacristain, sans l’assistance duquel on ne peut visiter cette crypte fera voir aux étrangers les parties qui passent encore pour an ciennes, les pavés, le bénitier placé à terre à l’un des angles, la piscine, etc.
Une autre crypte tout à fait moderne , et par conséquent peu digne d’intérêt, existe sous le calvaire élevé derrière le chœur, et d’où l’on découvre une très-belle vue. Le grand bâtiment voisin a
Le coteau de Saint-Just et l’église Saint-Georges.
été construit par Soufflot pour les Génovéfains. C’est actuellement une maison de refuge pour les filles abandonnées ou repentantes, sous la direction des sœurs de Saint-Michel.
Saint-Paul (rive droite de la Saône, près de la passerelle SaintrVincent) est fort ancienne. Sa coupole et la porte latérale sont d’architecture byzantine ; aussi a-trelle été classée parmi les monuments historiques. M. Benoît y a fait de nombreuses restaurons intérieures. Sa forme originaire était celle d’une basilique; plus tard, on y ajouta un chœur et des transsepts. La voûte de la
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nef est en ogive, et les travées, de largeur inégale, en plein cintre. Sa tour carrée a été démolie en 1818.
Saint- Polycarpe (rue Vieille - Monnaie) a été construite en 1760 et récemment agrandie (on lui a fait une entrée rue du Commerce). Les travaux de décoration intérieure ont été exécutés sous la direction de M. Desjardins. M. Denuel a fait peindre ou peint la grande nef, la coupole et les deux bras du transsept. Cette église, érigée en paroisse en 1790, eut pour curé constitutionnel le célèbre agronome Rozier, qui fut tué dans son lit par un éclat de bombe, pendant le siège de 1793. L’orgue, fabriqué par M. Zeiger, est le plus estimé de Lyon ; il a quarante-huit jeux. La boiserie a été exécutée en noyer par M. Augustin Paquot, sur les dessins de M. Bossan.
L’église de l’IIôtel-Dleu, qui a son entrée sur la place de l’Hôpital, est richement ornée. On y remarque la chaire en marbre, les stalles et les boiseries des chapelles , un groupe en marbre représentant Jésus-Christ, Marthe et Marie (par M. Fabisch), et un groupe en marbre blanc représentant la sainte Vierge qui soutient sur ses genoux le corps de son fils détaché de la croix.
L 'église du Lycée date de 1617. C’est tout ce qu’on peut en dire.
L’église de Saint François de Sales (derrière l’hôpital militaire), a dû son nom au grand saint qui mourut dans une des maisons voisines, en 1622. Elle date de 1688. M. Benoît a été, il y a peu d’années, chargé de la restaurer et de l’agrandir.
L’église de la Charité, qui forme l’angle de la place de ce nom, a été fondée en 1617, et restaurée en 1843. Elle n’était pas plus intéressante que la précédente, mais l’administration des hospices en a confié la décoration à MM. Chambe et Joanny Beuchot.
L’église Saint-Louis (quai des Augustins) a été bâtie en 1759, sur les dessins de l’architecte Roux.
L’église des Chartreux, commencée en 1590, réparée et agrandie au siècle dernier, est aujourd’hui église paroissiale. Le couvent, racheté par le cardinal Fesch, qui le donna à son diocèse, sert d'habitation à un certain nombre de prêtres occupés d’études théologiques et de travaux apostoliques. Le dôme de l’église a été construit par Soufflot. On remarque la richesse de l’autel.
Une église du style byzantin a été construit à Yaise, sur les dessins de M. Desjardins. Elle est consacrée à saint Pierre.
L’église de P Immaculée Conception, commencée en 1857, est destinée aux besoins religieux du nouveau quartier que doit créer l'achèvement du quai Joinville sur le vaste emplacement qui s'étend entre le Rhône et le cours Bourbon. L’architecte, M. Bossan, y a marié, comme dans la chapelle de Fourvières, dont le dessin a été popularisé par la gravure, le style byzantin au style ogival. Au centre du transsept, une coupole surmontera l’église qui, du côté de l’orient, se terminera par une tour octogone crénelée et évasée en poivrière. Provisoirement on se borne à achever la nef qui recouvre une crypte, ou église souterraine.
Les églises Saint- Denis (à la Croix-Rousse), ancienne chapelle d’un couvent d’Augustins , considérablement agrandie , Saint- Charles (à Serin), Saint-Eucher (à Saint-Clair), Saint-Pothin (aux Brotteaux), Saint-Louis (à la Guillotière), Saint- André, Saint- Maurice, n’ont absolument rien d’intéressant.
La loge du change, bâtie sur la rive droite de la Saône, à l’extrémité du pont de Nemours, servit dans l’origine, aux négociants, qui s’y assemblaient pour traiter leurs affaires commerciales, et surtout les changes; elle sert, depuis 1810, de temple aux protestants. Elle a été construite en 1749, sur les dessins de Soufflot, et on vient d’en achever la restauration. Enfin on a élevé, tout récemment, une synagogue , rue Lanterne.
Parmi les nombreux établissements religieux de Lyon, nous citerons : les Carmélites (à la Croix-Rousse), les religieuses de Sainte- Claire (à l’angle des rues Sala et Saint-François), les dames du Sacré-Cœur (près de la chapelle de Fourvières et à la Ferrandière), les religieuses de Sainte-Élisabeth (près des Chartreux), les religieuses ursultnes (près de Sainte-Foy), les religieuses trappistes (à Gorge-de-Loup, près de Vaise), les religieuses de la Visitation (à la Croix-Rousse), etc.
Les frères de la doctrine chrétienne se sont construit, il y a peu d’années, derrière la rue SaintrJean, sur le coteau de Fourvières, de vastes bâtiments avec une chapelle (on entre par la montée Saint-Barthélemy). Ils ont aussi un couvent pour les novices à Caluire, presque en face de l’ile Barbe.
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Enfin les jésuites ont fait bâtir, près de Fourvières, dans un clos qu’ils possédaient depuis longtemps, un vaste bâtiment qui n’embellit pas le paysage.
ÉdiQces civils.
L’hôtel de ville de Lyon (la préfecture du Rhône y est établie maintenant) fut construit de 1646 à 1655 par un architecte Lyonnais, nommé Simon Maupin, sur le lit d’un ancien canal qu’on avait comblé en grande partie avec des terreaux. Cet emplacement servait alors aux jeux de l’arquebuse et de l’arbalète. Les protestants y avaient construit un temple qui fut détruit en 1562. En 1642, Richelieu y avait fait décapiter Cinq -Mars et de Thou.
L’hôtel de ville forme le côté est de la place des Terreaux. Bien qu'un peu lourd peut-être, il ne manque pas d’une certaine grandeur ; du reste il a subi, depuis sa construction, d’importantes modifications. En 1674, un incendie détruisit une partie de la façade et de la toiture. En 1702, Mansart le répara tel qu’on le voit aujourd’hui, et le gâta beaucoup en voulant l’embellir. On vient de le restaurer entièrement. Il se compose d’une façade principale, donnant sur la place des Terreaux, et de deux ailes en retour formant les rues Lafont et Puits-Gaillot. Notre dessin nous dispense de décrire cette façade ; disons seulement que depuis sa restauration une statue équestre d’Henri IV, par le sculpteur lyonnais Legendre-Hérald, occupe dans le tympan, surmonté des armes de la ville , la place des figures en plâtre de la Liberté et de l’Egalité, par Chinard, que la Révolution y avait substituées à une statue équestre de Louis XIV, exécutée en demi-bosse par Chabry père (1705). Les autres sculptures sont de MM. Fabisch, Bonnaire et Bonnet.
Un perron de quatorze marches monte à la grande porte, qui donne accès dans le vestibule , dont la voûte en arc surbaissé est d'une grande hardiesse, et aux deux extrémités duquel se voient aujourd’hui les groupes en bronze la Saône et le Rhône, parles frères Coustou, qui ornaient autrefois les bas côtés de la statue équestre de Louis XIV sur la place Bellecour. Du vestibule on passe dans une première cour, exhaussée de près de 5 mètres
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au-dessus du sol, pavée en dalles, et d’un aspect imposant. Cette cour est séparée d’une seconde par un péristyle demi-circulaire de trois arcades, surmonté d’une galerie découverte, qui était autrefois ornée de statues, de caissons et d’une fontaine jaillissante ; on y descend par un perron de quinze marches. La façade qui donne sur la place de la Comédie, plus élégante et plus gracieuse que celle de la place des Terreaux, est restée telle que l’éleva Simon Maupin. Un jardin occupait autrefois l’emplace-
L'hùtel de ville.
ment que remplissent actuellement la place de la Comédie et le grand théâtre.
On peut visiter à l’intérieur de l’hôtel de ville la salle des archives qui renferme, outre une riche collection d’archives (on y trouvera des plans de Lyon à toutes les époques de son histoire), un musée historique formé par M. Rosaz, et acquis par la ville. La salle des délibérations du conseil municipal est ornée des portraits de Jacquart, par Bonnefond, et de l’abbé Rozier, l’agronome, par Genod.
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Masulf de» Terreaux. Sous ce nom la Compagnie impériale vient d’élever sur les dessins de M. Giniès, un grand et bel édifice en face de l'hôtel de ville. La façade de ce massif est décorée des statues colossales de Philibert Delorme et de Simon Maupin dues au ciseau d’un jeune artiste de Lyon, M. Guillaume Bonnet. »
Le l*alal» des Beaux-Arts ou palais Saint-Pierre, qui forme le côté sud de la place des Terreaux , comprend actuellement 1° l’école des beaux-arts et les cours qui en dépendent (voir cidessous Instruction publique), les musées de statues et de tableaux, les musées archéologiques , le musée d’histoire naturelle et la bibliothèque des beaux-arts (voir ci-dessous Musées, collections). Nous indiquerons ailleurs les nombreuses richesses qu’il renferme ; nous ne voulons ici que résumer son histoire et en donner une courte description, car c’est l’édifice civil le plus intéressant de la ville de Lyon.
Vers le iv e siècle, un gouverneur de Lyon, nommé Albert ou Adelbert , s’étant converti au christianisme, fonda, dit-on, une recluserie où Radegutide et Aldegonde, ses deux filles, et Sibylla, sa nièce, se consacrèrent à Dieu. Ce couvent était bâti dans le lieu qu’occupe actuellement l’église Saint-Pierre — une île couverte de bois. — Enrichi par de nombreuses donations, détruit en 732 par les Sarrasins, doté en 805 par le roi Lothaire, il prit une importance considérable. On l’appelait le monastère de Saint-Pierre-les-Nonnains. Les religieuses avaient adopté la règle de Saint-Benoît ; elles étaient tenues, pour être admises, de faire preuve de noblesse. Dès le xm c siècle, l’abbesse prenait le titre d 'abbesse par la grâce de Dieu, et, en signe de pouvoir absolu, le chapelain portait une crosse devant elle dans les processions. Elle recevait, en qualité de dame suzeraine, l’hommage des seigneurs de La Tour du Pin, dont les descendants ont régné sur le Dauphiné, et des comtes de Savoie, fondateurs de la maison régnante de Sardaigne.
« Au xiv e siècle, dit un historien, ce monastère possédait les plus beaux immeubles de la ville et augmentait journellement ses richesses en prêtant à gros intérêts aux autres chapitres, ou en achetant leurs biens à bas prix quand ils avaient besoin
LYON. — ÉDIFICES CIVILS
d’argent, i Pour mieux écouler les produits de leurs vignobles, les dames de Saint-Pierre, qui s’entendaient on ne peut mieux à l’administration de leur fortune, en vinrent à tenir cabaret dans l'abbaye. Sans doute il n’y avait pas alors de gros négociants en vins, et, après tout, il faut bien vendre ses récoltes comme on peut. Cependant l’archevêque de Lyon se scandalisa, et l’official leur intima l’ordre de fermer leur cabaret sous peine d’excommunication (1354). Mais l’abbesse en appela au saint-siège, accusant le chapitre « d’être jaloux, parce qu’il voulait vendre seul (ainsi que le chapitre d’Ainay) ses récoltes de vin. s En 1384, le pape Clément VII les fit absoudre et ordonna « que rien ne pût être entrepris contre elles, sous peine d’excommunication, dont il se réservait l’absolution. * Fortes de cet appui, elles vécurent dès lors avec une entière liberté ; elles allaient et venaient par la ville ; elles recevaient qui elles voulaient dans leurs cellules particulières. L’archevêque, qui était un Rohan, se crut en droit de leur défendre d’assister aux processions ; elles en appelèrent de nouveau au pape, qui les soutint encore contre l’archevêque. Celui-ci, cette fois, en appela au roi qui le soutint contre le pape; il fallut transiger. Une terrible aventure vint interrompre ensuite le cours de leurs prospérités : leur couvent fut saccagé en 1562 parle fameux baron des Adrets; elles le rebâtirent sur l’emplacement qu’il occupe aujourd’hui, et le firent ériger en abbaye royale noble des Bénédictines. Dès lors, protégées par les parlements, les rois et les princes, elles augmentèrent constamment leur puissance et leurs richesses ; elles luttèrent souvent contre la ville. En 1667, l’abbesse Albert de Chaulnes fit construire par un gentilhomme d’Avignon , nommé de La Valsinière, le palais qu’elles ont habité jusqu’à la Révolution , et qui, sauvé de la destruction par M. Cochard, administrateur du département du Rhône, en 1798, fut cédé à la ville en 1805. On l’avait appelé le palais du commerce et des arts, car la Bourse y avait été installée ; mais ce ne sera plus désormais que le palais des arts.
Le palais des arts, dans son état actuel, est un vaste édifice carré, dont la façade s’étend sur tout le côté sud de la place des Terreaux. Cette façade, longue de 202 mètres, offre un mélangé
assez heureux des ordres dorique et corinthien. Un entablement d’un bel effet, surmonté d’une élégante balustrade, règne dans toute sa longueur, et sur le corps du milieu s’élève un gracieux belvédère à l’italienne. On entre dans le palais par un portail orné de deux colonnes. La cour intérieure, que forment les quatre côtés de l’édifice , est d’un beau développement , et l’architecture , bien qu’incorrecte , offre un aspect imposant. Au milieu est un bassin avec une statue d’Apollon, par Vietti. Tout autour régnent des portiques en avant-corps sur le bâtiment, et qui soutiennent de larges terrasses découvertes. Ils sont ornés d’une frise où sont reproduits des bas-reliefs antiques, principalement ceux du Parthénon. Sous ces portiques se trouvent rangées, par ordre chronologique, les pièces nombreuses et intéressantes qui constituent le musée lapidaire (voir ci-dessous Musées et collections ).
Palais du Commerce et de la Bourse. — Cet édifice, oeuvre de M. Dardel, dont le plan fut adopté à la suite d’un concours, forme un parallélogramme dont les côtés, correspondant exactement aux quatre points cardinaux, ont 65 m ,45 de longueur, sur 57 m ,80 de largeur, soit 3783 mètres carrés de superficie. Son axe est dans la direction du nord au sud; il a deux façades, l’une sur la place de la Bourse, l’autre sur la place des Cordeliers. La rue Impériale à l'ouest, la rue de la Bourse à l’est, complètent un encadrement que l’œil voudrait plus vaste, car la plus grande largeur est de 43 mètres et ce n'est point assez pour la perspective.
Ce palais a été construit, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, avec des matériaux de premier choix cubant 8240 mètres. On évalue à 490 000 kilog. le poids de la charpente qui est en fer, des planchers et des combles. L’ensemble se compose de quatre corps de bâtiments élevés de deux étages et disposés en carrés longs, reliés à leurs angles par des pavillons. Les deux façades rivalisent de magnificence. Un perron de dix à douze marches conduira au seuil du palais.
Comme l’édifice dont elle occupe le centre, la Bourse, est un carré long, ayant deux entrées, l’une au nord et l’autre au midi. Chacun des quatre côtés de la salle présente dans sa hauteur
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ÉDIFICES CIVILS
trois lignes d’arcades superposées les unes aux autres, dessinant un portique au rez-de-chaussée, une galerie au premier étage, et dans la partie supérieure, elles encadrent les fenêtres par lesquelles la Bourse est éclairée. Le plafond s'appuie sur une corniche que soutiennent des cariatides en gaîne de proportions colossales. Ces figures au nombre de vingt-quatre ont été sculptées en bois, sur des modèles exécutés par M. Guillaume Bonnet. Cette salle, en comprenant les portiques dont elle est entourée, a 35 m ,50 sur 22 m ,45, et sa hauteur du pavé au plafond est de 21™, 45. Elle doit être décorée de huit statues en pierre représentant les quatre éléments et les quatre saisons. L’exécution de ces figures a été confiée à MM. Bonnassieux, Fabiche et Roubaux, artistes lyonnais comme tous ceux qui ont travaillé à ce remarquable monument (voir Musées, etc.).
Le Palal» de justice a été construit sur l’emplacement qu’occupait autrefois le palais de Roanne, ainsi nommé des comtes de Forez et de Roanne qui y avaient résidé et fait rendre la justice en leur nom, avant la domination des archevêques. Il fut commencé en 1835, par M. Baltard, aux frais communs de l’État, du département et de la ville, qui y ont dépensé plus de 6 millions. Sa façade, tournée vers la Saône, consiste en une colonnade corinthienne (24 colonnes), portée sur un soubassement en pierre de taille, de 3 mètres à 3 m ,50 environ de hauteur. Son entablement est surmonté d’un lourd attique hors de proportion avec cette base. « On ne découvre dans cet édifice , écrivait, en 1843, M. Victor de Laprade, ni caractère expressif d’une idée, ni harmonie de composition, ni aucune habileté de distribution intérieure, et surtout rien de saisissant, rien d’élevé, rien de poétique.... C’est une maison quelconque plaquée d’une colonnade.... c’est une tête d’Apollon sur le tronc de l’homme de la Roche, c’est le casque d’Achille sur le fourniment d’un garde national.... L’adoption du style grec a entraîné une foule de disparates qui blessent le goût et nuisent à la commodité. Que si, gravissant ces marches roides et étroites, plus semblables aux échelons d’un marchepied qu’aux degrés d’un escalier monumental, on entre dans la salle des Pas-Perdus, après avoir admiré l’ensemble, on est frappé du mauvais goût et du ridicule même de la
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plupart des ornements; et puis cette salle, qui ne peut être ni chauffée, ni fermée, et à qui son orientation et la disposition de ses ouvertures ne permettent que de recevoir fort peu de soleil, cette salle est impraticable pendant cinq mois de l'année; il y fait plus humide et plus froid que dans la rue.... En général, toutes les pièces sont froides, sombres et humides comme des caves; tout le monde se plaint, magistrats, avocats, avoués et greffiers »
La Cour impériale de Lyon comprend, dans son ressort, trois départements : le Rhône, l’Ain et la Loire; dix tribunaux civils de première instance et quatre tribunaux de commerce.
L’hôtel de la Préfecture (place de ce nom) est l’ancien couvent des Dominicains ou Jacobins, approprié en 1818 à sa de tination actuelle La rue Saint-Dominique, qui réunit la place de la Préfecture à la place Bellecour, fut ouverte en 1562 par le baron des Adrets, qui voulut mettre la ville en communication avec son parc d’artillerie établi dans les prés de Bellecour. Les bureaux de la préfecture ont été transférés à l’hôtel de ville.
Nous mentionnerons maintenant un certain nombre d’édifices publics qui ne méritent pas la visite des étrangers, mais qui cependant attireront plus ou moins leurs regards pendant leurs promenades à travers la ville.
V hôtel de la division militaire (à l’angle de la rue Boissac et de la rue Sala) est l’ancien hôtel Vorissan.
L'hôtel des Monnaies occupe les bâtiments de l’ancien couvent des Ursulines, rue de la Charité. Le balancier a été fabriqué avec des canons pris sur le champ de bataille d’Austerlitz. Lyon possède une des trois argues de France (voir Trévoux, page 327).
La manufacture des tabacs forme l’angle du quai de la Charité et du cours du Midi. C’est une ancienne fabrique d’indiennes.
1. Cette critique n’est plus aujourd’hui complètement vraie. Dans les entrecolonnements du portique ont été placées trois vastes pièces en fonte moulée et en fer forgé de 8™, 50 de hauteur, dont les panneaux à jour sont munis intérieurement d'un vitrage qui laisse maintenant ia lumière pénétrer dans la salle, en même temps que la circulation de l’air y est assurée par diverses ouvertures en forme de vasistas. Ces portails scellés dans la muraille, ont chacun au milieu une fort belle porte qui avec cette espèce d'encadrement contribue à l’embellissement du palais.
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La manutention militaire est un bâtiment moderne construit sur le quai d’Harlincourt (rive gauche de la Saône) en face de Pierre-Scise. Une manutention civile a été créée près de l’église de Saint-André, à la Guillotière, sur les dessins de M. Exbrayat, pour donner le pain à bon marché ; elle mérite, dit-on, la visite de3 étrangers.
L 'abattoir s’élève sur le quai de Perrache, entre la prison et l'embarcadère du chemin de fer de Saint-Étienne; il a été construit sur les dessins de M. Dupasquier, mais l’augmentation croissante de la population l’ayant rendu insuffisant, on en bâtit un autre à Vaise.
L’arsenal d’artillerie (sur la rive gauche de la Saône, en aval du chemin de fer), l’un des plus considérables de France, a été bâti de 1840 à 1850 par M. Baltard. Ce n’est point un dépôt d’armes ; c’est un vaste atelier composé de sept corps de bâtiment, où l’on fabrique tout le matériel qui peut être nécessaire à une armée nombreuse. Son intérieur n’offre rien de particulièrement intéressant aux étrangers, qui pourront, d’ailleurs, en embrasser suffisamment l’ensemble depuis le fort Saint-Just.
L’ancien arsenal , établi en 1782 sur le quai de la Saône (entre le pont Tilsitt et le pont d’Ainay) pillé en partie en 1790, puis protégé par la garde nationale, incendié lors du bombardement de Lyon, a été remplacé par l 'entrepôt des douanes et le grenier à sel. Ce dernier bâtiment, construit sur les dessins de M. Baltard, a coûté plus d’un million.
La halle aux grains occupait, sur le quai du Rhône, l’emplacement de la chapelle des Pénitents de Confalon et de Notre-Damede-Bon-Rencontre. Elle a été convertie en Mont-de-Piété. La halle aux grains et légumes (provisoire) est actuellement en face de Pierre-Scise, sur le quai de Saône. On doit bâtir un marché couvert près du pont du Concert.
Dans de grandes halles nouvellement construites à proximité de la gare du chemin de fer de Paris et dans le voisinage de l’abattoir, plus de 1500 bœufs peuvent tenir à couvert, et une bergerie de 8000 moutons être parquée par lots séparés.
Parmi les CauriH, on remarquera surtout celle de Serin (cavalerie et infanterie), construite en 1728; elle servait alors de
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grenier d’abondance; et celle des Colinettes (infanterie), située sur le coteau de Saint-Clair, ancien couvent d’où l’on découvre une fort belle vue sur les Brotteaux. Depuis 1830, on a construit un grand nombre de nouvelles casernes à l’intérieur et à l’entour de Lyon. Celles de la Part-Dieu, les plus grandes, peuvent contenir 6000 hommes. Quant à la casene particulière de la gendarmerie i, elle a été élevée en 1833, d’après les dessins de M. Gay, à l’angle des rues Sala et Saint-François-de-Sales.
Il n’y a que deux prisons à Lyon, celle de Roanne et celle de Perrache. La prison de Roanne, maison d’arrêt insuffisante, se trouve derrière le palais de justice; celle de Perrache (maison de correction), dont le nom indique la position, a été construite en 1831, sur les dessins de M. Baltard. On y a organisé un pénitencier pour recevoir les enfants de seize ans et au-dessous, détenus par voie correctionnelle, en vertu de l’article 66 du code pénal.
Théâtres. — Salles de concerts et de réunion.
Le «ïraïul Théâtre, situé entre l'hôtel de ville et le Rhône, a été construit, de 1827 à 1830, sur les dessins de MM. Chenavard et Pollet. Il occupe l’emplacement d’une autre salle bâtie en 1734 par Soufflot. L’intérieur en a été restauré récemment dans les styles de la Renaissance et de Louis XV, par M. Dardel. M. Abel de Pujol en a peint le plafond. M. Perlet en a décoré le foyer. On n’y joue que la tragédie, la comédie, le grand opéra, l’opéra-comique et le ballet.
Le Théâtre des Célestins (place de ce nom, entre la Saône et la rue Saint-Dominique) fut construit en 1792, sur l’emplacement d’un ancien couvent de Célestins, que le baron des Adrets saccagea en 1562. Il s’appela dans le principe Théâtre des Vanités. L’intérieur en a été restauré il y a peu d’années. On y joue le drame et le vaudeville.
Le Cercle musical, où l’on donne souvent des concerts, a été construit par M. Flacheron jeune, sur le quai Saint-Antoine, dans les restes d’une ancienne église.
Le Casino de la galerie de l’Argue, destiné dans l’origine à un cercle musical, a été depuis transformé en un café chantant (de