‹ De Paris à Lyon et à AuxerreChapitre 32 sur 158 · SENS. — L’OFFICIALITÉ · texte numérisé non relu

SENS. — L’OFFICIALITÉ

par des fenêtres hautes, assez étroites, était destinée à des réunions nombreuses, car le diocèse de Sens comprenait autrefois plus de 800 prêtres séculiers. — M. Viollet-le-Duc, qui fait un grand éloge de ses dispositions intérieures, aussi commodes pour les auditeurs que favorables aux orateurs, la restaure telle qu’elle existait avant l’écroulement de la tour (1267). Elle avait été détruite en partie ; en la rebâtissant, on y fit des changements regrettables; et dans le siècle dernier de nouveaux travaux de réparation ou d’aménagement achevèrent de lui ôter sa physionomie primitive. Non-seulement M. Viollet-le-Duc la reconstruira dans son état ancien, mais il ornera ses murailles de peintures, ses grandes et belles fenêtres de verrières en grisailles, et il rétablira ses vastes cheminées, dont les manteaux existent encore en partie. Dans son opinion, cette pièce « qui est certainement le plus beau modèle d’architecture de ce genre que possède la France, offrira un exemple admirable de salle destinée à contenir un grand nombre de personnes; elle remplit si complètement et si dignement son programme, que sous ce rapport elle présentera aux architectes de notre temps un spécimen propre à agrandir leurs idées, tout en restant dans des données générales fort simples. »

On remarquera, dans le bâtiment qui relie l’Officialité à l’archevêché actuel :1e petit portail latéral, t un des plus beaux spécimens de l’ornementation de l’époque de la Renaissance; » une charmante petite porte d’escalier (dans la seconde cour) dont les sculptures appartiennent moitié au style gothique, moitié à celui delà Renaissance; les grandes fenêtres ornées d’élégantes arabesques et le puits de la même cour.

Le vaste corps de logis qui s’élève près de l’abside de la cathédrale a été construit, en 1557, par le cardinal Louis de Bourbon; il n’est décoré d’aucune sculpture. C’est la résidence actuelle des archevêques de Sens. Les autres bâtiments, plus modernes, n’offrent aucun intérêt.

En face de la cathédrale, sur la place Saint-Étienne, un vieux bâtiment en mauvais état attire l’attention des étrangers. C’est l’ancien hôpital dont notre dessin représente la façade, et qui sert aujourd’hui de halle au blé, de boucherie et de caserne. Il

ITINÉRAIRE DE PARIS A DIJON

est question de ie démolir pour le reconstruire. Le grand portail de la halle au blé date du xvi® siècle, les fenêtres ogivales des pignons sont moins anciennes encore ; mais quelques fenêtres de la chapelle (aujourd’hui la boucherie) indiquent le xm* siècle. Cette chapelle fut fondée en 1542 par un archidiacre de Sens, nommé Jean Ferrand.

Depuis 1854, Sens possède un lycée impérial dont la prospérité augmente d’année en année. Le nombre des élèves dépasse 300. De vastes bâtiments viennent d'être ajoutés à l’ancien collège , par lequel les Wurtembergeois sont entrés dans la ville en 1814, et dont les murs portent encore de nombreuses traces de balles. Vis-à-vis du lycée , de l’autre côté du Mail , s’élève l’orphelinat départemental.

Avec les murs d’enceinte de la période gallo-romaine sont tombées, depuis cinquante ans, les fortifications et les portes pittoresques bâties à Sens pendant le moyen âge. 11 ne reste plus que d’insignifiants débris de ces constructions défensives des temps passés, dont on trouvera une description détaillée dans le guide de M. Victor Petit. Un seul fragment un peu considérable se voit encore à gauche de la porte Dauphine (en sortant de la ville. Mais leurs parties les plus intéressantes — les sculptures et les inscriptions — ont été réunies depuis quelques années dans le musée lapidaire de la ville, c’est-à-dire placées sous des auvents dans le jardin de l’hôtel de la mairie (rue du Cheval-Rouge). Ce musée mérite d’être signalé aux archéologues. Ses principales curiosités sont décrites dans le Bulletin que publie la Société archéologique de Sens. Les murailles de Sens furent construites, à ce qu’il paraît, lors de la grande invasion des barbares. Pour les élever à la hâte on abattit les monuments qui décoraient la ville. Aussi, en les démolissant, y a-t-on trouvé un grand nombre de bases, de chapiteaux, de fûts de colonnes cannelées, de fragments de corniches, de bas-reliefs, de monuments funéraires et d’inscriptions. Plus tard on dut souvent les réparer, et on les couronna d’une terrasse défendue par des mâchicoulis et par des créneaux. Quant aux portes, qui avaient sans doute beaucoup plus souffert, elles furent, comme nous l’avons déjà dit, reconstruites au moyen âge. Elles ont toutes été démolies depuis le

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