‹ De Paris à Lyon et à AuxerreChapitre 143 sur 158 · LYON. — ÉTABLISSEMENTS DE BIENFAISANCE · texte numérisé non relu

LYON. — ÉTABLISSEMENTS DE BIENFAISANCE

reprise en 1820, et terminée seulement en 1842 par la construction de l'aile méridionale où est établie maintenant l’ École secondaire de médecine et de pharmacie. En 1843, on a fait dans la rue Bourg-Chanin des démolitions qui ont permis d’établir un promenoir pour les convalescents. Les frontons des côtés de la façade sont ornés des groupes du Rhône et de la Saône, aux armes de la ville, sculptés par M. Carie Elschoët; au milieu de la façade, et au-dessus du grand portail, on a placé les statues du roi Childebert et de la reine Ultrogothe, par MM. Charles et Prost.

On peut voir dans le jardin de la pharmacie de l’Hôtel-Dieu le tombeau de Narcissa, cette jeune femme à laquelle Young, son père, consacra le livre des Nuits.

L’Hospice de la Charité (rue’ de ce nom), qui, suivant les lettres patentes de 1729 « a servi de modèle à tous les autres hôpitaux du royaume, et même à l’hôpital général de Paris, » s’appela d’abord l’Aumône générale de Lyon. Sa fondation date de la famine de 1531 ; il dut son établissement et ses progrès à la charité des habitants. Son but, qu’il remplit jusqu’à la Révolution, était : 1* d’adopter les orphelins pauvres de la ville ; 2° de distritribuer chaque semaine une aumône d’argent et de pain aux habitants indigents qui résidaient à Lyon depuis sept ans ; 3° de donner des secours hospitaliers aux voyageurs pauvres passant par cette ville. Plus tard on se convainquit qu’on ne pourrait empêcher la mendicité tant qu’on ne retirerait pas les pauvres dans un lieu d’où ils ne pussent sortir. En conséquence, de 1614 à 1624, les bâtiments actuels s’élevèrent aux frais de divers bienfaiteurs sur un terrain acquis en 1614. Dès l’année 1622, l’hospice de la Charité avait été inauguré. Cet hospice reçoit aujourd’hui: 1° 160 hommes; 2*240 femmes septuagénaires indigentes, domiciliés dans l’agglomération lyonnaise; 3° les incurables à places fondées; 4” les enfants orphelins abandonnés; 5° les enfants délaissés, et 6» les enfants trouvés et exposés au-dessous de dix ans ; 7° les filles enceintes pour y faire leurs couches ; 8° les enfants malades au-dessous de seize ans, qui ne sont pas admis à l’Hôtel-Dieu.

L'hospice des incurables a été créé en 1843, au château du Perron, à Oullins, par l’administration des hospices civils de Lyon,

ITINÉRAIRE DE DIJON A LYON

pour les infirmes indigents et incurables qui sont domiciliés dans l’agglomération lyonnaise. Il contient 115 lits, y compris 15 lits payants à 350 fr. par an.

L'Hospice de l’Antiquaille , actuellement administré par le conseil général des hospices de Lyon, reçoit : 1° les aliénés des deux sexes; 2° les individus des deux sexes atteints de maladies psoriques ou secrètes ; 3” les vieillards des deux sexes, à titre de pensionnaires à l’année ou à vie. En 1854, 3574 malades y ont été traités. Leur nombre moyen s’est élevé par jour à 1 113, leur séjour moyen a été de 108 jours, la moyenne de la mortalité de 1 sur 29.

L’Antiquaille se trouve située sur le coteau de la rive droite de la Saône, entre Fourvière et Saint-Jean. Ses vastes bâtiments attirent de loin les regards de tous les étrangers. Elle occupe l’emplacement de l’ancien palais des préfets du prétoire ou gouverneurs des Gaules, qui fut habité par plusieurs empereurs et où naquirent Germanicus, Claude et Caracalla. En 1500, un Lyonnais, nommé Pierre Sala, construisit au milieu de ces ruines une belle maison dans laquelle il réunit un grand nombre d’objets antiques, qui lui firent donner le nom d’ Antiquaille. Plus tard cette maison fut achetée par M. de Sève pour les religieuses de la Visitation, puis la Révolution supprima le monastère, et en 1802, le préfet du Rhône fonda l’hospice actuel dans les bâtiments qu’il racheta, et qui ont été depuis considérablement augmentés.

L’Hôpital militaire (quai de la Charité), n’a été fondé qu’en 1831. Il occupe les bâtiments de la nouvelle douane.

Parmi les établissements de charité et de prévoyance que possède encore la ville de Lyon, nous devons mentionner au moins: le Dépôt de mendicité (montée Saint-Barthélemy, aux Chazeaux); — Y Asile des vieillards des deux sexes, fondé le 2 décembre 1851 par les Petites-Sœurs des pauvres à la Villette (Guillotière) ; — V Hospice des frères de Saint-Jean de Dieu (à la Guillotière), il contient 500 aliénés ; — Y Établissement de charité des jeunes filles incurables (rue Puits-d’Ainay), fondé en 1819 par Mlle Perrin et desservi par des sœurs de Saint-Joseph; il peut loger 130 jeunes filles ; — la Providence des pauvres filles infirmes de Sainte-Êli*abeih,

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