LYON. — ÉTABLISSEMENTS DE BIENFAISANCE
établie à Vaise en 1844 pour la ville et tout le diocèse de Lyon ; — l'Hospice des dames du Calvaire pour les pauvres femmes incurables délaissées , fondé en 1842, rue du Juge-de-paix, 20, quartier de Fourvières; — l’Hospice des jeunes filles convalescentes sortant des hôpitaux , établi en 1845, rue Sala, 14 (173 par an); — le Bureau de bienfaisance; — le Dispensaire spécial, fondé en 1841, rue de la Préfecture, 10; — la Société de charité maternelle, créée en 1786 par Marie-Antoinette pendant sa première grossesse ; — la Société de patronage pour les jeunes libérés de la maison pénitentiaire, fondée en 1836; — la Société de patronage pour les enfants pau-
imcuit
L’Hùtel-Dieu.
très de la ville de Lyon, fondée en 1840 ; — la Société de patronage pour les jeunes filles-, — la Société charitable de Saint-François- Régis pour le mariage des pauvres, fondée en 1837; — la Société de l'Enfant Jésus, etc.; — les Crèches de l’enfance; — les Salles d'asile catholiques; — l’Institution communale des jeunes orphelines ; — le Refuge de Saint-Joseph, à Oullins; — le Refuge de Saint- Michel, à Saint-Irénée ; — la Société de Saint-Vincent de Paul, etc., etc.
Hôpital de la Croix-Bonue. La ville de Lyon vient de bâtir, avec le concours de l’administration des hospices, ce
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nouvel établissement de charité sur le point culminant de la colline.
N. B. On trouvera dans Y Annuaire du Rhône des renseignements détaillés sur le but et la situation de ces utiles institutions.
Lyon possède, en outre, un mont-de-piété , institué en 1810, et dont les produits sont attribués à l’hospice de l’Antiquaille ; — une Caisse d'épargne et de prévoyance ; — une Société de secours mutuels des ouvriers en soie.
Cimetières.
Le Cimetière de Codasse, le plus grand cimetière de Lyon, créé en 1808, est situé derrière Fourvières, entre Saint-Irénée et le fort de Loyasse. On y découvre une belle vue, et plusieurs monuments funéraires y attirent les regards, soit par leur beauté réelle, soit par les noms qui y sont inscrits. Le cimetière de la Madeleine est situé à quelques minutes de l’église de la Guillotière. La Croix-Rousse, Yaise et la Guillotière ont aussi leur cimetière particulier.
Musées. — Collections.
Les Musée» de Lyon se trouvent réunis dans le Palais des arts, décrit à la page 398.
Les Musées de peinture sont ouverts au public les jeudis, les dimanches et les jours de fête, de 11 heures à 3 heures. Les autres jours, les étrangers y sont admis sur la présentation de leur passe-port. Le conservateur, M. Augustin Thierriat, en a publié un catalogue divisé en deux parties : la Galerie des peintres lyonnais (1851, 75 c.), et Notice des tableaux exposés dans la grande galerie du musée de Lyon (1855, 1 fr.). Ces deux catalogues sont précédés de notices sur la peinture à Lyon et sur l’origine du musée. Il faut visiter d’abord la galerie des peintres lyonnais, car elle n’offrirait qu’un bien faible intérêt si l'on commençait par le véritable musée. Nous indiquons ci-dessous les tableaux qui nous semblent les plus dignes d’attirer l’attention, soit pour leur mérite réel, soit pour le nom de leur auteur, soit enfin pour le sujet qu’ils représentent. Un mot seulement sur l’histoire de la
LYON. — MUSÉES — COLLECTIONS. 413
peinture et de la sculpture à Lyon, et sur la fondation du musée.
Lors de la renaissance des arts , un grand nombre de peintres français ou étrangers qui se rendirent de Paris à Rome passèrent par Lyon ; ils y firent de longues stations : ils y acceptèrent divers travaux. Claude Lorrain, Greuze et Prudhon y séjournèrent plusieurs années ; Le Poussin y aida son ami Stella, qui s'y était fixé, à peindre les fresques de la façade de sa maison, rue Juiverie. Ces fresques, dont en voyait encore des débris en 1804, sont aujourd'hui détruites. Van der Cabel s’y établit ; Cari Dujardin et Jean Asselyn s’y marièrent. Les frères Coustou y décorèrent de bronzes le piédestal de la statue équestre de Louis XIV qu’avait exécutée Desjardins. Coysevox, qui y était né, y sculpta des vierges en marbre encore admirées aujourd’hui. Aussi, de riches cabinets de tableaux, de livres, de gravures et de curiosités , s’étaient-ils formés dans les hautes classes quand la Révolution éclata. La plupart de ces collections furent détruites, vendues, dispersées, pendant les dernières années du xviii' siècle ; mais le xix* siècle était à peine commencé, que déjà de nombreux amateurs s'occupaient à recueillir ces débris épars. En 1806, le maire et le préfet eurent l’idée de fonder une galerie de tableaux. La ville ne possédait alors cependant que dix ou douze toiles, déposées dans l’infirmerie de l’ancien monastère des dames de Saint-Pierre. M. Artaud fut nommé directeur dumuséeprojeté. On construisit unegalerie dans l’aileméridionale de ce palais, puis, la galerie achevée, on priale gouvernement de la remplir. Napoléon , qui venait de créer à Lyon une école de dessin, fit droit à cette demande. Des tableaux, provenant pour la plupart des musées d’Italie, furent envoyés à Lyon. Des dons, des legs, des achats augmentèrent chaque année cette collection , qui est devenue l’une des plus considérables et des plus intéressantes de la province. Les catalogues contiennent en effet l’indication de 316 tableaux; mais le chiffre total doit être beaucoup plus considérable, car un grand nombre, donnés, légués ou acquis, dans ces dernières années, ne portent pas encore de numéro. En 1830, M. Artaud ayant obtenu sa retraite, la direction générale fut partagée entre plusieurs conservateurs. En 1832, M. Prunelle, maire de Lyon, créa une salle de cours pour la Faculté, forma une bi-
ITINÉRAIRE DE DIJON A LYON
bliothèque, fonda une chaire de gravure; en 1833, il fit deux galeries dans l’aile occidentale du palais, l'une pour la zoologie, l’autre pour la minéralogie; en 1834, il disposa une galerie pour les statues dans l’aile orientale , et commença une galerie pour les anciens tableaux, achevée par son successeur, M. Martin. Ce dernier créa le musée des marbres modernes et la galerie des bronzes et antiquités égyptiennes, romaines, gauloises, etc. Enfin, le 16 février 1851, eut lieu l’inauguration de la galerie lyonnaise.
Galeries des peintres lyonnais.
2. Artaud. Son portrait à l’âge de trente ans. — De 3 à 17. Berjon. Animaux, fleurs et fruits. — 18. Biard. Baie de la Madeleine. — 19. Bidault. Clair de lune. — 22. Boissieu. Marché d’animaux. — 23. Le même. Le Ballon (dessin). — 24, 25, 26. Le même. Portraits. — 27. Le même. Vue de Rome (à l’encre de Chine). — 28. Le même. Portrait de femme. — 29. Bonirote. Origine de la fabrication des étoffes de soie à Lyon, en 1536. — 31. Bonnefond. La Cérémonie de l’eau sainte dans l’église des Grecs catholiques à Rome. Signé et daté Rome 1830. — 33. Bonnefond. Jacquart. — 42, 43. Dubuisson. Chevaux. — 48. Épinat. La Fraîche matinée. — 53. Flandrin (René Auguste), 1804, 1842. Une Prédication.— 55. Flandrin (Hippolyte). Le Dante, conduit par Virgile, visite et console les envieux frappés d’aveuglement. Signé et daté Rome 1835. — Un des plus beaux tableaux de cet artiste.— 56. Le même. Euripide écrivant ses tragédies dans une grotte de l’ile de Salamine.
— 58. Gallay. Bouquet de fleurs. — 62. Grobois. Les Aqueducs romains à Saint-Just. — 81. Jacquand. L’Aveu. — 85. Montessuy. Une Fête de paysans dans les Apennins. — 86. Orsel (Victor), né en 1795, mort en 1850. — Moïse présenté à Pharaon (Rome 1830). — 86. Le même. Adam et Eve auprès du corps d’Abel (Rome 1824). — 90. Pillement. Pont rustique. — 91. Reroil. Un Tournoi. — De 97 à 101. Saint-Jean. Fleurs et fruits. Tête du Christ. Offrande à la Vierge. Ce dernier ouvrage (101), acquis en 1843 par la ville, est un des chers-d’œuvre de cet artiste.
— 104. Trimollet. Intérieur d’un atelier. — Sans numéro. Stella (Jacques). Son portrait. — Id. Louis Guy. Marché au bétail. — Id. Bail. Tableau de fleurs. — Id. Flandrin (Paul). Vue d’une chartreuse. — Id. Janmot. Portrait du général Gemeau.
Êoole française.
6. Mignard. Son portrait. — 7. Bourdon (Sébastien). Portrait d’un militaire en Russie. — 9. Lvsueur. Le Martyre de saint Gervais et de
LYON. — MUSÉES. — COLLECTIONS
saint Protais. Ce tableau, que Lesueur ne put achever, a été terminé par Thomas Goulay, son élève et son beau-frère. — 15. Pesne (Jean). Les Sept sacrements. Dessins. — De 17 à 20. Monnoyer. Fleurs. — 21. Jouvenet (Jean). Les Vendeurs chassés du temps. Ce tableau, daté de 1706 et signé, passe pour un des chefs-d’œuvre de ce maître. C’est l’un des quatre tableaux qu’il peignit pour les Bénédictins de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, à Paris Les trois autres étaient : la Madeleine chez le Pharisien, la Pêche miraculeuse et la Résurrection de Lazare, son plus bel ouvrage (ces, deux derniers sont au musée du Louvre). Malgré leur incontestable mérite, ces peintures déplurent aux Bénédictins, qui refusèrent de les recevoir, disant qu’ils avaient demandé au peintre de représenter les principaux épisodes de la vie du fondateur de leur ordre, a Que vouliez-vous, leur répondit Jouvenet, que je fisse de trente sacs à charbon tels que ceux que vous portez ? »
— 22. Le même. Saint Bruno en prières. — 26, 27. Rigaud (Hyacinthe). Portraits de Léonard de Lamet, docteur en théologie, et de Denis- François Secousse. — De 28 à 34. Desportes. Animaux, fleurs et fruits.
— 45. Girodet Trioson. Tête de jeune femme. — 46. Gérard. Corinne au cap de Misène Ce tableau , que la gravure a rendu si célèbre , fut acquis, en 1821, par le prince royal de Prusse, puis donné à Mme Récamier, qui le légua, en 1849, à Lyon, sa ville natale. — 48. Granet. Interrogatoire de Savonarole. — 50. Drolling. Le bon Samaritain. Salon de 1822. — 54. Charlet. Episode de la campagne de Russie, le meilleur ouvrage de cet artiste. — 55. Marilhat. Lisière d’une forêt. — 60. Court. Une Scène du déluge. — 62. Ilostein. Forêt de Saverne. — 66. Lehmann. Le Père du Cid. — 67. Le même. Le Bain. — 72. Ziegler. Songe de Jacob. — 204. Granet. Chœur des Capucins de la place Barberini, à Rome.
Écoles allemande, flamande et hollandaise.
73. Durer (Albert). Ex-voto. L’empereur Maximilien I" et Catherine, sa femme, sont à genoux devant la sainte Vierge et l’enfant Jésus, qui posent sur leurs têtes des couronnes de fleurs apportées par des anges. Parmi les spectateurs de cette scène, on remarque Albert Durer luimême, tenant un rouleau de papier sur lequel il a inscrit son nom. — 77, 78, 79. Mirevelt. Portraits. — 80, 81. Moreelèze. Portraits. — 82. Rubens. Saint François, saint Dominique et plusieurs autres saints préservent le monde de la colère de Jésus Christ. Ce tableau, peint pour les Dominicains de Gand, a été longtemps eiposé au musée de Paris. U a 5“,51 de hauteur et 5“ ,61 de largeur. — 83. Le même. L’Adoration des Mages. Ce tableau vient de la galerie de Munich. — 87. Crayer
ITINÉRAIRE DE DIJON A LYON
( Gaspard de). Saint Jérôme dans le désert. — 89, 90, 91 , 92. Breughcl (Jean, dit de Velours). Les Quatre éléments. — 96. Jordaëns. La Visitation. — 98. Le mime- Mercure et Argus. — 99. Van Dyck. Deux têtes d'étude. — 101. École de van Dyck. Portrait d’un archevêque de Cologne. — 102. Heem ( David de). Fleurs et fruits. — 100. Oost (Jacques fan). Le Billet.— 105. Philippe de Champaigne. Découverte des reliques de saint Gervais et de saint Protais en présence de saint Ambroise, archevêque de Milan, et de plusieurs autres prélats. — 106. Le même. La Cène. L’artiste a répété plusieurs fois le même sujet avec quelques changements. — 112. Quellyn (Érasme). Saint Jérôme assis et les mains jointes. — 115. Terburg. Le Message; d’une charmante harmonie de couleur. — 117. Teniers (le jeune). La Délivrance de Saint-Pierre. — 119. Both (Jean). Paysage. — 121. Peeters. Marine. — 122. Bol (Ferdinand). Le Pâtre. — 124. Beks (David). Portrait. 125. Eeckhout (G. V.). Fortrait. — 128. Fyt (Jean). Gibier mort. — 133. Magen ( Jean van). Intérieur de forêt. — 135, 136. Netscher (Gaspard). Portraits. — 138. Ruysdaël (Jacques). Le Ruisseau. — 140. Schalken (G.). Un Jeune fumeur allumant sa pipe. — 142. Mignon (Abraham). Son chat. — 143. Bloemen (Pierre van). L’Atelier d’un maréchal-ferrant. — 146. Son (Jean t'on). Fruits. — 149. Hamilton. Plantes, reptiles, insectes. — 150. Huysum (Jean van). Le Printemps. « Chef-d’œuvre de minuties exécutées à la loupe, plus propre, a dit M. A. J. du Pays, à égarer le goût des artistes lyonnais cultivant ce genre de peinture qu’à les guider vers l’esthétique du monde végétal. » — 151. Greenenbrœck. Vue de Paris (1741). — 208 . Rickaert (David). L’Avarice. — 209. Fan der Meulen. Cavaliers en reconnaissance. — Sans numéro. Swanevelt. Paysage.
Écoles Italiennes.
155. Le Pérugin (Pietto Vanueci). Saint Jacques et saint Grégoire. Le volet d’un ouvrage plus considérable. — 156. Le même. L’Ascension de Jésus en présence de la Vierge et des apôtres. Ce tableau, le plus précieux du musée de Lyon, a été peint, en 1495, par Le Pérugin, qui avait alors quarante-neuf ans, pour la cathédrale de Saint-Pierre à Pérouse. Après avoir fait partie du musée de Paris, il fut donné, en 1805. par le gouvernement impérial au musée de Lyon. Les alliés le réclamèrent en 1815, mais le pape Pie VII le donna aux Lyonnais sur la demande de M. Artaud, alors directeur du musée, et de M. le comte Roger de Damas, gouverneur de la ville : ln attestato del suo affetto délia grata sua rimenbransa per la eittà di Lione. — 160. Sébastien del Piombo. Le Repos de Jésus. Ce tableau, assez médiocre au point de
LYON. — MUSÉES. — COLLECTIONS
vue de l’exécution , se distingue par la sévérité et l’austérité de son style. On en a attribué le dessin à Michel-Ange. — 161. Andrea del Sarto. Le Sacrifice d’Abraham. — 164. Bordone (Paris). La Maîtresse du Titien.— 165. Tintoret. Ex-voto. — 166. Le même. Danaé. Assez médiocre. — 167. Paul Véronèse. Moïse sauvé des eaux. Ce tableau ornait le cabinet du roi Louis XVI avant 1793. — 169. Palma (le jeune). Le Christ à la colonne. Ce remarquable tableau, acheté à Venise par un aïeul de M. Joliclerc, décorait autrefois la chapelle Saint-Anne dans l’église Saint-Nizier. — 170. Carrache (Louis). Le Baptême de Jésus.— 171. Carrache (Annibal). Admirable portrait d’un chanoine de Bologne. — 177. Véronèse (Carlelto). L’Adoration des rois. — 178. Le même. La' Reine de Chypre. Carletto Véronèse, mort à vingt-six ans, a peint ce tableau à vingt-trois ans. — 186. Le Guerchin. La Circoncision de Jésus-Christ. Ce tableau, regardé comme un des meilleurs ouvrages du Guerchin, a été peint pour Cento, patrie du maître.
Éoole espagnole.
197. Zurbaran (François). Saint François d’Assise, placé après sa mort dans une grotte , sous le maître-autel d’une église. Le corps du saint s’y était, dit-on, conservé debout, les yeux entr’ouverts et tournés vers le ciel. Le peintre a représenté cette scène avec une effrayante vérité. Ce tableau a passé longtemps pour un Espagnolet. La notice du musée, à laquelle nous empruntons les détails qui suivent, ne dit pas pourquoi on l’attribue aujourd’hui à Zurbaran. Avant 1793, il appartenait à un couvent de religieuses. Perdu pendant la Révolution, il fut adjugé, en 1802, à un marchand de vieux meubles, pour la somme de 18 francs, dans une vente aux enchères. M. de Boissieu le vit, l’acheta un prix minime et le grava sous le titre des Pères du désert. Le musée de Grenoble ayant manifesté le désir de l’acheter, la ville de Lyon s’empressa de l’acquérir. M. de Boissieu le vendit un bon prix; mais, ayant appris que deux vieilles religieuses infirmes, seuls restes du couvent qui avait jadis possédé ce précieux tableau, vivaient encore dans un état voisin de l’indigence, il s’empressa de leur porter la somme qu’il venait de recevoir.
La grande galerie, divisée en trois travées, contient, outre les tableaux, le Caïn en marbre de M. Étex; de grandes armoires renfermant des fragments antiques, des émaux et divers objets d’art; une reproduction en plâtre de l’une des portes du baptistère de Florence, une aigle et une décoration ayant appartenu à Napoléon et données par le général Bertrand; et enfin quatre mosaïques antiques découvertes
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dans le département du Rhône, et qui sont une des curiosités principales du musée.
la première fut trouvée à Lyon dans le jardin Macors, près d’Ainay , le 18 février 1806 : elle représente une course de chevaux et de chars usitée chez les anciens, dans l’enceinte d’un Cirque. On distingue par les couleurs les quatre factions se disputant le prix de la victoire 1 . La loge prétorienne, où siégeaient les juges du concours, la Spina, contenant un rang de dauphins et un rang d’œufs, les bornes, melæ, qu’il fallait franchir, etc., etc., les rinceaux et les entrelacs dont ce magnifique tableau est encadré, attireront surtout l’attention.
La deuxième vient de Sainte-Colombe, situé en face de Vienne (hère). Le sujet principal représente la lutte de l’Amour et du dieu Pan, entourés d’ornements, d’oiseaux, de fruits, rendus avec vérité.
La troisième avait été découverte, en 1676, dans un jardin, à la montée du Gourguillon, à Lyon; elle a été placée au musée en 1822. Ses dimensions sont de 6“,50 de long, sur 3", 25 de large : plusieux beaux compartiments la composent. Le tableau du centre représente la lutte de l’Amour avec le dieu Pan; une divinité , faisant les fonctions de gymnasiarque , tient d’une main la palme destinée au vainqueur, tandis qu’elle montre, de l’autre, l’Herme-Athéné en face.
La quatrième provient de Saint-Romain en Gai. Elle avait près de 7 mètres de long sur 5 mètres de large ; mais son état de dégradation a déterminé l’artiste qui l’a rétablie à réduire à douze les cinquante petits compartiments qui accompagnaient le tableau principal. Celui-ci placé dans le centre, représente Orphée, coiffé du bonnet phrygien, assis et pinçant de la lyre; les autres, des oiseaux et des quadrupèdes.
Les .llusées archéologique», dont M. le docteur Comarmond est conservateur, se composent du musée lapidaire et du musée des antiques et du moyen-âge.
Le musée lapidaire occupe , comme nous l’avons dit, les portiques du Palais des arts. C'est l’une des collections de ce genre les plus riches de l’Europe. Commencée par M. Artaud, elle s’est considérablement augmentée depuis vingt ans, les grands travaux de démolition qui ont eu lieu à Lyon pendant cette période y ayant fait découvrir un grand nombre d’antiquités. '
M. Comarmond, le conservateur, a terminé en 1856 un ma-
1. Quelques écrivains ont prétendu que les couleurs représentaient les Saisons.
LYON. — MUSÉES. — COLLECTIONS
gnifique volume in-4“, édité par l’administration municipale et intitulé : Description du musée lapidaire de la ville de Lyon, épigraphie antique du département du Rhône. Ce volume se compose de 600 pages de texte et de 19 planches qui renferment plus de cent des monuments les plus importants du musée. Dans le but de rendre aussi complète que possible l’épigraphie du département du Rhône, M. Comarmond a publié un tableau de toutes les inscriptions qui sont encore éparpillées dans la ville de Lyon et de toutes celles qui sont perdues, mais qui avaient été citées par les anciens auteurs. Afin de faciliter les recherches, il a suivi l’ordre des numéros du musée, mais il a présenté des tableaux synoptiques où les personnages sont classés par catégorie. Ce beau volume sera suivi d'un second dans lequel l’auteur décrira les antiquités d’un autre genre, qui font partie de la collection de la ville de Lyon.
Un livret spécial du musée lapidaire , récemment publié , se vend chez le concierge du palais.
Le Musée des antiques et du moyen-âge, dont les collections sont réparties dans les galeries du premier étage, s’est enrichi en 1856 de plusieurs acquisitions importantes, etM. l’abbé Cochet lui a fait don d’objets de l'époque mérovingienne. Le catalogue doit paraître dans le courant de l’année 1857. Le texte volumineux de cet ouvrage sera accompagné de planches qui représenteront les monuments les plus importants. Nous signalerons surtout aux simples curieux les bijoux découverts en 1841 sur la colline de Fourvières, colliers, bracelets, bagues et pierres gravées, et décrits par M. Comarmond sous ce titre : VÉcrin d'une dame romaine. Mais la principale curiosité de ce musée sont les célèbres Tables de bronze de l'empereur Claude, placées autrefois dans la galerie de tableaux. Ces tables, découvertes à Lyon, en 1528, sur la côte de Saint-Sébastien, contiennent presque en entier le discours prononcé au sénat par cet empereur, pour faire admettre les Gaulois de distinction dans le sénat romain , afin d’en remplir les vides.
Le Musée «l’histoire naturelle, ouvert au public les jeudi et dimanche de chaque semaine, de 11 heures à 3 heures, les mardi et samedi aux mômes heures pour les étudiants, a pris
ITINÉRAIRE DE DIJON A LYON
depuis quelques années des développements considérables. Tous les genres d’animaux connus y sont représentés, le plus grand nombre en nature, quelques-uns seulement par des dessins. En outre les principaux types des animaux fossiles y sont classés avec les animaux vivants. La galerie de minéralogie renferme une collection générale de minéralogie, de géologie et de paléontologie, et des collections spéciales du bassin du Rhône et du département.
Mmée d’art et d’industrie. Depuis près de soixante ans cet établissement était réclamé. En 1806 et en 1814,1e préfet du Rhône, d’après l’ordre du ministre de l’intérieur, pressa la Chambre de commerce de Lyon de réunir des échantillons de tous les produits fabriqués dans le département, et, en 1829, la Chambre demanda au ministre du commerce et des manufactures d’établir à Lyon une collection de tissus de soie et coton, de soie et laine, et de châles provenant de l’étranger. En 1834 et en 1846, la Chambre réalisa elle-même ce projet, en ouvrant des expositions de soieries étrangères, et depuis lors elle mit encore plusieurs fois sous les yeux des fabricants des collections d’étoffes acquises par son ordre.
Enfin, au mois de septembre 1858, sur le rapport de M. Natalis Rondot, la Chambre de commerce a délibéré qu’il serait procédé à l’organisation d’un musée d’art et d’industrie, auquel doit être affecté le deuxième étage du Palais de commerce. Ce musée, sur le modèle des institutions du même genre qui se trouvent en Angleterre, et surtout à Londres, comprendra trois départements : 1° un département de l’Art, composé de collections destinées à montrer la beauté telle qu’elle a été sentie et exprimée par chaque nation et dans chaque grande époque, et par suite le style et l’ornement, la forme et le coloris qui en font le caractère ; des galeries de fleurs, de tableaux et de photographies de fleurs; 2° un département de l’Industrie, dont les galeries seront consacrées, ici, aux cocons, aux soies grèges et ouvrées, aux fils que l’on marie avec la soie, aux soieries, aux étoffes de soie mélangées de laine, de coton, de lin, d’or ou d’argent; là, au matériel et aux produits nécessaires à la préparation, au tissage et à la teinture de la soie ; 3° un département historique divisé en deux sections, celle de
LYON. — MUSÉES. — COLLECTIONS
l’histoire générale de la fabrication des soies et celle de l’histoire delà fabrique de Lyon. Les deux derniers départements recevront en outre, dans des salles séparées, tout ce qui se rapporte aux branches principales de l’industrie lyonnaise.
Un cabinet de dessins et d’estampes, ainsi qu'une bibliothèque spéciale et une salle de travail, seront annexés à ce musée.
La Bibliothèque du palais des arts est spécialement consacrée aux sciences, aux arts et à l'industrie. Formée dans l’origine avec les ouvrages relatifs aux sciences et aux arts, que possédait la bibliothèque de la ville, elle s’est constamment accrue depuis, soit par des dons, soit par des acquisitions. Les riches collections que lui ont léguées MM. Lambert, Prunelle et Rougnard, sont installées dans des salles spéciales. On en rédige les catalogues. Cette importante collection se compose aujourd'hui de 50 000 volumes.
Les cabinets des estampes renferment environ 40 000 pièces, dessins originaux, gravures, portraits, etc., sous verre, en portefeuille ou réunies en volumes.
La Bibliothèque de la ville, ouverte au public tous les jours non fériés, de 10 heures à 3 heures du soir, a son entrée sur la place du Lycée. Elle occupe la partie du bâtiment du lycée qui donne sur le quai du Rhône. Sa principale salle a 48 mètres de longueur, 11 mètres de largeur et 13 mètres de hauteur 1 ; vers le milieu de cette salle, une grande arcade donne accès dans une galerie en retour d’équerre, qui a plus de 5 mètres de largeur sur une longueur de 22 mètres.
La bibliothèque de la ville se compose actuellement de 140 000 volumes et de 2400 manuscrits. Elle a acquis, en 1855, au prix de 40 000 fr., la belle collection lyonnaise de M. Coste. Elle a actuellement pour directeur M. Monfalcon, médecin, auteur d’une Histoire de Lyon et de plusieurs ouvrages justement estimés.
Industrie et commerce.
Lyon est une ville industrielle et commerçante. Son commerce embrasse toutes les denrées et tous les produits. Nous n’avons
1. On y remarquera un buste de Boileau en marbre, exécuté par Delacolonge et donné par Boileau lui-même à Claude Brossette, avocat à Lyon.
ITINÉRAIRE DE DIJON A LYON
rien de particulier à en dire ici; mais son industrie, très-variée d’ailleurs, a deux spécialités qui lui ont valu une réputation méritée : la charcuterie, qu’il nous suffira de mentionner, et la soierie, qui demande quelques renseignements historiques et statistiques.
L’art de fabriquer les étoffes de soie fut enseigné aux Lyonnais par des Italiens que des troubles civils avaient forcés de s’expatrier. Cette industrie, favorisée par Louis XI, François I er et Henri II, prit en peu de temps des développements considérables. Toutes les fois que les événements politiques ou des calamités publiques semblèrent en compromettre l’existence, la découverte d’une étoffe nouvelle ou d’un nouveau procédé vint au contraire en augmenter la prospérité croissante. Ainsi, en 1608, le Lyonnais Daugon inventa une étoffe de soie tramée de laine et de fils mélangés d’or et d’argent; en 1630, -Ferrand inventa les ferr andines ; en 1655, on lustra les étoffes de soie blanche ; le siècle suivant vit apparaître tour à tour les popelines, les ras de Saint-Maur, les velours à ramages ras, façonnés et figurés en soie pure ou mélangés d’or ou d’argent, les velours brochés, nuancés de toutes les couleurs, les brocatelles, les satinades, les étoffes moirées mêlées d’or et d’argent, etc. Enfin, au commencement de ce siècle, en 1802, un ouvrier de génie, Jacquart, opéra la révolution la plus heureuse et la plus importante qui ait jamais eu lieu dans le tissage de la soie. Avant cet illustre mécanicien, les machines employées pour la confection des étoffes de soie dites façonnées, étaient compliquées, difficiles à manier, chargées de cordes et de pédales. Outre l’ouvrier occupé du tissage proprement dit, une ou plusieurs personnes étaient nécessaires pour faire mouvoir ces cordes et ces pédales, et donner aux fils de la chaîne les diverses positions qu’exigeait le brochage ou façonnage de l’étoffe. On employait généralement à ce pénible travail des jeunes filles appelées tireuses de lacs, et condamnées à conserver pendant des journées entières des attitudes forcées qui déformaient leurs membres et abrégeaient leur vie. Le métier à la Jacquart, sans cesse perfectionné depuis, a permis à un seul ouvrier de fabriquer les tissus de soie façonnés, quelle que fût leur complication, avec autant