‹ De Paris à Lyon et à AuxerreChapitre 65 sur 158 · STATION. — VERREY-SOUS-SALMAISE · texte numérisé non relu

STATION. — VERREY-SOUS-SALMAISE

14 kil. de Darcey. — 279 kil. de Paris. — 36 kil. de Dijon. — 233 kil. de Lyon.

On trouvait autrefois à Yerrey une voiture de correspondance pour Saint-Seine Ce service a été supprimé et transféré à Blaisy- Bas. (Voir ci-dessous page 168.) Il sera peut-être rétabli. Aujourd’hui encore le courrier des dépêches peut conduire deux voyageurs, dans son tilbury, de Verrey à Saint-Seine, et vice versâ. Il part de Verrey à 3 heures du soir, et de Saint-Seine à 11 heures du matin. La distance de Verrey à Saint-Seine est de 12 kil. On traverse, dans ce trajet , le joli village de Villotte et Blignxj-le-Sec (581 hab.), situé, comme son nom l’indique, sur un plateau peu arrosé, et, par conséquent, peu fertile. Pour Saint-Seine, voir ci-dessous, page 169.

VERREY-SOUS-SALMAISE .

Yerrey-sou«-Salmai*e , où s’arrêtent même les trains express , se trouve situé à la droite du chemin de fer, près de l’entrée d’un vallon latéral long d’environ 6 kil. , arrosé par la Brenne, descendant du sud au nord dans la vallée de l’Oze, et contenant les villages de Charancey , de Saint-Hélier, de Verrey, de Drée et de Bussy-la -Pelle (ce dernier dans une bifurcation du vallon principal). Il a une population de 738 bab. Son château a été rebâti en 1769 par Guillaume de Thésut, seigneur de Verrey. On remarque une jolie pièce d’eau dans les jardins. Le possesseur actuel du château y a fondé une magnanerie , un peu compromise, dit-on, par les gelées des années 1855 et 1856. Il avait été question d’y établir une ferme-école ; mais on paraît avoir renoncé à ce projet.

En deçà de la station de Verrey, le chemin de fer , qui depuis Montbard s’était élevé par une suite continuelle de rampes de à à 5 millimètres sur une longueur totale de plus de 1 5 000 mètres, avait dû gravir une rampe de 8 millimètres sur 3220 mètres. Au delà de cette station , il gravit une rampe de 5 millimètres à 5 millimètres et demi sur 2600 mètres, puis une de 8 millimètres sur 6500 mètres avant d’arriver au souterrain de Blaisy. On approche du point de partage des eaux , qui , d’un côté , se déversent dans l’Océan par l’Oze, la Brenne, l’Armançon, l’Yonne et la Seine, et, de l’autre, coulent à la Méditerranée par l’Ouche, la Saône et le Rhône. Les montagnes s’élèvent; leurs plus hauts plateaux atteignent 600 mètres. Le paysage, très- varié dans son uniformité, prend un caractère de plus en plus sévère et grand. Qu'on nous permette cette comparaison, il n’a ni la fraîcheur, ni la vivacité, ni la grâce de la jeunesse, mais l’air mâle, calmé et un peu froid de l’âge mur. La vallée que l’on remonte n’était presque jamais visitée par des étrangers avant la construction du chemin de fer. Vülotte-lez-Saint-Seine (438 hab.) se montre à gauche, dans un vallon arrosé par le ruisseau de la Combe de Pâques. Son joli château ne peut manquer de plaire aux paysagistes. Deux kil. plus loin, on laisse, à droite , Turcey (663 hab.), qui comme Villotte, fait déjà partie de l’arrondissement de Dijon (canton de Saint-Seine). A gauche s’ouvre un vallon peu étendu qui renferme le village de Trouhaut (281 hab.), dont le nom 119 10

ITINÉRAIRE DE PARIS A DIJON

n’intriguera peut-être pas les étymologistes. On traverse l'Oze de nouveau à 2 kil. 1/2 de Blaisy-Bas.

35* STATION. - BLAISY-BAS-

9 kil. de Verrey. — 288 kil. de Paris. — 27 kil. de Dijon. — 224 kil. de Lyon.

On trouve à la station de Blaisy-Bas des voitures de correspondance conduisant à : Arnay-le-Duc (38 kil. pour 3 fr. 50 c. et 3 fr.); — Autan (67 kil. pour 5 fr., 4 fr. et 3 fr. 50 c.); — Commarin (17 kil. pour 1 fr. 50 c.); — Pouilly-en-Montagne (32 kil. pour 2 fr. 50 c.); — Saint-Seine (14 kil. pour 75 c.) ; — Sombernon (9 kil. pour 75 c. et 50 c.); — Vitteaux (27 kil. pour 1 fr. 75 c. et 1 fr. 50 c.).

Blaisy-Bas (536 hab.) et Blaisy-Haut (320 hab.) appartiennent au canton de Sorabernon, arrondissement de Dijon. Ils sont situés, le premier près de l’entrée du souterrain auquel il a £onné son Dom ; le second , au-dessus de ce souterrain. On les appelle aussi Blaisy-la-Ville et Blaisy-le-Château. Les seigneurs de Blaisy-Haut, déjà connus au x e siècle, portaient le titre de baron. Cette baronnie fut érigée en marquisat l’an 1695 pour Antoine Joly, président au grand conseil. Le château que l’on aperçoit sur la montagne est fort ancien. Il en est fait mention dans une charte du comte Gislebert en 942. Il fut pris dans les guerres de religion par les royalistes, repris en 1592 par le duc de Nemours, pillé en 1593 par le baron de Vitteaux. Douze ou quinze familles habitent aujourd’hui ses ruines pittoresques.

Bien que Verrey soit plus près de Saint-Seine que Blaisy- Bas, c’est maintenant de Blaisy-Bas que partent, comme nous l’avons indiqué ci-dessus, les voitures de correspondance pour Saint»Seine-lMbbaye (890 hab ), chef-lieu de canton de l’arrondissement de Dijon, situé à 8 kil. des sources de la Seine, au fond d’un vallon arrosé par le ruisseau de Saint-Seine ou des Grèges. La distance est de 14 kil. En quittant Blaisy, on s’élève de près de 200 mètres sur le plateau nu, aride et froid, des montagnes de la Côte-d’Or, qui sépare, comme nous l’avons déjà dit, le bassin du Rhône de celui de la Seine. Après avoir laissé à droite, près d’une ferme, la source deSuzon (affluent de l’Ouche), et, à gauche, celle du ruisseau qui arrose Trouhaut et

BLAISY-BAS. — S AINT-SEINE-L’ ABBAYE.

qui va se jeter dans l'Oze, on traverse les hameaux de Fromenteau et de Hordes- Bricard ; puis, passant entre Froideville (à droite) et Saint-Martin-du-Mont (à gauche) on descend à Saint- Seine par la jolie vallée des fermes de Champcourt.

Saint-Seine-l’Abbaye (hôtel du Soleil d'Or ) doit son origine, comme son nom et son surnom l’indiquent, à une abbaye que fonda, en 534, dans cette vallée alors inculte et boisée, saint Seine, fils du comte de Mémont*. Cette abbaye (bénédictins), pillée en 731 par les Sarrasins, bientôt relevée de ses ruines, détruite en 937 par les Hongrois, rétablie en 981, était déjà très-riche et très-puissante au xn c siècle, puisqu'elle possédait plus de quarante villages. Les croisades lui furent très-favorables. L’abbé était admis à la cour des ducs de Bourgogne. 11 avait un chambellan, un maréchal, un queux ou coquus (chef de cuisine), un barbier, un organiste, un chapelain, etc. En 1361, le roi Jean permit aux moines de se fortifier contre les Anglais ; on voit encore près de l’église une petite tour carrée sous laquelle est un passage appelé la Porte au Lion. Malgré les murailles, les ponts-levis et les fossés, des abus se glissèrent dans l’abbaye au siècle suivant. * Les moines, dit Courtepée, changèrent leur pitance en prébende, et vécurent comme des chanoines. » Mais la réforme, en 1647, rétablit la règle. Toutefois Saint-Seine était l’une des plus enviables sinécures que pût obtenir un abbé grand seigneur. Louis XIV coucha, en 1658 et en 1674, dans l’ancien palais abbatial, remplacé en 1715 par le palais actuel, dont V établissement hydrothérapique du docteur Guettet occupe les importants débris.

L’église de Saint-Seine a été classée parmi les monuments historiques; elle mérite la visite des archéologues. L’église primitive fut incendiée en 1255. L’édifice actuel a été commencé par l’abbé Guillaume de Vienne, mort en 1404, et fini par Jean de Blaisy. On y remarquera surtout les bénitiers sculptés du porche, les stalles, qui appartiennent à une autre époque que l’église, et derrière lesquelles se voient encore de cqrieuses fres-

1. On peut consulter sur saint Seine la monographie insérée dans le tome II de la Commission des antiquités de la Côte-d'Or, et intitulée Croquis historique il d‘ archéologie, par M. Rossignol.

ITINÉRAIRE DE PARIS A DIJON

ques du xv« siècle, représentant les principaux épisodes de la vie de saint Seine. La commune a voté des fonds pour la restauration de ce monument, mais les travaux ne sont pas commencés. On attend un secours promis par l’État. ,

Saint-Seine est riche en fontaines. Celle qui donne la plus grande quantité d’eau, la Grande fontaine , alimente le lavoir public; la plus jolie, la Samaritaine, jaillit sur la place de l’église. Elle a été décorée par les moines de l’abbaye.

L’établissement hydrothérapique du docteur Guettet, fondé depuis 1846 dans les anciens bâtiments de l’abbaye, qui ont été restaurés et agrandis, se distingue principalement par l’abondance et la fraîcheur de ses eaux, dont un ingénieux mécanisme augmente ou diminue à volonté, d’un pied de charge jusqu’à 40 pieds, la charge de percussion. Il peut recevoir plus de cinquante malades internes, avec les domestiques. Ses prix sont très-modérés : 6 fr. par jour, tout compris (sauf les honoraires de la première consultation et la rétribution due aux domestiques). Un charmant jardin anglais, arrosé par de belles eaux, a été créé dans l’ancien enclos des moines. Les environs offrent un grand nombre d’excursions intéressantes. On peut aller visiter au nord-ouest : — (10 kil. environ) les sources de la Seine, où des fouilles récentes, classées parmi les monuments historiques, ont fait découvrir de curieuses antiquités, décrites parM. Baudot dans le tome II de la Commission des antiquités de la Côte-d’Or. La Seine sort de terre, dans un bois, à 2 kil. environ de la route de terre de Paris à Dijon (à gauche en venant de Saint-Seine), un peu au delà d’une ferme dite ferme de la Source ou des Vergerots. Les antiquités que l’on a découvertes en ce lieu sont, à ce qu’il paraît, les débris d’un temple romain, dont les plus beaux fragments ont été transportés au musée archéologique de Dijon. D’après une ancienne tradition, la mère de saint Seine s’appelait Sequana, et elle aurait été l’une des prêtresses de ce temple ; — les sources de l’Ignon (à peu près à la même distance, par la même route, mais à droite), un des affluents de la Saône, éloignées de 3 kil. à peine de celles de la Seine, entourées de bois et de rochers, au milieu desquels la rivière naissante forme de gracieuses cascades. On peut descendre la vallée de l’Ignon par

Page 1